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Crédit d’impôt, éco-prêt à taux zéro, prime énergie, TVA à taux réduit... Plusieurs aides financières sont à disposition, sous conditions ou pas, de ceux qui veulent remplacer leur vieille chaudière au fioul par une installation moins énergivore.

- Changer une chaudière sans aide financière : quel prix 

- Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE)

> Comment fonctionne le dispositif CITE pour une chaudière ?
> Des plafonds de dépenses à respecter
> Les chaudières éligibles au crédit d'impôt
> Vers un crédit d'impôt élargi en 2019

- La Prime énergie

> Quelle prime énergie pour le changement de chaudière ?
> Plafond de ressources et montants
> Bientôt une prime à la reconversion des chaudières au fioul ?

- Le chèque énergie

> Le chèque énérgie, définition
> Le chèque énergie, une aide minime pour la facture chaudière
> Le chèque énergie, montants et demande

- Les aides du programme « Habiter Mieux » de l'Agence nationale de l'habitat

> Aides de l'Anah, définition
> Les montants des aides de l'Anah pour un changement de chaudière
> Demande et conditions de ressources

- L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ)

> L'éco-PTZ, définition
> L'éco-PTZ pour quelles chaudières ?
> Comment demander l'éco-PTZ ?

- La TVA à taux réduit

> La TVA à 10% ou à 5,5% pour une chaudière neuve ?
> Quelle TVA pour quelles chaudières ?

- Les aides locales

- Quelles aides pour quelles chaudières ?

Changer une chaudière sans aide financière : quel prix

Remplacer une chaudière est une opération qui demande parfois de gros efforts financiers. Le budget à prévoir comprend l’achat et la pose. Mais il faut aussi prendre en compte les factures d’énergie (électricité, gaz, fioul) ainsi que les coûts d’entretien et de maintenance des équipements. Selon le type de système, le coût annuel de l’entretien peut varier de 100 à 250 euros.

Les besoins en énergie peuvent être importants. Ils dépendent de la taille de l’habitat, mais aussi de son orientation et du climat. Voilà pourquoi il est recommandé d’installer un chauffage qui consomme une énergie peu coûteuse, quitte à prévoir un investissement de départ plus lourd.

Il ne faut pas non plus hésiter à faire réaliser plusieurs devis par des professionnels compétents.

La grille indicative des prix ci-dessous permet d’apprécier le tarif de différents types de chaudières et équipements de chauffage alternatifs, avant prise en compte des différentes aides financières :

Type d’intervention (installation comprise)

Prix indicatifs moyens
Chaudière à condensation gaz 3.000 à 5.000 euros
Chaudière à condensation fioul 3.700 à 7.000 euros
Chaudière à micro-cogénération 12.000 à 20.000 euros
Chaudière à bois performante 6.000 à 20.000 euros
Chaudière à granulés automatique 7.000 à 18.000 euros
Pompe à chaleur géothermique 13.000 à 20.000 euros (avec captage)
Pompe à chaleur aérothermique
(hors relève de chaudière)
10.000 à 15.000 euros

(Source : Ademe)

Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE)

Comment fonctionne le dispositif CITE pour une chaudière ?

Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), plus communément appelé crédit d’impôt rénovation), est un dispositif fiscal destiné à toute personne effectuant des travaux d'amélioration énergétique dans sa résidence principale située en France (métropole et Outre-Mer) et achevée depuis plus de deux ans. Il permet à tous, y compris les ménages non imposables, d'être remboursés à hauteur de 30% des sommes engagée.

Pour être éligible au crédit d'impôt transition énergétique dans le cadre d’un changement de chaudière, les travaux doivent être réalisés par un artisan ou une entreprise du bâtiment détenant la mention RGE (Reconnu garant de l’environnement). Pour obtenir un crédit d’impôt, il faut indiquer sur sa déclaration de revenus, l'année suivant les travaux, le prix du matériel installé.

Le crédit d’impôt s’applique aussi pour le remplacement d’une chaudière en copropriété. Précisément, dans un immeuble collectif, chaque propriétaire occupant ou locataire occupant a la possibilité de bénéficier du crédit d’impôt. Il doit avoir payé les dépenses relatives aux travaux éligibles, et occuper son logement à titre de résidence principale. En immeuble collectif, les propriétaires occupants bénéficient du crédit d’impôt à hauteur de leur quote-part des dépenses établies par le syndic.

« Les locataires et toutes personnes qui bénéficient d’un droit d’usage et d’habitation peuvent bénéficier, toutes conditions étant par ailleurs remplies, du crédit d’impôt pour les dépenses éligibles qu’ils acquittent personnellement et directement à raison du logement qu’ils occupent et, le cas échéant, pour la quote-part mise à leur charge des travaux réalisés dans les parties communes ou privatives dont le propriétaire leur demande le remboursement. Cette dernière situation devrait toutefois revêtir un caractère tout à fait exceptionnel, compte tenu de la nature des équipements, matériaux et appareils éligibles au crédit d’impôt », précise le Bulletin Officiel des Finances Publiques-Impôts (BOFiP-Impôts).

En revanche, un propriétaire bailleur détenant un appartement locatif dans la copropriété ne peut pas prétendre au crédit d’impôt.

À noter : le CITE est cumulable avec l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), et ce sans condition de ressources depuis le 1er mars 2018, mais aussi avec la TVA réduite.

Des plafonds de dépenses à respecter

Le crédit d’impôt transition énergétique porte sur une assiette de dépense limitée. Cela signifie concrètement que le montant des dépenses sur lesquelles le taux du CITE s’applique est plafonné, par période de cinq années consécutives.

La limite est ainsi fixée à 8.000 euros pour une personne seule (célibataire, veuve ou divorcée), et à 16.000 euros pour un foyer de deux personnes soumis à une imposition commune.

Cette somme est majorée de 400 euros par personne à charge supplémentaire (200 euros par enfant en résidence alternée) sur une période de cinq ans.

Les chaudières éligibles au crédit d’impôt

Plusieurs types de chaudières sont éligibles au crédit d'impôt pour la transition énergétique :
- chaudière à gaz à haute performance énergétique, individuelles ou collectives sauf celles alimentées au fioul
- chaudière à très haute performance énergétique individuelle ou collective utilisant le fioul comme source d'énergie
- chaudière à micro-cogénération gaz

Important : la pose d’une nouvelle chaudière n’entre pas dans le calcul des dépenses éligibles au crédit d’impôt, l’installation n’est donc pas prise en charge par l’Etat à ce titre.

En revanche, les types de chaudières suivantes ne sont pas éligibles :
- chaudières fioul à haute performance énergétique dont l’efficacité énergétique saisonnière est inférieure à 90%
- chaudière fioul basse température

Exemple : un contribuable marié perçoit une subvention de 6.000 euros pour la réalisation de travaux dans un immeuble achevé depuis plus de deux ans pour un montant total de 10.550 euros TTC (10.000 euros HT) dont 4.745,50 euros TTC (4.500 euros HT) au titre de l’acquisition d’une chaudière gaz à haute performance énergétique. La base du crédit d’impôt dont bénéficie le contribuable est égale à la différence entre le prix d’acquisition TTC de la chaudière et la quote-part de la subvention correspondant à cet équipement. Base du crédit d’impôt à retenir : 2.045,50 euros, soit 4.745,50 euros - (6.000 euros x 4.500 / 10.000).

Vers un crédit d’impôt élargi en 2019

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2019 prévoit de reconduire le crédit d’impôt pour la transition énergétique, qui arrive à échéance le 31 décembre 2018, pour une année supplémentaire, y compris pour le remplacement des chaudières au fioul par une chaudière alimentée par une autre source d’énergie.

Parallèlement à cette reconduction, un crédit d’impôt à taux majoré (50% contre 30%) devrait être instauré pour la dépose d’une chaudière fioul, sachant que l’opération peut facilement nécessiter plus de 1.000 euros de dépenses. Dans ce cadre bien spécifique, l'éligibilité au crédit d'impôt sera conditionnée au respect de plafonds de ressources qui seront alignés sur ceux applicables aux aides de l'Agence nationale de l'habitat (Anah). Les limites de revenus à ne pas dépasser ne sont pas encore connues. Elles seront fixées par décret.

La Prime énergie

La prime énergie, aussi appelée « Coup de pouce économie d’énergie », entend aider tous les ménages à remplacer leur chaudière au fioul par un équipement qui utilise des énergies renouvelables.  Les ménages les plus modestes en situation de précarité énergétique bénéficient d'une aide spécifique, soumise à conditions de ressources.

Le dispositif a été lancé en février 2017, initialement pour une durée d’un an. Mais le gouvernement a décidé de le reconduire et de le renforcer jusqu’au 31 décembre 2020. Concernant le remplacement d’une chaudière, la bonification concerne des opérations engagées depuis le 1er avril 2018.

L'installation du nouvel équipement doit être réalisée par un professionnel reconnu garant environnement (RGE). Pour percevoir la Prime énergie en cas de changement de chaudière, rien de plus simple : la demande s’effectue en ligne sur le site internet dédié (www.laprimeenergie.fr). Elle sera étudiée par le Pôle National des Certificats d’Économie d’Énergie. La prime peut être versée par virement ou par chèque. Elle peut également être déduite de la facture des travaux, ou offerte sous forme de bons d’achats pour des produits de consommation courante.

Point positif à souligner : la Prime énergie est cumulable avec le crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) et l'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ). Attention, elle ne l’est pas avec les offres « Habiter Mieux » de l’Anah.

Quelle Prime énergie pour le changement de chaudière ?

Pour les personnes en situation de précarité énergétique, les montants de la Prime énergie sont différenciés selon les niveaux de ressources des demandeurs, selon qu’ils sont qualifiés de « ménages modestes » ou de « ménages très modestes ». Pour les premiers, la somme est fixée à 2.000 euros. Pour les seconds, elle s’établit à 3.000 euros.

À noter : invité de RTL le 6 décembre 2018, le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy a annoncé la mise en place d'une aide supplémentaire destinée aux ménages très modestes désireux de remplacer leur chaudière au fioul contre une pompe à chaleur. « Nous allons augmenter de 50% l'aide à la nouvelle chaudière pour les pompes à chaleur », a-t-il expliqué. « L'État a une prime de 3.000 euros pour les ménages modestes et de 2.000 euros pour les autres. Nous, nous rajoutons la moitié, 1.500 euros pour les très modestes, ce qui fait 4.500 euros. Et 1.000 pour les autres, ce qui fait 3.000 au total (...) », a précisé Jean-Bernard Lévy, arguant que « les gens vont pouvoir rentabiliser en trois ans l'économie qu'ils font en se débarrassant du fioul ».  

La Prime énergie est versée pour l’installation d’un équipement utilisant des énergies renouvelables. Cela concerne les chaudières biomasse (qui utilisent du bois ou des sous-produits du bois), ainsi que les pompes à chaleur air/eau, eau/eau ou hybrides.

ATTENTION : avant de signer tout devis d’installation de chaudière, il faut vérifier que les travaux soient éligibles à la Prime énergie. La demande soit être réalisée avant l’acceptation du devis. Par ailleurs, l’équipement doit être conforme et posé par un artisan disposant du label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).

Plafonds de ressources et montants

Pour être éligible à la Prime énergie dans le cadre d’un changement de chaudière, les ménages en situation de précarité énergétique doivent répondre à des conditions de ressources. Les seuils de revenu annuel dépendent à la fois de la région où vont se dérouler les travaux et du nombre de personnes composant le ménage.

Ainsi, une personne seule « modeste » vivant en Île-de-France ne devra pas dépasser un plafond de ressources annuelles de 24.194 euros pour être éligibles à la Prime énergie, contre 18.409 euros dans les autres régions. Pour un foyer « modeste" comptant trois personnes, les montants seront respectivement de 42.648 et 32.377 euros.

Une personne seule « très modeste » habitant en Île-de-France ne pourra dépasser un plafond de ressources annuelles de 19.875 euros, contre 14.360 euros dans les autres régions. Ces chiffres passent respectivement à 35.032 et 25.257 euros pour un foyer « très modeste » composé de trois personnes.

IMPORTANT : pour prouver leur éligibilité, les demandeurs doivent fournir leur avis d’impôt sur le revenu ou de situation déclarative émis par l’administration fiscale.

Bientôt une prime à la conversion des chaudières au fioul ?

Le 14 novembre 2018 sur RTL, le premier ministre Édouard Philippe a détaillé une série de mesures pour accompagner la transition énergétique. Il a notamment annoncé la création d’une prime à la conversion des chaudières au fioul. Le chef du gouvernement a évoqué une aide à hauteur du tiers du montant global de la facture.

Le chèque énergie

L’usage du chèque énergie est une solution pour les ménages modestes qui souhaitent remplacer leur ancienne chaudière par une équipement plus performant.

Le chèque énergie, définition

Prévu par la loi de transition énergétique, le chèque énergie est d’abord un dispositif destiné à aider personnes en difficulté à régler leurs factures d’énergie (électricité, gaz, fioul, bois...). Mais il peut également être utilisé pour payer les travaux de rénovation énergétique éligibles au CITE (Crédit d'impôt pour transition énergétique).

En 2018, le chèque énergie est attribué aux foyers dont le revenu fiscal de référence annuel ne dépasse pas :
- 7.700 euros par an pour une personne seule,
- 11.550 euros pour un couple,
- Plus 2.310 euros par personne en plus dans le foyer.

Le chèque énergie, une aide minime pour la facture chaudière

Le remplacement d’une ancienne chaudière figure parmi les travaux d’amélioration énergétique du logement éligibles au financement via le chèque énergie. Il permet de régler l’achat d’une chaudière à condensation ou d’une chaudière à micro-cogénération répondant aux normes.

Reste que le montant relativement faible du dispositif ne sert qu’à couvrir qu’une faible partie de la facture du nouvel équipement (qui peut atteindre plusieurs milliers d’euros).

Le chèque énergie, montant et demande

Le montant du chèque énergie est défini en fonction des conditions de ressources et de la composition du foyer. Il varie de 48 à 227 euros, pour s’établir en moyenne à 150 euros.

Le gouvernement compte augmenter le montant moyen de cette aide pour le porter à 200 euros en 2019. La mesure figure dans le projet de loi de finance (PLF) pour 2019. Par ailleurs, cette aide sera également étendue à plus de 5,6 millions de foyers dès le 1 janvier 2019. Par ailleurs, les plafonds de ressources vont être relevés.

Aucune démarche n’est nécessaire pour bénéficier du chèque énergie. Chaque année après les envois des déclarations de revenus, le fisc adresse la liste des ménages bénéficiaires à l’Agence de Services et de Paiement (ASP), qui est en charge de la remise des chèques. Ceux-ci sont envoyés automatiquement par courrier. Le versement de la prime en 2019 se base sur les revenus perçus en 2017.

Le chèque énergie est valable au cours de l'année civile de son émission et jusqu'au 31 mars de l'année suivante.

Les aides du programme "Habiter mieux" de l’Agence nationale de l’habitat

Aides de l’Anah, définition

Le programme « Habiter Mieux » de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) est une aide financière mise en place par l’État pour aider à la rénovation thermique des logements. Ce programme vise entre autres à aider les propriétaires occupants à financer un changement de chaudière ou de mode de chauffage obsolète. Les travaux doivent être faits obligatoirement par une entreprise ou un artisan qualifié RGE (reconnu garant de l’environnement).

Ce coup de pouce est cumulable avec le Crédit d’Impôt Transition Énergétique (CITE) et l’éco-prêt à taux zéro. En revanche, les aides de l’Anah ne peuvent pas être attribuées aux demandeurs bénéficiant déjà de la Prime énergie.

Les montants des aides de l’Anah pour un changement de chaudière

Les travaux d'amélioration énergétiques sont pris en charge entre 35 et 50% du montant total selon vos ressources et pour un montant total de chantier à 20.000 euros hors taxes.

Les chaudières éligibles aux aides de l’Anah sont les chaudières dites à haut rendement basse température et les chaudières à condensation.

Travaux Estimation du coût des travaux hors taxes Montant de l’aide « Habiter mieux »
Changement de chaudière ou de système de chauffage Pour une chaudière à condensation à gaz : entre 3.500 et 5.000 euros Entre 1.225 (catégorie de "revenus modestes") et 2.500 euros (catégorie de "revenus très modestes")
Remplacement de chaudière par un système de chauffage performant Pour une pompe à chaleur alimentant les radiateurs : entre 10.000 et 15.000 euros Entre 3.500 (catégorie de "revenus modestes") et 7.500 euros (catégorie de "revenus très modestes")

(Source : expertise interne de l’Anah sur la base d’une maison individuelle de 100 mètres carrés sans mitoyenneté avec rez-de-chaussée et combles)

Ainsi, au regard du tableau ci-dessus, si les travaux nécessaires au changement de votre chaudière ou de système de chauffage ont été estimés sur devis à 3.500 euros en tout, la part prise en charge par la subvention de l’Anah sera de 35% (soit 1.225 euros) pour une catégorie de revenus "modestes". Si le devis établi fait apparaître une facture de 5.000 euros, la part prise en charge s’élèvera à 50% (soit 2.500 euros) pour une catégorie de revenus "très modestes".

Demande et conditions de ressources

La demande peut se faire en ligne directement sur le site de l’Agence nationale de l’habitat. Les bénéficiaires de ce dispositif sont des propriétaires occupants aux ressources « modestes » ou « très modestes », qui peuvent déjà toucher des aides aux travaux de l’Anah. Les propriétaires bailleurs peuvent aussi bénéficier de ces aides, tout comme les copropriétaires pour des copropriétés fragiles.

Ainsi, une personne seule considérée comme « modeste » vivant en Île-de-France ne devra pas dépasser un plafond de ressources annuelles de 24.443 euros pour être éligibles aux aides « Habiter Mieux », contre 18.598 euros dans les autres régions. Pour un foyer « modeste » comptant quatre personnes, les montants seront respectivement de 50.311 et 38.215 euros.

Une personne seule « très modeste » habitant en Île-de-France ne pourra dépasser un plafond de ressources annuelles de 20.097 euros, contre 14.508 euros dans les autres régions. Ces chiffres passent respectivement à 41.325 et 29.809 euros pour un foyer « très modeste » comptant quatre personnes.

L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ)

L'éco-PTZ, définition

Il est possible de recourir à l'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) pour l'installation d'une chaudière. Il s’agit d’un emprunt sans intérêts de remboursement distribué par les banques afin de financer certains travaux de rénovation et d'amélioration de la performance énergétique. D’un montant de 30.000 euros maximum, il est remboursable sur une durée maximum de quinze ans.

Contrairement à certaines aides à la rénovation, comme celles versées par l'Agence nationale de l'habitat (Anah), l'octroi de l'éco-PTZ n'est pas soumis à des conditions de revenus. En revanche, les travaux doivent impérativement être réalisés par des professionnels détenant une qualification RGE.

À noter : le projet de loi de finances (PLF) pour 2019, actuellement en discussion au Parlement, propose de prolonger l'existence du dispositif pour trois ans, soit jusqu’au 31 décembre 2021. Tous les logements de plus de deux ans seraient aussi éligibles à l’emprunt. Le prêt à taux zéro serait désormais utilisable pour changer sa seule chaudière, alors qu’auparavant il fallait entreprendre d’autres travaux de rénovation énergétique.

L’éco-PTZ pour quelles chaudières ?

Seules certaines catégories de chaudières sont éligibles à l’éco-prêt à taux zéro. Parmi ces équipements, citons :
- les chaudières à condensation
- les chaudières micro-génération à gaz
- les pompes à chaleur air-eau
- les pompes à chaleur géothermiques à capteur fluide frigorigène (eau glycolée/eau ou eau/eau)
- les chaudières à bois

Exemple : une famille change sa chaudière défaillante pour un appareil moins énergivore. Le montant des travaux s’élève à 11.000 euros (en-deçà donc du plafond du prêt à 20.000 euros), entièrement financé par l’éco-PTZ. Pour un emprunt souscrit sur une durée de dix ans, le remboursement de l’éco-PTZ correspond à des mensualités de 91,67 euros.

Comment demander l’éco-PTZ ?

La demande d’un éco-prêt à taux zéro s’effectue auprès d’un établissement bancaire qui est partenaire de l’État en ce qui concerne ce dispositif. Attention : elle doit être effectuée avant le début des travaux, faute de quoi ceux-ci ne seront pas finançables.

Après avoir fait établi des devis par des professionnels certifiés RGE, il faut demander aux artisans retenus de remplir le « Formulaire type - Devis ». Lorsque les travaux de changement de chaudière sont achevés, le prestataire doit remplir le « Formulaire type - Facturation ». Ce dernier document doit être remis à l’établissement prêteur, avec toutes les factures, au plus tard dans les 24 mois suivant la date de l’émission de l’offre de prêt.

L’éco-PTZ pour une chaudière est compatible avec beaucoup d’autres aides destinées à l’achat d’un tel équipement (crédit d’impôt, TVA réduite, aides de l’Anah, Prime énergie...).

La TVA à taux réduit

La TVA à 10% ou à 5% pour une chaudière neuve ?

Le dispositif de la TVA réduite permet d’acheter les matériaux destinés à la réalisation des travaux d’économies d’énergie avec des taux plus bas que la normale.

Concernant les chaudières, ce taux réduit peut être soit de 5,5% pour équipements éligibles au crédit d’impôt (chaudière à granulés, chaudières à condensation...), soit de 10% pour les appareils qui, bien que reconnus comme à haute performance énergétique, ne sont pas éligibles au crédit d’impôt.

Les travaux pouvant prétendre à un taux réduit de TVA sont ceux mentionnés au 1 de l'article 200 quater du Code général des impôts (CGI), à condition qu'ils respectent les critères de performances énergétique minimales détaillés à l'article 18 bis de l'annexe 4 du CGI. Il faut remplir plusieurs conditions pour pouvoir profiter des taux réduits de TVA pour l’installation d’une chaudière :
- le logement doit être achevé depuis deux ans (il peut être occupé à titre de résidence principale ou secondaire)
- le logement doit être affecté à l’habitation (un local à usage professionnel ne profite pas de la TVA)
- l’installation de la chaudière doit être réalisée par une entreprise (en cas d’achat de la chaudière seule, la TVA est de 20%).

IMPORTANT : pour bénéficier du taux de 5,5%, il n’est pas nécessaire d’être éligible au crédit d’impôt transition énergétique (CITE) mais les matériaux et équipements installés par les entreprises doivent respecter toutes les caractéristiques techniques et les critères de performances énergétiques retenus pour ce crédit d’impôt.

Quelle TVA pour quelles chaudières ?

Le taux de TVA à 10% s’applique pour l’installation d’une chaudière gaz ou fioul dont l’efficacité énergétique saisonnière (ETAS) est inférieure à respectivement 90% et 91%. Il s’agit principalement des chaudières gaz et fioul à basse température et de certaines chaudières fioul à condensation.

Pour bénéficier du taux de TVA à 5,5%, la nouvelle chaudière doit respecter des critères de performance énergétique. Pour les équipements gaz, l’ETAS doit être supérieure ou égale à 90%. Pour les chaudières fioul, l’efficacité énergétique saisonnière doit égaler ou dépasser 91%.

Les travaux induits liés à l’installation d’une chaudière sont également éligibles à un taux réduit de TVA. Citons, par exemple, les éventuels travaux de génie civil liés à la mise en place de l’équipement (socle, carottage, etc.) ou encore les éventuels travaux d’adaptation des systèmes d’évacuation des produits de la combustion.

Les aides locales

Certaines régions, départements, intercommunalités ou communes proposent des aides complémentaires aux aides nationales dans le cadre de la réalisation de travaux d’amélioration de la performance énergétique, à l’instar du changement de chaudière. Les subventions dépendent du type de travaux à effectuer et du lieu d’implantation du logement en question.

La liste des aides actualisée est consultable auprès des agences départementales d’information sur le logement (Adil) et sur le site internet de l’agence nationale d’information sur le logement (Anil).

À titre d’exemple, des collectivités locales exonèrent temporairement de taxe foncière les foyers qui réalisent des travaux d'économie d'énergie. L'exonération peut être totale ou partielle. Pour toute information sur les conditions, il suffit de se rendre directement auprès de sa mairie ou de sa préfecture.

Quelles aides pour quelles chaudières ? 

Les coups de pouce financiers mis en place pour le remplacement et l'installation d'une chaudière sont nombreux. Mais tous les équipements ne sont pas éligibles au crédit d'impôt, à la prime énergie ou au taux réduit de TVA.

Crédit d’impôt Prime énergie Anah Éco-PTZ TVA taux réduit Aides locales
Chaudière gaz à condensation Oui Oui Oui Oui Oui Oui
Chaudière à fioul basse température Non Non Oui Oui Oui Oui
Chaudières à micro-cogénération gaz Oui Oui Oui Oui Oui Oui
Chaudière à bûches Oui Oui Oui Oui Oui Oui
Chaudières à granulés Oui Oui Oui Oui Oui Oui
Chaudières automatiques à plaquettes Oui Oui Oui Oui Oui Oui
Chaudières automatiques à granulés Oui Oui Oui Oui Oui Oui