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Jugés efficaces dans l’arrêt du tabac, les patchs, gommes à mâcher, inhalateurs et autres comprimés à la nicotine peuvent bénéficier d’une prise en charge par la Sécurité sociale. Certains d’entre eux sont même, depuis peu, remboursables dans les mêmes conditions que les médicaments.

 

SOMMAIRE

Liste des substituts nicotiniques

- Les patchs à la nicotine

- Les gommes à mâcher

- Les inhalateurs

- Les comprimés à la nicotine

Les prix des substituts nicotiniques

Le remboursement par l’Assurance maladie des substituts du tabac

- Montant et fonctionnement du forfait annuel

- Liste des substituts nicotiniques remboursables par la Sécu en 2018

Le remboursement des substituts du tabac par les mutuelles

Les effets secondaires des substituts nicotiniques

Avec les thérapies comportementales et cognitives (ou TCC) et les traitements délivrés uniquement sur ordonnance médicale agissant sur le système nerveux central (bupropion LP et varénicline), les substitutifs nicotiniques sont l’une des trois méthodes pour arrêter de fumer dont l’efficacité est reconnue.

Liste des substituts nicotiniques

Selon plusieurs études scientifiques, les substituts nicotiniques doublent, voire triplent, les chances d’arrêt du tabac au bout d’un an. C’est dire si ces traitements ont prouvé leur efficacité.

Ils obéissent tous au même principe : diffuser de la nicotine de manière lente et régulière dans l’organisme et libérer petit à petit le fumeur de sa dépendance physique à cette molécule fortement addictive. En effet, non seulement la nicotine diffusée par les substituts entre moins rapidement dans le système artériel que celle issue de la cigarette, mais elle évite la fumée extrêmement nocive du tabac.

La durée d’un traitement substitutif nicotinique varie de six semaines à six mois selon les personnes. Théoriquement, les doses doivent être diminuées dans le temps. Il existe plusieurs types de substituts nicotiniques.

Les patchs à la nicotine

Grâce au timbre transdermique (ou « patch »), la nicotine se diffuse par voie veineuse en passant par la barrière cutanée. La diffusion de la molécule est proportionnelle à la taille du patch et au temps de pose sur la peau, sachant qu’il faut attendre environ 30 minutes pour ressentir les premiers effets.

En début de sevrage, la dose doit être suffisante pour compenser l'apport habituel de nicotine obtenu en fumant. L’objectif est de progressivement réduire la surface du patch et le temps de pose jusqu’à ne plus en porter sans ressentir de manque.

Les gommes à mâcher

Le fumeur prend une gomme anti-tabac quand l’envie de fumer se fait sentir. Il est conseillé de d’abord la sucer pendant quelques minutes, puis de la mâcher lentement en faisant des pauses. Ainsi utilisées, les gommes libèrent lentement la nicotine qu’elles contiennent et qui, par le bais de la muqueuse buccale, passe dans la circulation sanguine avant d'atteindre le cerveau.

La consommation quotidienne se situe, généralement, entre 8 à 12 gommes à la nicotine les premiers jours de sevrage. Puis, les doses sont diminuées graduellement. Attention : il est impératif de ne pas consommer plus de 30 gommes au cours d’une seule journée.

Les inhalateurs

L’inhalateur, également appelé spray buccal, est un embout en plastique dans lequel est introduite une cartouche contenant un tampon imprégné de nicotine. L’utilisateur aspire par l’embout de l’air chargé de microgouttelettes de nicotine. Plusieurs cartouches sont utilisées en début de sevrage, leur nombre diminuant au fil du temps.

Les comprimés à la nicotine

Il s’agit de comprimés ou de pastilles à sucer ou à laisser fondre sous la langue. En aucun cas, il ne faut les croquer, ni les avaler. Le principe est, comme pour les autres substituts nicotiniques, d’opérer une diffusion lente de la nicotine dans l’organisme. A l’image des gommes à mâcher, on peut consommer 8 à 12 comprimés au début du traitement pour ensuite diminuer les doses.

Les prix des substituts nicotiniques

Les tarifs des traitements de substituts nicotiniques (TSN) sont libres, hormis ceux qui sont remboursés par l’Assurance maladie (voir plus loin). Pour ces derniers, un prix unique a été fixé. Il s’élève à 14,14 euros pour les gommes à mâcher et à 28,55 euros pour les patchs à la nicotine.

Pour les produits non remboursés par la Sécurité sociale, le prix varie donc grandement d’une marque à une autre, mais aussi d’une pharmacie à une autre. C’est pourquoi, il est conseillé de faire le tour des officines avant d’en acheter.

Voici quelques ordres de prix (indicatifs) des substituts non remboursables :

- Les patchs à la nicotine : de 15 à 22 euros le paquet de 7 patchs et environ 60 euros le paquet de 28 à 30 patchs

- Les gommes à la nicotine : de 5 à 7 euros le paquet de 20 ou 30 gommes

- Les inhalateurs à la nicotine : environ 12 euros la boîte de 6 cartouches, environ 23 euros la boîte de 18 cartouches

- Les comprimés à la nicotine : de 3 à 5 euros la tablette de 12 pastilles, de 8 à 10 euros la tablette de 30 pastilles.

Le remboursement par l’Assurance maladie des substituts du tabac

Montant et fonctionnement du forfait annuel

Depuis 2006, la Sécurité sociale prend en charge les TSN prescrits par ordonnance dans le cadre d’un forfait annuel. Ce forfait est passé, en 2007, de 50 euros à 150 euros par an et par bénéficiaire.

Pour bénéficier du forfait annuel, non seulement les substituts nicotiniques doivent être prescrits par un médecin (généraliste ou spécialiste) ou une sage-femme, mais ils doivent figurer dans la liste des TSN pris en charge par l’Assurance maladie. Ils doivent, en outre, être mentionnés sur une ordonnance consacrée exclusivement à ce type de produits. Aucun autre traitement ne doit figurer sur le document.

Enfin, le patient ne peut pas bénéficier du tiers payant. En d’autres termes, il doit avancer la somme totale à son pharmacien qui télétransmet la feuille de soins électronique via la Carte Vitale ou qui lui remet une feuille de soins « papier » qu’il devra remplir et envoyer à sa caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Le patient peut acheter son TSN en une ou plusieurs fois.

Depuis la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, les médecins du travail, les chirurgiens-dentistes, les infirmiers et les masseurs-kinésithérapeutes sont également habilités à prescrire des substituts nicotiniques. Au total, près de 800.000 professionnels de santé sont autorisés à rédiger une prescription de TSN.

A noter : dans le cadre d’une grossesse ou d’une naissance, les sages-femmes peuvent prescrire des substituts nicotiniques à l’entourage de la femme enceinte ou récemment accouchée.

Liste des substituts nicotiniques remboursables par la Sécu en 2018

Le 28 mai 2018, Agnès Buzyn, la ministre de la Santé et des Solidarités, a présenté le plan « Priorité prévention » qui prévoit notamment le remboursement par l’Assurance maladie de certains TSN à hauteur de 65%, c’est-à-dire comme les médicaments. D’ores et déjà, une gamme de gommes à mâcher et une gamme de patchs à la nicotine sont remboursées par la « Sécu ».

Pour les gommes, il s’agit de :

- Nicotine EG Fruit 2mg sans sucre

- Nicotine EG Fruit 4mg sans sucre

- Nicotine EG Menthe 2 mg sans sucre

- Nicotine EG Menthe 4 mg sans sucre.

Pour les patchs, il s’agit de :

- NicoretteSkin, 10 mg/16 heures

- NicoretteSkin, 15 mg/16 heures

- NicoretteSkin, 25 mg/16 heures.

Cette liste devrait s’étoffer dans les mois à venir. En attendant que les principaux substituts nicotiniques deviennent remboursables, le forfait annuel de 150 euros perdure. Il devrait s’éteindre d’ici fin 2018.

Le remboursement des substituts du tabac par les mutuelles

Les substituts nicotiniques remboursés à 65% par l’Assurance maladie sont pris en charge par les complémentaires santé dans les mêmes conditions que pour les médicaments. Les contrats dits « responsables », qui représentent 95% des « mutuelles », couvrent ainsi la somme restante à payer (ce que l’on appelle le ticket modérateur), hors la franchise médicale de 0,50 euro par médicament (ou TSN) redevable par les assurés à hauteur de 50 euros par an.

A titre d’exemple, prenons le patch NicoretteSkin dont le prix unique a été fixé à 28,55 euros. Comme l’Assurance maladie rembourse 65% (soit 18,55 euros), le ticket modérateur s’élève à 10 euros. La complémentaire santé prendra en charge 9,50 euros, si la franchise médicale de 0,50 euro s’applique.

Pour ce qui est des TSN non remboursables mais qui font partie de la liste de substituts pris en charge par l’Assurance maladie, la mutuelle peut, dans le cadre de sa politique de prévention, compléter le forfait annuel de 150 euros. Certains contrats peuvent proposer des garanties supplémentaires auxquels leurs assurés fumeurs peuvent souscrire dans le but d’arrêter de fumer.

Ces options peuvent prendre en charge le ticket modérateur des tabacologues, des acuponcteurs et des homéopathes conventionnés par la Sécurité sociale ainsi que les consultations de médecines douces (magnétisme, hypnose, phytothérapie, aromathérapie, sophrologie, réflexologie, luminothérapie, kinésiologie) non remboursées par l’Assurance maladie (généralement à hauteur d’un certain plafond). Certaines garanties prévoient même le remboursement de la cigarette électronique et d’une partie des dépenses des cures anti-tabac.

Les effets secondaires des substituts nicotiniques

Les substituts nicotiniques s’accompagnent quelques fois d’effets indésirables. La pose prolongée de patch sur la peau peut créer des irritations cutanées. Les gommes à mâcher et les pastilles à la nicotine peuvent entraîner le hoquet, des quintes de toux, des irritations dans la gorge, voire des ulcères dans la bouche.

D’une manière générale, des études scientifiques montrent que la prise de substitut nicotiniques double l'occurrence de palpitations cardiaques et de douleurs thoraciques. Chez certaines personnes, ils provoquent la nausée, des vomissements, des troubles gastro-intestinaux et de l’insomnie. Reste que les médecins estiment que ces désagréments sont largement compensés par l’aide à l’arrêt du tabac qu’ils apportent.

Il est toutefois recommandé de ne pas consommer de substituts nicotiniques avant l’âge de 15 ans. Et l’utilisation de TSN doit impérativement être réalisée sous contrôle médical chez les femmes enceintes ou qui allaitent et chez les personnes venant de faire un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral (AVC).

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