Malus écologique automobile 2024 : montants de la taxe, demande de remboursement

Par Hélène Villa
SEO & traffic strategist : Camille Radicchi

Lors de l’achat d’une automobile très polluante, une taxe s’ajoute au prix de vente : le malus écologique, à payer au-delà de certains seuils de rejets de CO². Il se cumule désormais avec une taxe au poids. Le malus écologique automobile s’applique à l’achat d’une voiture neuve, en location longue durée (LLD), d’occasion, y compris pour les véhicules importés. Toutefois, les familles nombreuses ou les personnes handicapées peuvent bénéficier d’une exonération ou d’un remboursement. Explications.

Conditions d’application du malus écologique

Le malus écologique est une taxe additionnelle à la taxe sur le certificat d’immatriculation (carte grise) prévue par la loi à l’article 1011 bis du CGI (Code général des impôts). Lors de l’achat ou d’une location (type LLD – location longue durée) d’un véhicule neuf ou d’occasion trop polluant, si le concessionnaire procède à l’immatriculation du véhicule, il facture le malus en l’incluant sur le poste des « frais d’immatriculation » de la facture. Si un particulier procède lui-même à l’immatriculation de son véhicule, il paie le malus en même temps que sa carte grise.

En principe, ce malus écologique est à payer en une seule fois.

Pour rappel : c’est la date de livraison (et donc d’immatriculation) du véhicule qui est prise en compte, et non celle de l’achat.

À NOTER : depuis le 1er janvier 2021, la taxe annuelle de 160 euros appliqué aux véhicules les plus polluants (au-delà de 250 grammes de CO2/km pour les véhicules de 2009, 245 g de CO2/km pour les véhicules de 2010 et 2011, et 190 g de CO2/km pour les véhicules en circulation depuis 2012) est supprimée.

Malus écologique 2024 pour l’achat d’une voiture neuve en France

Lorsque le particulier achète ou loue son véhicule en France, il est redevable d’une taxe additionnelle sur le certificat d’immatriculation plus connue sous le nom de « malus écologique ». Cette taxe est à payer au moment de l’immatriculation du véhicule si la voiture a un taux d’émission de CO²/km supérieur à un certain seuil.

Conformément à la loi de finances pour 2024, parue au Journal Officiel du 30 décembre 2023, le seuil de déclenchement du malus automobile a encore été abaissé au 1er janvier 2024. Désormais, il s’applique sur les véhicules rejetant au moins 118 grammes de CO2/km (contre 123 grammes de CO2/km en 2022, après 128 grammes en 2022 et 133 grammes de CO2/km en 2021).

En 2024, le malus peut atteindre un plafond fixé à 60.000 euros pour les véhicules rejetant plus de 193 grammes de CO2/km (à partir de 194 grammes). Ce montant maximum atteignait 50.000 euros en 2023 pour les véhicules rejetant plus de 226 grammes de CO2/km, et 40.000 euros en 2022 pour les modèles qui rejetaient plus de 224 grammes de CO2/km. En 2021, il était fixé à 30.000 euros pour les véhicules émettant plus de 219 grammes de CO2/km.

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2024, appelé à être discuté par le Parlement au cours de l’automne 2023, prévoit une nouvelle fois de durcir le malus automobile. Le texte, qui doit être adopté, intègre l’application des mesures suivantes à compter du 1er janvier 2023 :

Depuis le 1er janvier 2024, le malus au poids (ou « malus masse », cumulable avec le malus CO2) se déclenche dès l’achat d’un véhicule de 1,6 tonne. Cette « taxe sur la masse en ordre de marche » (TMOM) s’appliquait à partir de 1,8 tonne en 2023. Certains véhicules hybrides bénéficient d’une exonération de « malus masse » en 2024.

Qui paie un malus écologique annuel ?

La surtaxe de 160 euros, qui était acquittée chaque année depuis 2009 par les propriétaires des véhicules les plus polluants, a été supprimée en janvier 2021.

Jusqu’au 1er janvier 2021, cette taxe annuelle forfaitaire était due par les propriétaires ou locataires des véhicules immatriculés pour la première fois en France à partir du 1er janvier 2009 et dont le taux d’émission de CO2 était supérieur à 137 grammes de C02/km en 2020.

Les véhicules achetés ou loués à l’étranger ayant été immatriculés à l’étranger ne sont plus, eux non plus, soumis à la surtaxe annuelle.

Le malus écologique encore durci depuis le 1er janvier 2024

Conformément à la loi de finances pour 2024, promulguée puis publiée au Journal Officiel du 30 décembre 2023 après son adoption par l’Assemblée nationale et le Sénat, le malus écologique est une nouvelle fois durcie en 2024.

Depuis le 1er janvier 2024, le seuil de déclenchement du malus démarre à 118 grammes de CO2/km selon le cycle WLTP (utilisé depuis mars 2020 pour calculer le malus des voitures neuves, en remplacement du cycle NEDC), contre 123 grammes de CO2/km en 2023.

Même tendance du côté du plafond du malus, déjà réhaussé à 40.000 euros en 2022 puis à 50.000 euros en 2023. L’écotaxe, cumulée avec le malus au poids (voir plus bas), peut atteindre un maximum de 60.000 euros en 2024 pour les véhicules qui émettent plus de 193 grammes de CO2/km (contre 225 grammes en 2023 et 224 grammes en 2022).

ATTENTION : le montant du malus CO2 est plafonné à 50% du prix TTC du véhicule concerné. Le seuil de déclenchement du dispositif,

Malus écologique CO2 : quel barème et quels montants en 2024 ?

Le tableau ci-dessous présente le barème du malus écologique en vigueur depuis le 1er janvier 2024, tel qu’il a été adopté dans le cadre de la loi de finances pour 2024, pour les véhicules dont les émissions seront supérieures ou égales à 118 grammes de CO2 par kilomètre et inférieures ou égales à 193 grammes de CO2 par kilomètre (plafond maximum fixé à 60.000 euros) :

Malus écologique CO2 pour l'achat d'une voiture neuve en 2024
Source : loi de finances pour 2024
Taux d'émission de CO² (en g/km)Montant du malus
1170 €
11850 €
11975 €
120100 €
121125 €
122150 €
123170 €
124190 €
125210 €
126230 €
127240 €
128260 €
129280 €
130310 €
131330 €
132360 €
133400 €
134450 €
135540 €
136650 €
137740 €
138818 €
139898 €
140983 €
1411.074 €
1421.172 €
1431.276 €
1441.386 €
1451.504 €
1461.629 €
1471.761 €
1481.901 €
1492.049 €
1502.205 €
1512.370 €
1522.544 €
1532.726 €
1542.918 €
1553.119 €
1563.331 €
1573.552 €
1583.784 €
1594.026 €
1604.279 €
1614.543 €
1624.818 €
1635.105 €
1645.404 €
1655.715 €
1666.126 €
1676.537 €
1687.248 €
1697.959 €
1708.770 €
1719.681 €
17210.692 €
17311.803 €
17413.014 €
17514.325 €
17615.736 €
17717.247 €
17818.858 €
17920.569 €
18022.569 €
18124.291 €
18226.302 €
18328.413 €
18430.624 €
18532.935 €
18635.346 €
18737.857 €
18840.468 €
18943.179 €
19045.990 €
19148.901 €
19251.912 €
19355.023 €
194 et plus60.000 €

 

Pour rappel, le barème du malus écologique appliqué au cours de l’année 2023 (jusqu’au 31 décembre 2023) figure dans ce tableau :

Malus écologique pour l’achat d’une voiture neuve (barème WLTP 2023)
Sources : loi de finances pour 2021
Taux d'émission de CO² (en g/km)Montant du malus
1220 €
12350 €
12475 €
125100 €
126125 €
127150 €
128170 €
129190 €
130210 €
131230 €
132240 €
133260 €
134280 €
135310 €
136330 €
137360 €
138400 €
139450 €
140540 €
141650 €
142740 €
143818 €
144898 €
145983 €
1461.074 €
1471.172 €
1481.276 €
1491.386 €
1501.504 €
1511.629 €
1521.761 €
1531.901 €
1542.049 €
1552.205 €
1562.370 €
1572.544 €
1582.726 €
1592.918 €
1603.119 €
1613.331 €
1623.552 €
1633.784 €
1644.026 €
1654.279 €
1664.543 €
1674.818 €
1685.105 €
1695.404 €
1705.715 €
1716.039 €
1726.375 €
1736.724 €
1747.086 €
1757.462 €
1767.851 €
1778.254 €
1788.671 €
1799.103 €
1809.550 €
18110.011 €
18210.488 €
18310.980 €
18411.488 €
18512.012 €
18612.552 €
18713.109 €
18813.682 €
18914.273 €
19014.881 €
19115.506 €
19216.149 €
19316.810 €
19417.490 €
19518.188 €
19618.905 €
19719.641 €
19820.396 €
19921.171 €
20021.966 €
20122.781 €
20223.616 €
20324.472 €
20425.349 €
20526.247 €
20627.166 €
20728.107 €
20829.070 €
20930.056 €
21031.063 €
21132.094 €
21233.147 €
21334.224 €
21435.324 €
21536.447 €
21637.595 €
21738.767 €
21839.964 €
21941.185 €
22042.431 €
22143.703 €
22245.000 €
22346.323 €
22447.672 €
22549.047 €
Plus de 22550.000 €

 

Malus masse : une taxe sur le poids depuis le 1er janvier 2022

Conformément à la loi de finances pour 2021, les véhicules dont le poids dépasse un certain seuil se voient désormais appliquer un malus au poids (également appelé « malus masse » ou « taxe sur la masse en ordre de marche ») depuis le 1er janvier 2022. La taxe, initiée par la Convention citoyenne pour le climat (CCC), démarre à partir de ce poids légalement établi. Une fois la limite de ce poids franchie, le véhicule se voit taxé à hauteur d’une certaine somme supplémentaire.

IMPORTANT : seuls les véhicules neufs dépassant le poids requis sont concernés par cette taxe, ainsi que les modèles d’occasion importés d’autres pays et qui dépassent ce poids.

En 2024, les modèles dont le poids à vide est supérieur ou égal à 1.600 kilos (1,6 tonne) sont concernés par la taxe sur la masse en ordre de marche (TMOM). En 2022 et 2023, le malus au poids s’appliquait aux véhicules dont le poids dépassait 1.800 kilos (1,8 tonne).

La nouveauté réside dans le fait que le malus au poids est devenu progressif en 2024. Cela signifie que le montant dû au titre de la TMOM au moment de l’acquisition du véhicule dépend de la la tranche liée au poids à laquelle elle appartient. En d’autres termes, la facture grimpe toujours avec le poids de la voiture, mais selon un barème progressif en fonction des kilos en excédent. En 2022 et 2023, les véhicules pénalisés par le malus au poids étaient assujettis à une taxe de 10 euros par kilo en trop.

Le tableau ci-dessous fixe le barème prévisionnel du malus au poids en vigueur depuis le 1er janvier 2024, tel qu’il est indiqué dans la loi de finances pour 2024 :

Malus au poids pour l'achat d'une voiture neuve (barème 2024)
Source : loi de finances pour 2024
Poids du véhiculeMontant du malus par kilo supplémentaire
Jusqu’à 1.599 kilos0 €
De 1.600 kilos à 1.799 kilos10 €
De 1.800 kilos à 1.899 kilos15 €
De 1.900 kilos à 1.999 kilos20 €
De 2.000 kilos à 2.099 kilos25 €
À partir de 2.100 kilos30 €

 

IMPORTANT : en 2024, les véhicules hybrides rechargeables ou 100% électriques sont également taxés au titre du malus au poids. En revanche, les modèles, dont l’autonomie leur permet de parcourir au moins 50 kilomètres en mode tout électrique en ville, n’y sont pas soumis cette année. À partir de 2025, la TMOM s’appliquera à ces mêmes véhicules hybrides électriques rechargeables, mais ils bénéficieront d’un abattement de 200 kilogrammes, dans la limite de 15% de ladite masse. En revanche, des abattements sont prévus à compter de 2025 pour les véhicules hybrides rechargeables et pour les véhicules qui utilisent du superéthanol E85.

Le malus au poids ne s’applique pas, par ailleurs :

  • aux véhicule accessibles en fauteuil roulant
  • aux véhicules acquis par une personne disposant d’une carte mobilité inclusion (sur laquelle figure la mention « invalidité ») ou d’une carte d’invalidité militaire
  • aux véhicules acquis par un parent d’un enfant mineur (moins de 18 ans) ou à charge dans son foyer fiscal qui dispose d’une carte mobilité inclusion (CMI) mentionnant une invalidité ou titulaire d’une carte d’invalidité militaire

Les familles nombreuses (avec au minimum trois enfants à charge) bénéficient, sous conditions, d’un abattement correspondant à 200 kilos par enfant à charge, dans la limite d’un véhicule par foyer et seulement si celui-ci comporte au moins cinq places. Par ailleurs, une réduction de 400 kilos est accordée aux sociétés et aux personnes morales qui achètent un véhicule d’au moins huit places assises.

De plus, le gouvernement a mis en place un plafond de malus pour le cumul poids et CO2. En clair, la somme du malus au CO2 et du « malus poids » ne peut pas excéder le plafond déjà en place pour le malus CO2, à savoir 60.000 en 2024.

En revanche, il n’est plus question de compter sur le plafonnement du malus à 50% du montant d’acquisition du véhicule, qui bénéficiait spécifiquement aux modèles très onéreux et très polluants, pour faire baisser l’ardoise : le gouvernement a, en effet, décidé de le supprimer depuis le 1er janvier 2024.

Fin de l’exonération partielle pour les pick-up

Considérés comme des véhicules utilitaires, les pick-up n’échappent plus depuis le 1er juillet 2019 à l’exemption à la taxe sur les véhicules de société (TVS) et au malus écologique. Désormais, les pick-up à quatre portes et cinq places sont soumis aux mêmes taxes que les autres véhicules particuliers et utilitaires. Ces modèles de pick-up sont passibles d’un malus maximal de 20.000 euros.

Cette nouvelle règle devait initialement survenir au 1er janvier 2019, mais un amendement voté dans le cadre de la loi de finances 2019 avait finalement prolongé ces exonérations jusqu’au 1er juillet 2019.

En revanche, l’exonération de malus s’applique toujours au-delà du 1er juillet 2019 pour les personnes qui utilisent un pick-up à quatre places et à portes arrière antagonistes exclusivement dans le cadre de leur activité professionnelle.

Réduction ou exonération du malus écologique

Dans certains cas particuliers, le malus écologique peut être réduit ou annulé grâce à des mécanismes de remboursement ou d’exonération. C’est le cas pour les familles nombreuses bénéficiaires des allocations familiales avec au moins trois enfants à charge et les personnes handicapées. Explications.

Minoration pour les familles nombreuses

Depuis 2008, une minoration du malus écologique est accordée aux familles nombreuses avec aux moins trois enfants à charge et bénéficiant des allocations familiales. La taxe est réduite sous la forme d’un remboursement d’impôt et son calcul se base sur le nombre d’enfant à charge au sein du foyer fiscal.

Malus écologique : la taxe supprimée sur l’achat d’une voiture d’occasion en France

La loi de finances pour 2021 a acté la suppression du malus sur les véhicules d’occasion de plus de 10 chevaux fiscaux (CV) acquise en France.

Dans le cas d’un achat ou d’une location d’un véhicule d’occasion de plus de 10 CV, ce malus écologique s’ajoutait à la carte grise au moment de l’immatriculation du véhicule (si le véhicule avait roulé pour la première fois après le 1er juin 2004). Jusqu’en 2018, il s’appliquait sur les véhicules émettant plus de 197 g de CO²/km.

Ensuite, un nouveau barème plus dissuasif s’appliquait, basé uniquement sur la puissance fiscale du véhicule indiqué sur la carte grise. Il pénalisait en particulier les véhicules dont la puissance fiscale était supérieure ou égale à 14 CV.

Avant le 1er janvier 2021, à partir de 10 chevaux fiscaux, il fallait s’acquitter du malus écologique sur les voitures d’occasion selon le barème suivant :

  • entre 10 et 11 CV : 100 euros
  • entre 12 et 14 CV : 300 euros
  • plus de 14 CV : 1.000 euros

Son taux, compris entre 100 et 1.000 euros, bénéficiait toutefois d’un abattement d’un dixième par année entamée.

ATTENTION : un malus écologique s’applique toujours lors de la première immatriculation d’un véhicule d’occasion importé. Les règles de calcul sont identiques que pour un véhicule neuf. Seule différence : c’est la date de la première année de mise en circulation du véhicule à l’étranger qui sert de base au calcul du malus écologique.

Malus écologique pour les véhicules achetés à l’étranger

L’achat d’une voiture importée ne permet pas d’échapper au malus écologique : lorsqu’un particulier achète un véhicule neuf ou d’occasion à l’étranger, il est tout de même soumis au malus écologique.

Pour les véhicules neufs

Si le véhicule a fait l’objet d’une réception communautaire, autrement dit s’il est conforme aux règlements sur l’environnement en vigueur dans le pays depuis lequel il est importé, le montant du malus est le même que celui des voitures neuves achetées ou louées en France (voir plus bas). Le malus est à payer au moment de la demande de certificat d’immatriculation.

Dans le cas contraire (véhicules importés d’un marché américain ou asiatique, par exemple), les modalités de taxation sont différentes : le montant de la taxe se base sur la puissance fiscale du véhicule. Selon le barème qui s’applique au 1er janvier 2024, si le véhicule a une puissance fiscale (CV) inférieure à 4 CV, le montant de la taxe est nul. Elle peut monter jusqu’à 60.000 euros.

Le tableau ci-dessous fixe le montant du malus 2024 pour les véhicules n’ayant pas fait l’objet d’une réception communautaire :

Malus 2024 pour un véhicule sans réception communautaire
Source : loi n°2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024
Puissance administrative en chevauxMontant du malus
Inférieure à 4 chevaux0 euro
4 chevaux1.000 euros
5 chevaux3.250 euros
6 chevaux5.000 euros
7 chevaux6.750 euros
8 chevaux10.750 euros
9 chevaux15.750 euros
10 chevaux22.500 euros
11 chevaux28.500 euros
12 chevaux35.500 euros
13 chevaux43.500 euros
14 chevaux52.000 euros
15 chevaux et plus60.00 euros

 

Pour les véhicules d’occasion

  • Si le véhicule a fait l’objet d’une réception communautaire

Dans ce cas, le montant du malus est le même que celui en vigueur pour une voiture d’occasion achetée en France. Un véhicule immatriculé pour la première fois en 2019 reste donc, par exemple, soumis à la grille qui était en vigueur en cette année-là dans l’Hexagone. À compter du 1er janvier 2021, les émissions de CO2 sont toutes mesurées avec la nouvelle norme WLTP (du moins pour les modèles postérieurs à mars 2020).

Comme auparavant, le montant du malus est réduit d’un dixième par année entamée depuis cette première immatriculation.

Exemple : en janvier 2023, un particulier français achète une voiture rejetant 175 grammes de CO2 par kilomètre en norme NEDC, et dont la première immatriculation en Allemagne remonte à 2018. Sachant que le barème des émissions de CO2 pris en compte est celui  qui était en vigueur en France au cours de l’année de la première immatriculation à l’étranger (2018, donc), c’est le barème de l’époque (NECD) qui prévaut encore. De plus, la taxe est minorée de 10% par année entamée depuis la première immatriculation (six ans révolus, dans ce cas). En 2024, le malus s’élève donc à 3.045 euros, à savoir 7.613 euros – (60% de 7.613 euros).

  • Si le véhicule n’a pas fait l’objet d’une réception communautaire

Autrement dit si le véhicule vient d’un marché américain ou asiatique et n’indique pas d’informations sur les émissions de CO2, la taxe est calculée en fonction de la puissance fiscale du véhicule. Pour ces véhicules, il n’est pas prévu de diminution du taux d’émission de CO2 par kilomètre par enfant à charge.

À NOTER : que le véhicule ait fait l’objet d’une réception communautaire, c’est toujours l’année de la première immatriculation qui est prise en compte, et donc le barème appliqué cette année-là en France. Si le véhicule importé en France n’a jamais fait l’objet d’une immatriculation auparavant, c’est le barème du malus en cours de l’année de l’immatriculation dans l’Hexagone qui s’applique.

Exemple : un Français a importé le 15 mars 2020 un véhicule des États-Unis qui a fait l’objet d’une réception isolée en France. Ce véhicule n’a jamais été immatriculé en France avant son immatriculation sur le sol français. Le véhicule fait l’objet d’une puissance fiscale de 10 CV. Son propriétaire a dû s’acquitter de la taxe additionnelle à la taxe sur les certificats d’immatriculation. Montant dû : 9.375 euros (à savoir, le montant forfaitaire qui s’appliquait, à compter du 1er janvier 2020, aux véhicules dont la puissance administrative est comprise entre 10 et 11 CV inclus).

ATTENTION : le montant du malus d’un véhicule transformé correspond au montant en vigueur à la date de sa première immatriculation. Ainsi, pour un véhicule utilitaire immatriculé en 2023 et transformé en véhicule de tourisme en 2024, le malus correspond au barème en vigueur en 2023.

IMPORTANT : pour vérifier le montant du malus potentiellement applicable sur un véhicule neuf ou d’occasion acheté à l’étranger, rendez-vous sur le simulateur de la Direction de l’information légale et administrative (Dila).

Les démarches de remboursement pour les familles nombreuses

Pour être remboursé, il faut en faire la demande. Le propriétaire du véhicule doit remplir le formulaire Cerfa n°15690*01 « Formulaire de demande de remboursement de la taxe additionnelle à la taxe sur les certificats d’immatriculation des véhicules » et l’envoyer au service des impôts avant le 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de l’immatriculation du véhicule.

Plusieurs pièces sont à joindre à la demande :

  • le certificat d’immatriculation du véhicule au nom du demandeur
  • un relevé d’identité bancaire au nom du demandeur
  • une copie du dernier avis d’impôt sur le revenu

Si les enfants à charge au sein du foyer fiscal sont mineurs, ils doivent apparaître sur l’avis d’imposition.

Si le foyer comprend au moins un enfant majeur, le demandeur doit envoyer un justificatif précisant que l’enfant est bien à charge et envoyer :

  • un document délivré par la CAF précisant la prise en charge de trois enfants
  • une copie du livret de famille précisant les trois enfants à charge

Le dossier complet doit être présenté dans le centre de finances publiques ou service des impôts des particuliers (SIP) à l’adresse indiquée sur le dernier avis d’impôt sur le revenu.

Le délai de réception sur le compte bancaire est de 30 jours.

Exemples du montant de la réduction : 
1/ Une famille avec trois enfants à charge achète un véhicule émettant 156 grammes de CO2/km. Une réduction de 20 grammes de CO2 par enfant est comptabilisée pour le calcul de la minoration.

Le calcul se fait comme suit : 156 g/km – (3×20 g/km) = 96 g/km.

Puisque le malus écologique s’applique aux véhicules émettant plus de 117 grammes de CO2/km depuis le 1er janvier 2024 (norme WLTP), cette famille n’aura rien à payer grâce à la minoration qui lui est due.

2/ Une famille avec trois enfants à charge achète ou loue un véhicule émettant 196 grammes de CO2/km.

Le mode de calcul est le même : 196 g/km – (3×20 g/km) = 136 g/km. Cette famille doit payer 650 euros de malus écologique en 2024 car, après minoration, le taux d’émission du véhicule est toujours supérieur au seuil légal de rejet.

Exonération pour les personnes handicapées

Les personnes handicapées sont parfois obligées d’acheter des véhicules automatiques polluants soumis au malus écologique. Une exonération du malus écologique sur les véhicules achetés ou loués trop polluants, ou immatriculés en carrosserie « handicap » est octroyée aux personnes handicapées titulaires de la carte d’invalidité ou par une personne dont au moins un enfant mineur ou à charge et du même foyer fiscal est titulaire de cette carte.

Les personnes handicapées doivent joindre une photocopie de la carte d’invalidité à la demande de certificat d’immatriculation.

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