Jeunes actifs : comment placer ses premiers salaires ?


Prévoir son avenir et apprendre à gérer son argent préoccupent les jeunes actifs, même s'ils touchent un salaire modeste. Pour vous permettre d'investir à moyen et à long terme, les solutions de placements ne manquent pas. Encore faut-il les connaître et être en mesure de les évaluer.

Qui dit premiers salaires dit gestion pécuniaire à mettre en place. Rentrer dans la vie active et prendre son indépendance financière, c’est aussi apprendre à optimiser son budget. Entre épargne pour l’avenir, remboursement de prêts étudiants et dépenses courantes, une palette variée de placements s’offre aux jeunes actifs. Chacune de ces solutions financières répond à des échéances et objectifs particuliers.

Placer son argent issu du Livret jeune

A 25 ans, les jeunes actifs sont contraints de fermer leur Livret jeune, premier compte ouvert à l’adolescence afin de gérer les sommes souvent reçues pour les grandes occasions. Comment réinvestir ces fonds ? Les livrets, placements garantis mais peu rentables, constituent une bonne base pour placer une partie de ses premiers salaires. Ils garantissent la somme placée à l’origine, majorée de faibles intérêts. Les fonds sont disponibles à court terme, sans frais, et sont totalement exonérés d’impôts. Le cumul des livrets est possible et permet de combiner plusieurs objectifs de placements.

Le fonctionnement du Livret A, compte préféré des Français, se rapproche de celui du Livret jeune. Son taux de rémunération est légèrement inférieur, mais le plafond est bien supérieur, 22.950 euros hors intérêts contre 1.600 euros pour le Livret Jeune, réservé au moins de 25 ans. Si cette limite est atteinte, les économies peuvent être placées sur le Livret Développement Durable (LDD), compte réservé aux personnes remplissant une déclaration de revenus et plafonné à 12.000 euros. A eux deux, Livret A et LDD permettent de placer autotal 34.950 euros avec un rendement net d’imposition de 0,75% en 2016, taux qui devrait rester en vigueur jusqu’en juillet 2017.

Le Livret d’Epargne Populaire (LEP) peut également constituer une bonne alternative au Livret Jeune. Plafonné à 7.700 euros, ce compte est destiné au placement de revenus modestes et rémunéré à hauteur de 1,25% nets par an, selon le taux en vigueur fixé par le gouvernement. Ses conditions d’ouverture sont plus restrictives que les autres livrets : il faut être indépendant fiscalement et il ne faut pas dépasser certains niveaux de revenus, révisés chaque année.

Penser son projet à long terme avec le PEL ou l’assurance vie

Le Plan Epargne Logement (PEL) est un premier pas vers l’acquisition d’un bien immobilier. Produit d’épargne bancaire réglementé, il est rémunéré à seulement 1% brut depuis le 1er août 2016 et permet d’épargner jusqu’à 15 ans dans le but de souscrire un crédit immobilier d’un montant maximum de 92.000 euros à un taux préférentiel déterminé à l’avance (2,20%). Le plafond de versements sur le PEL, fixé à 61.200 euros, est largement plus élevé que celui du Livret A, afin de stimuler l’investissement immobilier.

Un jeune actif peut également souscrire un contrat d’assurance vie en organisant des versements mensuels ou trimestriels programmés. Supports sécuritaires mais de moins en moins rentables, les fonds euros des contrats d’assurance vie drainent une bonne partie de l’épargne des particuliers depuis nombre d’années. Avec un rendement moyen autour de 2,3% brut, ils peuvent permettre de valoriser un capital dans la perspective d’un premier achat immobilier. Il est également possible de se tourner vers les marchés financiers en investissant une partie des versements sur des unités de compte (part de Sicav et FCP) investies indirectement en actions, et/ou en obligations ou sur des supports immobiliers de type SCPI ou OPCI. En contrepartie de cette prise de risque accrue, la diversification permet d’optimiser la performance du contrat.

Le Perp, un bon plan pour préparer sa retraite au plus tôt ?

Jeune actif et déjà préoccupé par votre retraite ? Dès les premières heures de votre vie active, vous pouvez être tenté d’ouvrir un Plan Epargne Retraite Populaire (Perp).

En effet, ce produit peut être ouvert sans condition d’âge spécifique et garantit certains avantages fiscaux. Les sommes versées sur un Perp sont déductibles chaque année du revenu imposable dans la limite de 10% des revenus d’activité professionnelle et de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale de l’année précédente. Il permet d’obtenir à partir de l’âge de la retraite un complément de revenu régulier. Les fonds mis de côté sont reversés sous forme de rente viagère ou de capital, à hauteur de 20%. Cependant, pour Serge Maitre, secrétaire générale et juriste porte-parole pour l’Association Française des Usagers des Banques (Afub), ce placement n’est pas forcément la bonne solution quand on débute dans la vie active.

« L’utilité du Perp est plus pédagogique que financière. Ce placement permet de se projeter dans l’avenir au regard des revenus futurs, mais il ne présente que très peu d’intérêt à court terme pour les jeunes actifs » explique-t-il. En effet, les avantages fiscaux ne sont vraiment intéressants que pour des revenus conséquents, et donc a priori plus élevés que les premiers salaires. Sauf si, d’emblée, votre premier boulot vous procure une paye qui vous fait entrer directement dans une tranche d’imposition à 30%, 41% ou 45%.

« Le Perp permet aux institutions de prévoyance et aux compagnies d’assurance de capter de l’épargne longue afin de l’investir dans les entreprises. Les établissements financiers ont intérêt à vendre ce type de produit » explique le juriste. Or, le principal inconvénient du Perp est l’absence quasi-totale de disponibilité des fonds. L’épargne versée sur un Perp est bloquée jusqu’à l’âge de la retraite, sauf cas de force majeure comme l’invalidité ou l’expiration des droits aux allocations chômage.

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