Nouveau : la hausse des tarifs d’électricité limitée à 15% en février 2023
La hausse des prix de l’électricité est limitée par l’État à 15% pour les consommateurs depuis le 1er février 2023. La mesure avait été annoncée par la première ministre Elisabeth Borne à l’occasion d’une conférence de presse consacrée à la crise énergétique, organisée le 14 septembre 2022. « Pour éviter des augmentations qui ‘ne seraient pas soutenables’, le mécanisme du bouclier tarifaire sera maintenu en 2023, pour tous les ménages, propriétés, logements sociaux, petites entreprises, et plus petites communes », avait-elle indiqué.
« Nous allons limiter les hausses de prix à 15% pour l’électricité en février 2023. 15% au lieu de 120%, c’est l’engagement que nous prenons », avait indiqué Elisabeth Borne. « L’écart ne sera pas reporté sur les factures des consommateurs en 2024 ou plus tard », a-t-elle encore promis. Depuis le 1er février 2022, la hausse des tarifs réglementés de l’électricité était limitée à 4%.
Selon Elisabeth Borne, cette hausse des prix de 15% de l’énergie doit « très concrètement » « conduire à (…) une augmentation moyenne de 20 euros par mois pour les ménages qui se chauffent à l’électricité, au lieu de 180 euros par mois sans bouclier tarifaire ». Pour compenser cette hausse, la première ministre a annoncé un « accompagnement spécifique pour les plus modestes», qui prendra la forme de « chèques énergie exceptionnels versés d’ici la fin de l’année ».
Tarifs EDF : plusieurs prix de l’électricité pour les particuliers
En tant qu’opérateur historique et ancien monopole du marché de l’électricité, EDF est le seul fournisseur pouvant commercialiser du courant au niveau national auprès des particuliers au tarif réglementé, appelé Tarif Bleu ou Tarif Bleu Résidentiel. Mais l’existence de ce tarif réglementé de vente (TRV) fixé par les pouvoirs publics ne signifie pas qu’il s’agit d’un prix unique de l’électricité.
Il existe en fait plusieurs grilles tarifaires chez EDF :
- tarif base
- tarif heures creuses, aussi appelée heures pleines – heures creuses
- tarif Tempo
- tarif EJP
- prix de l’offre renouvelable Vert électrique (déconnecté du tarif réglementé)
- tarif social ou tarif de première nécessité (TPN), remplacé par le chèque énergie en 2018
Les trois premiers tarifs sont en fait des options du Tarif Bleu. Les contrats au Tarif EJP n’est plus commercialisé depuis 1998. Le tarif social a pris fin au 31 décembre 2017. Il est remplacé par le chèque énergie, après la phase d’expérimentation menée dans 4 départements. Enfin, l’offre renouvelable est vendue aux prix de marché, fixés par EDF, comme le font les opérateurs alternatifs.
À NOTER : les tarifs jaunes et verts, réservés aux professionnels, ne concernent pas les particuliers. Les entreprises ne peuvent plus les souscrire depuis le 1er janvier 2016.
Tarif Bleu EDF : le tarif réglementé de l’électricité
Les tarifs réglementés de vente d’électricité, appelés Tarif Bleu, sont fixés par les pouvoirs publics. Ils sont révisés une fois par an. L’évolution des tarifs à la hausse ou à la baisse intervient généralement en cours d’année à des dates variables et non à date fixe. Le tarif actuellement applicable est en vigueur depuis le 1er août 2022.
Seuls EDF, au niveau national, et les entreprises locales de distribution (ELD), telles qu’Électricité de Strasbourg (ES) ou Gaz Électricité de Grenoble (GAG), ont le droit de commercialiser des offres à ces tarifs.
Les fournisseurs alternatifs d’électricité, dont Engie (ex-GDF-Suez, qui n’a aucun lien avec EDF) ne peuvent donc le proposer ; ils ont cependant la possibilité de commercialiser des offres de marché indexées sur le tarif réglementé, à un prix moins cher (7% de moins en tarif TTC). Les tarifs réglementés d’EDF sont donc la plupart du temps plus coûteux que ceux de ses concurrents.
Important à savoir : lorsqu’on a opté pour une offre concurrente d’EDF, il est possible de revenir au tarif réglementé sans frais.
Le prix de l’abonnement et du kilowattheure (kWh) au tarif réglementé varie selon la puissance électrique du compteur mesurée en kilovoltampères (kVA) : 3, 6, 9, 12, 15, 18, 24, 30 ou 36 kVA. Plus la puissance est élevée, plus le coût de l’abonnement est cher.
La puissance de l’installation électrique choisie dépend d’un grand nombre de facteurs : caractéristiques et surface du logement, composition familiale, équipements électriques à disposition et usage des appareils.
Au total, 69% des foyers français payaient leur électricité au tarif réglementé au 31 décembre 2020 (source CRE – Commission de régulation de l’énergie). Au quatrième trimestre 2020, ce sont 357.000 clients supplémentaires qui ont souscrit une offre de marché.
Hausse de 0,48% des tarifs de l’électricité en août 2021
Les tarifs réglementés de l’électricité (tarifs bleus résidentiels et ceux applicables aux petits professionnels) ont enregistré une nouvelle augmentation de 0,48% au mois d’août 2021. D’après la Commission de régulation de l’énergie (CRE), cela a représenté une hausse d’environ 4 euros sur la facture d’un client résidentiel.
Pour justifier cette augmentation des prix de l’électricité, la CRE a avancé « la réévaluation de la composante de rattrapage des tarifs relative aux montants non couverts en 2019 ». Autre explication mise en avant : l’évolution du tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (Turpe), qui permet l’entretien et la modernisation du réseau.
Une augmentation de 1,6% des prix de l’électricité en février 2021
Au 1er février 2021, les tarifs réglementés de l’électricité commercialisés par EDF avaient connu une nouvelle hausse de 1,6%. Cette augmentation représentait 15 euros par an en moyenne sur la facture d’un consommateur résidentiel.
D’après la Commission de régulation de l’énergie (CRE), cette hausse était justifiée par les perturbations occasionnées par la crise sanitaire liée à la Covid-19 sur le système électrique français. « La crise sanitaire a entraîné une hausse des coûts de commercialisation d’EDF pour l’année 2020 par rapport aux prévisions », avait expliqué la CRE dans un communiqué. « Au vu des difficultés économiques rencontrées par les consommateurs, la CRE a estimé légitime de n’intégrer dès à présent dans les TRVE que 50% des coûts liée aux impayés pour 2021 », poursuivait-elle.
Tarif EDF 2023 option base
L’option base du Tarif Bleu EDF est le tarif le plus simple. Elle ne comporte qu’une seule période tarifaire : le prix de l’électricité au kWh est toujours le même toute la journée, de jour comme de nuit, et toute l’année. Les deux seuls facteurs qui influent sur le prix payé sont la puissance électrique de l’installation et le niveau de consommation du foyer.
Au tarif de base, un client peut choisir parmi les puissances suivantes : 3, 6, 9, 12 et 15 kVA. Cela correspond aux logements qui disposent d’un petit nombre d’équipements électriques, en particulier ceux qui ne sont pas chauffés à l’électricité et qui ne comportent pas de chauffe-eau électrique.
Les installations anciennes dont la puissance du compteur est supérieure ou égale à 18 kVA (18, 24, 30 et 36 kVA) peuvent continuer à bénéficier de ce tarif. En revanche, à l’occasion d’un emménagement dans un nouveau logement, l’option base ne peut plus être souscrite.
IMPORTANT : à la suite d’une décision des pouvoirs publics (Arrêté du 12 août 2010 relatif aux tarifs réglementés de vente de l’électricité), les puissances de 18 à 36 kVA inclus de l’option Base du Tarif Bleu pour les clients résidentiels ont été mises en extinction. Elles ne sont désormais plus disponibles à la souscription.
ATTENTION : ce tarif est, en principe, voué à disparaître en juillet 2023, ce qui marquera la libéralisation totale du marché de l’énergie.
Les tarifs de l’option base du Tarif Bleu EDF en vigueur à compter du 1er février 2023 sont indiqués dans ce tableau :
Tarif EDF 2023 option heures pleines – heures creuses (HP HC)
L’option heures pleines – heures creuses (HP HC) du Tarif Bleu EDF, souvent appelée tarif heures creuses, comporte deux périodes tarifaires, donc deux prix différents au kWh, plus faible en heures creuses et plus élevé en heures pleines. Dans le cadre de ce tarif, le prix de l’abonnement dépend uniquement de la puissance souscrite.
Le tarif est avantageux pendant 8 heures par jour, généralement la nuit, entre 22 heures et 6 heures du matin : le prix au kWh TTC est moins cher de 18,6% la nuit par rapport au jour. Cependant, la réglementation autorise le distributeur d’électricité à appliquer le tarif heures creuses sur les plages horaires de midi à 17 heures et de 20 heures à 8 heures du matin. Les 8 heures creuses peuvent donc ne pas être contiguës (pas à la suite, NDLR). Enedis (ex-ERDF), filiale d’EDF en charge de la distribution du courant, peut être amenée à modifier ces horaires, à condition de respecter un préavis de 6 mois.
S’abonner au tarif HP HC peut être valable lorsqu’on utilise ses équipements électriques les plus énergivores (lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle notamment) en majorité pendant la nuit. Globalement, il faut consommer sur une année plus d’un tiers de son électricité en heures creuses pour que cette option tarifaire soit plus rentable que l’option de base. Plus de la moitié des clients d’EDF ont souscrit un contrat de fourniture d’électricité avec cette option tarifaire HP HC.
Le tableau ci-dessous fixe les tarifs de l’option heures pleines – heures creuses au 1er février 2023 :
À NOTER : les opérateurs alternatifs comme Direct Energie (offre « Heures Super Creuses » en utilisant un compteur Linky) proposent également un tarif heures pleines – heures creuses moins cher que le tarif réglementé d’EDF.
Tarif EDF 2023 option Tempo ou tarif bleu blanc rouge
L’option Tempo du Tarif Bleu EDF consiste à appliquer une grille tarifaire spécifique dont le principe se situe à mi-chemin entre le tarif HP HC et le tarif EJP (effacement des jours de pointe, voir ici).
Le concept ? La grille tarifaire de l’option Tempo prévoit des prix différents selon l’heure (16 heures pleines le jour et 8 heures creuses la nuit de de 22 heures à 6 heures le lendemain matin) et le jour de l’année répartis en trois catégories et autant de couleurs : les jours bleus, les moins chers, les jours blancs et les jours rouges. D’où l’appellation de « tarif bleu blanc rouge » parfois utilisée. Il existe donc 6 prix de l’électricité différents au sein de ce tarif (3 couleurs et 2 plages horaires dans la journée).
Sur une année, on peut dénombrer :
- 300 jours bleus (301 les années bissextiles), sachant qu’un dimanche est toujours un jour bleu
- 43 jours blancs
- 22 jours rouges fixés durant la période « hivernale » du 1er novembre au 31 mars. Il s’agit forcément de jours de la semaine, hors samedis, dimanches et jours fériés.
Le décompte des jours est effectué par EDF sur 12 mois, du 1er septembre au 31 août. La couleur des journées est communiquée par EDF la veille sur le compteur électrique vers 20 heures, sur Internet ou l’application mobile EDF & moi entre 11 heures et midi ou par alerte SMS. Seule l’information sur le compteur a une valeur contractuelle.
Ce tarif concerne un peu moins de 300.000 logements.
La politique commerciale d’EDF conduit l’opérateur à ne pas proposer spontanément cette option. D’ailleurs, seules les options de base et heures creuses sont mise en avant sur son site internet. Cependant, EDF n’a pas la droit de refuser le choix de cette option, qui fait partie des différents tarifs réglementés fixés par les pouvoirs publics. L’offre Tempo est ouverte aux installations dont la puissance électrique se situe à 9 kVA minimum puis 12, 15, 18, 30 et 36 kVA.
Le tableau ci-après précise les tarifs de l’option Tempo d’EDF au 1er février 2023 :
Tarif EJP 2023 : prix au kWh 3 fois plus cher 22 jours par an
L’option EJP (effacement des jours de pointe) du Tarif Bleu EDF permet de bénéficier d’un prix de l’électricité fixe presque toute l’année : l’énergie consommée coûte moins cher que le tarif de base pendant 343 jours par an sur 365 (344 jours sur 366 en année bissextile).
En contrepartie, le titulaire d’un contrat EDF avec option EJP est soumis à un prix nettement supérieur 22 jours par an, appelés jours de pointe mobile. Durant ces journées, 18 heures sur 24 sont soumises au tarif plein pot, de 7 heures à 1 heure le lendemain matin : le prix au kWh est 1,66 fois supérieur à celui des heures normales et 1,5 fois plus cher que le tarif heures pleines du tarif HP HC.
La période d’application du tarif EJP est comprise entre le 1er novembre et le 31 mars. Aucun des 22 jours de pointe mobile ne peut se dérouler en dehors de cet intervalle.
L’information sur les jours EJP est disponible sur le compteur et annoncée la veille par EDF, notamment sur son site internet, son application mobile EDF & moi à partir de 15h30 ou par alerte SMS.
La France était divisée en 4 zones EJP depuis le 1er décembre 2006 : Nord, Paca, Ouest et Sud. Désormais et depuis le 1er novembre 2016, toutes les zones EJP sont activées au même moment.
ATTENTION : l’option tarifaire EJP est en extinction et n’est plus disponible à la souscription.
Voici les tarifs EJP en vigueur au 1er février 2023 :
Tarif de l’offre à prix de marché d’EDF (offre renouvelable Vert électrique)
EDF ne commercialise pas uniquement de l’électricité au tarif réglementé. Depuis fin 2015, l’énergéticien propose une offre d’électricité produite à partir de sources d’énergies renouvelables, vendue au prix de marché fixé par EDF (et non par les pouvoirs publics). L’offre d’électricité renouvelable entraîne en moyenne une hausse de la facture de l’ordre de 2 euros TTC par mois par rapport à une consommation équivalente au Tarif Bleu.
L’offre renouvelable se décline en deux grilles de prix : option Base et option heures creuses. Les tarifs EDF à prix de marché au 1er février 2023 sont les suivants :
En fait, le consommateur n’achète pas dans ce cadre 100% d’électricité verte, puisque l’énergie produite grâce à des barrages hydroélectriques, des éoliennes ou des centrales solaires photovoltaïques est injectée sur le réseau électrique comme l’électricité issue des centrales nucléaires et redistribuée aux consommateurs quelle que soit son origine. EDF s’engage à ce qu’une quantité d’électricité d’origine renouvelable équivalente à la consommation du client soit injectée dans le réseau électrique.
Tarif social ou tarif de première nécessité (TPN)
EDF pouvait, jusqu’en 2017, accorder aux personnes disposant de revenus très faibles un tarif préférentiel appelé tarif de première nécessité (TPN) ou tarif social.
Cette appellation est cependant trompeuse : il n’existe pas de grille tarifaire spécifique pour les personnes pauvres. Ce tarif social est en fait un système de réduction du montant des factures d’électricité.
Attention ! Le tarif social de l’énergie a disparu. Il a été remplacé en 2018 par le chèque énergie.
Montant de l’aide sociale
La remise au titre du tarif social est comprise entre 71 et 140 euros par an. Son montant dépend de la puissance du compteur et du nombre de personnes vivant dans le logement :
- puissance souscrite de 3 kVa : 71, 88 ou 106 euros
- puissance souscrite de 6 kVa : 87, 109 ou 131 euros
- puissance souscrite de 9 kVa ou plus : 94, 117 ou 140 euros
Qui avait droit au tarif social ?
Pour être éligible au tarif de première nécessité de l’électricité, il faut :
- bénéficier de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C)
- ou de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS)
- ou disposer de revenus inférieurs à un seuil de ressources : revenu fiscal de référence (RFR) annuel inférieur à 2.175 euros par part fiscale en métropole ou à 2.420,78 euros dans les départements d’Outre-mer (DOM)
L’aide est en principe appliquée automatiquement, dès lors que l’administration fiscale ou les organismes d’assurance maladie (Sécurité sociale, RSI, MSA) portent l’information à la connaissance d’EDF. Il n’y a donc aucune démarche à effectuer.
Le tarif social est cumulable avec d’autres aides comme celle accordée par le fonds de solidarité pour le logement (FSL, géré par les départements), par exemple en cas d’impayés.
Tarif de première nécessité remplacé par le chèque énergie en 2018
Le tarif de première nécessité s’est éteint le 31 décembre 2017. Il a été remplacé par le chèque énergie en 2018. Ce chèque énergie est attribué sous conditions de ressources et sert à payer ses factures d’énergie. Il a fait l’objet d’une expérimentation depuis le mois de mai 2016 et pendant l’année 2017 dans quatre départements où le tarif social avait d’ores-et-déjà disparu : l’Ardèche, l’Aveyron, les Côtes-d’Armor et le Pas-de-Calais.
Chaque année, le chèque énergie est envoyé automatiquement aux bénéficiaires dès le mois d’avril. Pour savoir si on y a droit, on peut utiliser le simulateur officiel mis en place par l’État.
Évolution du prix de l’électricité depuis 2010
Le tableau comparatif ci-dessous permet de mesurer l’augmentation du prix de l’électricité entre 2010 et 2019.
La CRE a effectué ses calculs sur la base d’une facture annuelle théorique en euros courants de deux clients type :
- puissance de 6 kVA, option Base, consommation de 2.400 kWh par an
- puissance de 9 kVA, option HP HC, consommation de 8.500 kWh par an (dont 46% en heures creuses)