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Les taux d’emprunt des Etats européens sur les marchés financiers s’envolent suite à l’élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis. Pour certains courtiers en crédit immobilier, cette tendance devrait pousser les taux d’intérêt à la hausse pour les prêts à l’habitat en 2017.

Le séisme provoqué par l’élection à la présidence des Etats-Unis d’Amérique de Donald Trump continue de faire des vagues. C’est en tout cas ce qu’affirment certains courtiers en crédit immobilier selon lesquels la victoire quelque peu inattendue du candidat républicain devrait jouer en faveur d’une remontée des taux d’emprunt.

En tant que tel, le sulfureux magnat de l’immobilier outre-Atlantique n’a rien fait de particulier à cet égard mais son élection le 8 novembre 2016 a secoué les marchés financiers. Les Etats-Unis empruntent désormais à un taux plus élevé, tout comme les Etats européens. La France n’échappe pas à cette tendance : « Le taux de l’OAT 10 ans, qui sert de référence – entres autres – aux banques pour déterminer l’évolution de leurs taux de crédit immobilier, est ainsi passé en quelques semaines de l’un de ses plus bas niveaux (0,11% le 29 septembre) à un plus haut depuis janvier 2016 (0,83% le 14 novembre) », souligne le courtier Vousfinancer dans un communiqué daté du 16 novembre. « Si les taux de référence se maintiennent à ce niveau-là, il est indéniable que les banques remonteront leurs taux de crédit… », ajoute sa responsable des relations bancaires, Sandrine Allonier.

Aucune hausse constatée pour le moment

Attention à ne pas paniquer pour autant. Pour le moment, la remontée des taux n’est qu’une projection, pas une réalité. « Aucune hausse n’a été identifiée et aucun barème bancaire national haussier ne nous est parvenu », précise la porte-parole du courtier Meilleurtaux.com Maël Bernier. Autrement dit, les emprunteurs peuvent toujours profiter de taux excessivement bas : ils se situaient ainsi à 1,33% en moyenne (hors assurance de prêt et frais annexes) en octobre 2016, d’après les données de l’observatoire CSA/Crédit Logement.

Malgré le statu quo qui prédomine en novembre, les banques pourraient décider d’agir et de rehausser légèrement leurs taux avant même la fin de l’année. « Décembre n’est pas un mois orienté immobilier pour les banques, avec des demandes moins nombreuses qui pourraient permettre d’intégrer une légère hausse, de l’ordre de 0,10%, sur un mois moins sensible », avance la directrice de la communication et des études du courtier Empruntis, Cécile Roquelaure.

A plus long terme, les spécialistes anticipent une remontée lente et progressive des taux plutôt qu’un bond soudain. « Les banques ont des objectifs de production de crédit pour 2017 équivalents à ceux de 2016 qui s’annonce déjà comme une année record », rappelle ainsi le président de Vousfinancer Jérôme Robin.

De plus, le crédit immobilier incarne toujours un produit d’appel puissant pour les banques à la recherche de nouveaux clients, en particulier dans un contexte de faible rémunération des produits d’épargne. Une bonne nouvelle pour les emprunteurs qui ne se sont pas lancés en 2016.

Pour le PTZ, c’est déjà 2017 !
Il est trop tard pour espérer boucler un financement à l’aide d’un prêt à taux zéro (PTZ) avant le 31 décembre 2016. Dans un communiqué diffusé le 9 novembre, le courtier Credixia explique que « la majorité de nos banques partenaires ont décidé de cesser d’étudier les dossiers des emprunteurs éligibles au PTZ ». Une pratique somme toute habituelle mais qui contraint les emprunteurs en question à patienter jusqu’à mi-janvier 2017, « le temps pour les banques de mettre à jour leurs logiciels informatiques avec les nouvelles normes (conditions d’octroi, Ndlr) du prêt à 0% ».

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