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Logement, nourriture, transports, … Les dépenses s’accumulent lorsque l’on est étudiant. Pour financer leurs études, les jeunes peuvent avoir recours à un prêt étudiant auprès d’une banque mais pas seulement. 3 solutions pour obtenir un prêt et financer ses études.

Les prêts étudiants

1.Le prêt étudiant « classique » à la banque
2.Le prêt étudiant garanti par l’Etat
3.Des plateformes de crowdfunding dédiées pour remplacer le prêt étudiant

Quand on est étudiant, on a non seulement son loyer à payer mais également sa nourriture, ses frais de transport ou encore ses livres. Faute de bourse étudiante, il peut être difficile de faire face tous les mois à ces dépenses, sans compter les frais d’inscription dans un établissement d’enseignement supérieur qui peuvent être exorbitants. Le recours à un prêt étudiant peut alors être une solution.

1. Le prêt étudiant « classique » à la banque

Première solution pour financer ses études, pousser la porte d’une banque et faire une demande de prêt. Mais pas n’importe quel prêt. En effet, les établissements bancaires ont mis en place des prêts dits « étudiants » à destination d’une cible jeune. Toutes les banques proposent dans leur brochure au moins une offre de prêt étudiant : le Crédit Mutuel, la Société générale, le Crédit agricole, la Caisse d’Epargne, le CIC, la Banque postale ou encore le Crédit lyonnais (LCL). Les établissements bancaires cherchent à fidéliser ces jeunes étudiants qui constitueront leur future clientèle. C’est pourquoi ces prêts présentent plusieurs avantages parmi lesquels :

- Un faible taux d’intérêt : les taux d’intérêt pratiqués varient de 0 à 3% en général, la plupart oscillant en moyenne entre 1 et 2%.
A noter que certaines banques (en particulier BNP Paribas) nouent des partenariats avec certaines grandes écoles et accordent ainsi des taux préférentiels pour les étudiants.
- La possibilité d’un remboursement avec différé total ou partiel : cette première option est particulièrement intéressante lorsque l’on est étudiant – et donc souvent sans ou avec de faibles ressources – car elle permet de ne pas rembourser le prêt tout de suite –consécutivement au déblocage des fonds – mais une fois ses études terminées, lorsqu’il entre la vie active. Certains établissements proposent même de commencer le remboursement des mensualités dans les deux ans qui suivent la fin des études.
Quant au différé partiel, il offre la possibilité à l’étudiant de ne rembourser chaque mois que les intérêts du crédit ou encore la cotisation d’assurance emprunteur. Le prêt en lui-même – le capital – n’est remboursé qu’une fois ses études terminées.
A noter que le prêt peut très bien être remboursé directement comme un prêt « classique », à échéances immédiates, dès que les fonds ont été débloqués.
- Une absence de frais de dossier : la quasi-totalité des établissements bancaires exonère de frais de dossiers les jeunes emprunteurs. Si tel n’est pas le cas, les frais sont souvent plafonnés à une trentaine d’euros.

Fonctionnement et conditions du prêt étudiant

La première chose à faire est de calculer le montant nécessaire au financement des études. « Il faut prendre en compte les frais d’inscription, de matériel, de logement et de vie quotidienne. Vous devrez justifier du montant que vous souhaitez obtenir auprès de la banque », explique Christian Kamayou, fondateur du site de courtage Financetesetudes.com. La durée d’un prêt étudiant est comprise entre un et neuf ans, certaines banques allant jusqu’à 10 ans maximum pour un montant prêté variant en général de 1.500 à 45.000 euros. Certaines banques vont au-delà de ce montant notamment si l’emprunteur effectue ses études en région parisienne où le coût de la vie est plus élevé que dans le reste de la France.

Le taux d’intérêt, le montant du prêt, sa durée, le montant des mensualités et l’échéance de remboursement (différée ou non) dépendent de l’étudiant, de ses revenus et de son parcours scolaire (établissement et cursus poursuivi). Ainsi, un étudiant en droit dans une université prestigieuse qui se destine à la carrière de magistrat obtiendra facilement un prêt, ses perspectives de carrière étant « rassurantes » pour la banque.

Une fois le prêt obtenu (taux de 2 à 3% sur 5 à 7 ans en moyenne), mieux vaut opter pour un déblocage des sommes au fur et à mesure des besoins. « C’est un gage de sécurité pour vous et la banque. De plus, si vous empruntez par exemple 40.000 euros et qu’au final vous n’avez utilisé que 30.000 euros, vous pourrez laisser le trop plein à la banque », conseille le spécialiste bancaire. Il n’y aura par contre pas de rallonge, mieux vaut donc faire un calcul juste. « Insérez également une clause de remboursement anticipé », suggère Christian Kamayou.
> Pour avoir un ordre d’idée du prêt étudiant qu’une banque pourrait vous accorder, le site Financetesetudes.com propose un simulateur dédié. 

A noter : une fois les sommes débloquées, la banque n’ira pas vérifier l’utilisation de l’argent prêté. L’étudiant a donc libre choix de payer par exemple ses frais de scolarité, son loyer ou encore un voyage à l’étranger avec l’emprunt. Aucun justificatif ne sera à fournir à la banque.

Attention, sans revenus, une caution parentale est quasi-systématiquement demandée par la banque prêteuse. « Comme un étudiant ne possède généralement pas de revenus, les banques demandent fortement l’appui des parents comme garantie de paiement », indique un conseiller clientèle du groupe Crédit lyonnais. En cas de défaut de paiement, la banque se tournera alors vers la caution pour le remboursement des mensualités. D’ailleurs, il est conseillé de se tourner vers l’établissement bancaire de ses parents – à condition toutefois qu’ils soient de bons clients (sans découvert, revenus réguliers, …). En effet, ce dernier aura davantage confiance et pourra proposer une offre plus avantageuse en vue de fidéliser la famille.

La banque prêteuse exige systématiquement un certificat de scolarité ou une carte d’étudiant afin de prouver l’inscription dans un établissement d’enseignement supérieur ainsi que l’ouverture ou la possession a minima d’un compte courant dans cette même banque. Il ne faut ainsi pas hésiter à négocier les frais de tenue de compte, de carte bancaire, … en se rappelant toujours que la banque cherche à vous fidéliser.

2. Le prêt étudiant garanti par l’Etat

Les étudiants, qui n’ont ni parents pour se porter caution ni ressources, peuvent se tourner vers le prêt étudiant garanti par l’Etat. Mis en place en 2008, il est accordé aux étudiants français ou citoyens d’un des pays de l’Espace économique européen (EEE) âgés de moins de 28 ans et inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur (classe préparatoire aux grandes écoles, université, BTS, école de commerce, …). Son montant est plafonné à 15.000 euros. Le taux d’intérêt est quant à lui fixé par l’établissement prêteur, de même que la durée qui doit toutefois être au minimum de deux ans. En moyenne, les étudiants empruntent 8.300 euros sur une durée de 6 ans.

Le prêt garanti par l’Etat offre également la possibilité d’opter pour un remboursement différé total ou partiel une fois les études terminées.

Fonctionnement et conditions du prêt garanti par l’Etat

Comme ce prêt ne nécessite pas de caution, c’est l’Etat qui se porte garant à la place par exemple des parents. Ainsi, en cas de défaut de paiement de l’étudiant, ce sera la Banque publique d’investissement (Bpifrance) qui paiera les mensualités du prêt pour le compte de l’Etat à hauteur de 70%, les 30% restants étant à la charge de la banque prêteuse. Attention : tous les établissements bancaires ne proposent pas de crédit étudiant garanti par l’Etat. En 2016, 5 banques étaient conventionnées pour la distribution de ces prêts, à savoir :

- Le Crédit Mutuel,
- Le CIC,
- La Caisse d’Epargne,
- La Banque Populaire,
- La Société générale.

Astuce : il n’y a pas que l’Etat qui propose des prêts dédiés aux étudiants. En effet, le jeune désireux d’emprunter de l’argent peut se tourner vers sa région ou son département et ainsi se renseigner sur d’éventuels prêts locaux destinés aux étudiants.

3. Des plateformes de crowdfunding dédiées pour remplacer le prêt étudiant

Il n’y a pas que les réseaux classiques qui permettent aux étudiants de financer leurs études. Ainsi, pourquoi ne pas miser sur la générosité des autres ? C’est ce que proposent des plateformes de financement participatif (ou crowdfunding) exclusivement dédiées aux étudiants, à l’image d’eduklab.com. Le système est simple : « Vous déposez votre projet sur notre plateforme, nous l’examinons et s’il correspond, nous vous envoyons un lien. Jusqu’à atteindre 10% de la somme fixée, c’est à vous de faire la promotion de votre projet. Ensuite, il sera visible sur notre site », explique le directeur général d’EdukLab, Jean-Marc Nourel. Il n’y a pas de limite sur le montant de la collecte, mais sa durée ne peut excéder 60 jours.

Seul impératif, bien détailler votre projet et « être actif ». Il n’y a pas de secret, « plus vous serez motivé et ferez la promotion de votre projet, plus vous aurez des chances de succès », selon Jean-Marc Nourel. En effet, il ne faut pas avoir peur de solliciter la générosité des internautes : certains étudiants ont très bien vendu leur projet et ont pu récolter des sommes atteignant jusqu’à 8.000 euros. Si vous recevez plus que la somme de départ, le bonus vous revient (après commission du site). Couronné de succès, l’argent vous sera remis une semaine après la fin de la collecte.

En échange, « un merci » et des nouvelles de votre projet ou la proposition de vos compétences dans un domaine à vos donateurs suffisent. Si votre projet échoue et que vous n’êtes parvenu qu’à collecter une partie de la somme, vous ne toucherez rien et les donateurs seront remboursés.

Le système est similaire sur la plateforme StudentBackr.com, destinée aux étudiants européens de plus de 18 ans et sans limite d’âge.

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