Livret A, assurance vie : quel est le meilleur placement à ouvrir à la naissance d’un bébé ?

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Ouvrir un Livret A, un PEL ou souscrire une assurance vie à un bébé... Tel est le choix de placements financiers qui se présente aux parents désireux d'offrir une somme d'argent à leur enfant à sa naissance. Pour que l'investissement lui rapporte, il va falloir renoncer aux produits d'épargne à capital garanti.

Les placements à envisager à la naissance de bébé
 

SOMMAIRE

- Livret A : plafond et taux, des inconvénients rédhibitoires

- PEL : à éviter au nouveau taux d'intérêt de 2016

- Assurance vie : diversification et expérience exigées !

- LDD, LEP, Livret Jeune : ouvrir un compte à un bébé est impossible

Livret A : plafond et taux, des inconvénients rédhibitoires

A première vue, le Livret A a tout du placement idéal : il est proposé par toutes les banques, son fonctionnement est sans frais, sa fiscalité est imbattable (les intérêts sont non imposables, y compris aux prélèvements sociaux) et l'argent est disponible à tout moment. Deux inconvénients cependant : un plafond de versements de 22.950 euros et un taux de rémunération de 0,75%, à son plus bas depuis sa création en 1818. Un taux qui devrait rester à ce niveau au moins jusqu'au 31 juillet 2017, en attendant l'application d'une nouvelle formule de calcul. Ne faisons pas durer le suspense davantage, ces défauts sont rédhibitoires.

Ouvrir un Livret A à un nouveau-né est un non-sens, pour la bonne et simple raison que son horizon de placement est d'au moins 18 ans (sachant qu'il est possible de faire des retraits à 16 ans sauf opposition des parents). En effet, l'enfant ne pourra avoir accès à son épargne qu'une fois sa majorité atteinte. Sur une durée si longue, la faculté de pouvoir retirer son argent en permanence est strictement inutile. D'autant plus que cette liquidité absolue a pour contrepartie un taux d'intérêt extrêmement faible, même s'il est supérieur ou au moins égal à la hausse du coût de la vie. Il y a donc mieux à faire.

PEL : à éviter au nouveau taux d'intérêt de 2016

Le PEL (plan d'épargne logement) fait également partie des produits d'épargne couramment ouverts et abondés par papa et maman à la naissance de bébé. C'est un placement à moyen terme, dont l'épargne est bloquée pendant au moins 4 ans, et dont la durée maximum est fixée à 15 ans pour tout plan ouvert depuis le 1er mars 2011. Il repose sur un mécanisme d'épargne obligatoire : le titulaire, ou plutôt ses représentants légaux quand il s'agit des parents qui ont ouvert un compte au nom de leur enfant, sont tenus de verser au moins 540 euros par an, ou 270 euros tous les 6 mois, ou 135 euros par trimestre, soit 45 euros par mois. Des contraintes qui permettent au PEL d'être un peu mieux rémunéré que le Livret A.

Mais cet avantage s'est réduit comme peau de chagrin. Au terme de plusieurs révisions en baisse décidées par le gouvernement de Manuel Valls et son ministre des Finances Michel Sapin, son taux a été ramené à 1% brut pour toute ouverture effectuée à partir du 1er août 2016. Soit 0,85% net, après déduction des prélèvements sociaux (15,5%) retenus à la source par l'établissement bancaire teneur de compte. Le raisonnement est le même que pour le Livret A : ouvrir un PEL en 2016 dans ces conditions est une aberration !  > Lire l'article PEL 2016 : des taux différents selon la date d’ouverture

Ce niveau de rendement ne permet pas de constituer ni de rémunérer un capital dans de bonnes conditions à moyen-long terme. Il est donc nécessaire de chercher une autre alternative.

Assurance vie : diversification et expérience exigées !

Cette troisième voie se nomme l'assurance vie. Mais pas n'importe laquelle. Comme le Livret A et le PEL, le fonds euros (à capital garanti) des contrats d'assurance vie est lui aussi voué à voir son taux de rendement baisser, à un rythme accéléré dans les années 2017-2020. Les plus pessimistes annoncent même un taux voisin de zéro dans un avenir proche ! Avec une durée de détention d'au moins 18 ans, on a le temps devant soi. Un horizon à long terme qui permet d'envisager une prise de risques sur des placements non garantis pour chercher des niveaux de rémunération plus intéressants. Cela passe par la constitution d'un portefeuille diversifié comportant actions, obligations, immobilier, voire private equity (investissements dans les sociétés non cotées, possible depuis peu dans certains contrats d'assurance vie), de tous secteurs d'activité et sur plusieurs zones géographiques. En agissant ainsi, une espérance de rendement annualisé de 4 à 7% est envisageable sur une très longue période.

A moins de disposer de temps à y consacrer et de solides connaissances financières, cette gestion peut être confiée à un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) ou être réalisée au travers d'une assurance vie en ligne. La plupart des contrats vendus sur Internet permettent de déléguer ses placements financiers à des professionnels via une formule d'accompagnement appelée mandat de gestion ou gestion sous mandat. La version la plus moderne de ces modes de gestion, appelée robo-advisor, vise à conférer un surcroît de performance grâce à l'exploitation des outils numériques et de fonds présentant des frais de gestion réduits, appelés trackers.

Assurance vie : les contrats des banques moins performants

Attention ! La plupart des contrats d'assurance vie standard proposés par les banques ne permettent pas de bénéficier d'une gestion élaborée de ce type, ni d'un accompagnement aussi fin. Et ils supportent de surcroît des frais sur versements, qui rognent les sommes d'argent pouvant fructifier, et donc leur potentiel de performance.

LDD, LEP, Livret Jeune : ouvrir un compte à un bébé est impossible

Si le Livret A est un produit d'épargne privilégié par les jeunes parents pour leur nourrisson, c'est pour une bonne raison : ils n'ont guère le choix ! L'ouverture d'un LEP (livret d'épargne populaire) à des enfants mineurs n'est pas autorisée (la banque exige un avis d'imposition en guise de justificatif). Il en va de même pour le livret de développement durable (LDD), réservé aux personnes majeures.

Enfin, le Livret Jeune peut être ouvert avant la majorité, mais seulement à partir de 12 ans. Restent les placements bancaires de type livrets d'épargne imposables. Mais cette fiscalité, conjuguée à des taux de rémunération modiques de l'ordre de 0,50% brut en moyenne, en font un placement inintéressant sur 18 ans.

 

 

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