Livret A, compte épargne, assurance vie : quel est le meilleur placement à ouvrir à la naissance ?

Par Olivier Brunet
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Ouvrir un Livret A, un compte épargne rémunéré, un PEL ou une assurance vie à un bébé… Tel est le choix de placements financiers qui se présente aux parents désireux d’offrir une somme d’argent à leur enfant à sa naissance, sachant que les versements sur le PER d’un enfant mineur sont désormais interdits. Pour que l’investissement lui rapporte dans la durée, il va falloir renoncer aux produits d’épargne à capital garanti.  

Les placements à envisager à la naissance de bébé

Quel compte épargne ouvrir pour son bébé né en 2024 ?

Liste et comparatif des comptes épargne et placements que l’on peut ouvrir pour un nouveau-né, dès sa naissance ou quelques mois plus tard :

Compte / placementTaux de rendementFraisConditions
Sources : compilation TSMF
Livret A / Bleu3% depuis le 01/02/2023AucunPlafond de 22.950 €
Compte épargne bancaireVariable, de 0,20 à 3% brut (hors taux promo)AucunIntérêts imposables, plafond variable selon la banque
CEL2% depuis le 01/02/2023AucunPlafond de 15.300 €, intérêts soumis au prélèvements sociaux
PEL2,25% brut pour un PEL ouvert en 2024AucunPlafond de 61.200 €, intérêts imposables
Assurance vieVariable selon l'assureur, le contrat et sa compositionVariablesPossibilité d'encadrer la disponibilité des fonds via un pacte adjoint

Ouverture d’un compte épargne à la naissance pour profiter d’une offre

Prime à la naissance pour l’ouverture d’un livret dans une banque

Ouvrir un compte bancaire rémunéré pour bébé est subventionné par les banques, qui y voient un bon moyen de fidéliser la famille tout en conquérant un nouveau client pour, peut-être, des dizaines d’années.

Liste des offres en cas d’ouverture d’un livret d’épargne pour la naissance d’un enfant auprès d’une banque (liste non exhaustive) :

  • AXA Banque : 40 euros offerts pour l’ouverture d’un Livret A (si l’un des parents est client AXA) jusqu’au 31 janvier 2024
  • Crédit Mutuel : 20 euros offerts pour l’ouverture d’un livret Bleu (Livret A)
  • Crédit Mutuel du Sud-Ouest (CMSO) : 20 euros offerts pour l’ouverture d’un livret CMSO (Livret A) dans l’année qui suit sa naissance
  • Crédit Mutuel de Bretagne : 20 euros offerts pour l’ouverture d’un livret CMB (ex-Livret Bleu), valable jusqu’à l’âge d’un an
  • BNP Paribas : 80 euros offerts pour l’ouverture d’un Livret A (souscription en ligne uniquement, jusqu’au 31 mars 2024)
  • BRED Banque Populaire : 15 euros offerts pour l’ouverture d’un Livret A avec un versement permanent de 10 euros par mois minimum
  • LCL : 20 euros offerts à l’ouverture d’un livret avec mise en place d’un versement mensuel récurrent minimum de 15 euros ou à l’ouverture d’un PEL
  • D’après nos relevés, il n’y a pas d’offre en cours à La Banque Postale début 2024.

Ouvrir un compte sur livret pour un bébé, attention

L’ouverture d’un compte épargne à la naissance d’un enfant est un acte symbolique pratiqué par des dizaines de milliers de familles chaque année. L’objectif ? Préparer par anticipation le financement du permis de conduire, de l’achat de la première voiture d’occasion, des études, de la première installation seul ou en couple, bref, l’aider à disposer d’un patrimoine pour débuter plus facilement sa vie d’adulte…

Attention cependant, dans la durée, les placements bancaires proposés ne sont pas les plus rémunérateurs et ne protègent absolument pas de la forte inflation actuelle (prévision de 5,8% pour 2023, source Banque de France, septembre 2023). Par exemple, le livret A ne rapporte que :

  • 3% depuis le 1er février 2023
  • 2% net du 1er août 2022 au 31 janvier 2023 (voir ci-dessous).

De plus, certains comptes sur livret proposés par les banques sont imposables, tout en rapportant moins que le Livret A. Puisqu’il s’agit d’un placement à long terme, il y a peut-être mieux à faire (voir ci-dessous).

Comment ouvrir un compte épargne pour un nouveau-né ?

Pour ouvrir un compte épargne au nom du nouveau-né, on peut se rendre en agence bancaire pour faire une demande d’ouverture de compte à son profil, en tant que représentant légal (généralement les parents).

Cette démarche peut/doit être effectuée :

  • par un seul des parents lorsqu’il s’agit d’un premier compte ou livret ouvert au nom de l’enfant
  • avec l’accord des deux parents lorsqu’il s’agit d’un deuxième compte ou livret ouvert au nom de l’enfant

Les documents suivants sont nécessaires pour ouvrir un compte ou livret d’épargne pour un bébé :

  • carte d’identité du ou des parents
  • livret de famille

Peut-on ouvrir un livret d’épargne pour son petit-fils ou sa petite-fille ?

L’ouverture d’un Livret A ou d’un compte sur livret bancaire imposable à un petit-enfant n’est en principe pas possible puisque cet acte est normalement dévolu aux représentants légaux du mineur, qui sont généralement les deux parents.

Ouvrir un compte épargne pour son petit-fils ou sa petite-fille par un grand-parent n’est possible que lorsque ce dernier a été désigné représentant légal de l’enfant mineur jusqu’à sa majorité, en cas de décès prématuré des parents.

Il est en revanche possible d’alimenter le compte épargne de son petit-enfant par virement, une fois que celui-ci a été ouvert par le ou les parents.

Livret A : plafond et taux, des inconvénients

A première vue, le Livret A a tout du placement idéal : il est proposé par toutes les banques, son fonctionnement est sans frais, sa fiscalité est imbattable (les intérêts sont non imposables, y compris aux prélèvements sociaux) et l’argent est disponible à tout moment. Principal inconvénient cependant : un plafond de versements limité à 22.950 euros.

Il y a peu, ouvrir un Livret A à un nouveau-né était un non-sens. Cependant, à court terme, le relèvement du taux Livret A à 3% depuis le 1er février 2023 change en partie la donne, puisqu’aucun placement ne peut garantir une telle rémunération sur un horizon court (en dehors du LEP) sans limitation de temps. On peut, dans ces conditions, faire du Livret A un support d’attente avant d’effectuer des placements plus rentables, correctement rémunéré, à défaut de compenser les effets de l’inflation, qui se situe actuellement autour de 4%, pour un taux du Livret A fixé à 3% du 1er février 2023 au 31 janvier 2025.

En prenant du recul, on s’aperçoit que le Livret A, un placement de court terme, n’est pas fait pour épargner à long terme, pour la bonne et simple raison que l’horizon de placement de bébé est d’au moins 18 ans (sachant qu’il est possible de faire des retraits à 16 ou 17 ans, sauf opposition des parents), un nombre d’années qui permet à la diversification des placements de créer de la valeur financière.

En effet, l’enfant ne pourra avoir accès à son épargne qu’une fois sa majorité atteinte. Sur une durée si longue, la faculté de pouvoir retirer son argent en permanence est strictement inutile. Il y a donc probablement mieux à faire pour faire fructifier l’épargne de bébé.

Livrets bancaires pour une première épargne

Ouvrir un compte d’épargne rémunéré dans une banque, autre qu’un livret A, est-il intéressant ? Les taux d’intérêt proposés sont souvent  meilleurs que ceux des comptes sur livret (CSL) bancaires proposés aux adultes, qui rapportent un peu plus de 0,80% brut par an en moyenne.

Mais attention, les taux indiqués sont des taux bruts : les placements bancaires de type comptes sur livret (CSL) bancaires, sont livrets d’épargne imposables, au contraire du Livret A dont le taux est net d’impôt. Par défaut, les intérêts sont soumis :

  • au prélèvement forfaitaire unique au taux de 12,8%
  • aux prélèvements sociaux au taux de 17,2%

Par exemple, le Livret Bambino proposé par la Bred Banque Populaire rapporte 3% brut depuis février 2023. Net de flat tax, son taux net tombe à 2,10% (3% x 0,70).

Dernière limite, les livrets bancaires imposables pour enfants sont la plupart du temps plafonnés à des niveaux peu élevés, généralement à 1.600 euros de dépôts selon nos constatations.

Cette limite, conjuguée à des taux de rémunération modérés et à la fiscalité applicable, en font un placement plutôt inintéressant sur 18 ans.

PEL : à éviter au taux d’intérêt de 2024

Le PEL (plan d’épargne logement) fait également partie des produits d’épargne couramment ouverts et abondés par papa et maman à la naissance de bébé. C’est un placement à moyen terme, dont l’épargne est bloquée pendant au moins 4 ans, et dont la durée maximum est fixée à 15 ans pour tout plan ouvert depuis le 1er mars 2011. Il repose sur un mécanisme d’épargne obligatoire : le titulaire, ou plutôt ses représentants légaux quand il s’agit des parents qui ont ouvert un compte au nom de leur enfant, sont tenus de verser au moins :

  • 540 euros par an
  • ou 270 euros tous les 6 mois
  • ou 135 euros par trimestre
  • soit 45 euros par mois.

De plus, au-delà de 10 ans, on ne peut plus faire de nouveaux versements.

Ces contraintes permettaient au PEL d’être un peu mieux rémunéré que le Livret A par le passé, mais plus maintenant.

Malgré la remontée du taux de rémunération à 2,25% brut au 1er janvier 2024, pour les nouveaux plans ouverts depuis cette date, le PEL reste peu intéressant : il rapporte en effet moins que le Livret A en cas d’ouverture cette année, alors que la disponibilité des fonds est moindre !

Le taux net d’un PEL ouvert en 2024 atteint 1,58%, après déduction du prélèvement forfaitaire unique (PFU ou flat tax) et des prélèvements sociaux (17,2%) retenus à la source par l’établissement bancaire teneur de compte. Le raisonnement est le même que pour le Livret A : ouvrir un PEL en 2024 dans ces conditions est une aberration !  > Lire l’article PEL 2024 : des taux différents selon la date d’ouverture

Ce niveau de rendement ne permet pas de constituer ni de rémunérer un capital dans de bonnes conditions à moyen-long terme. Il est donc nécessaire de chercher une autre alternative.

Assurance vie : diversification et expérience exigées !

Cette troisième voie se nomme l’assurance vie. Mais pas n’importe laquelle. Le fonds euros (à capital garanti) des contrats d’assurance vie, en raison du contexte de taux bas des dernières années, rapporte actuellement moins que le Livret A. Avec une durée de détention d’au moins 18 ans, on a le temps devant soi : cet horizon à long terme permet d’envisager une prise de risques sur des placements non garantis pour chercher des niveaux de rémunération plus intéressants. Cela passe par la constitution d’un portefeuille diversifié comportant actions, obligations, immobilier, voire private equity (investissements dans les sociétés non cotées, possible depuis peu dans certains contrats d’assurance vie), de tous secteurs d’activité et sur plusieurs zones géographiques. En agissant ainsi, une espérance de rendement annualisé de 3 à 7% est envisageable sur une très longue période.

A moins de disposer de temps à y consacrer et de solides connaissances financières, cette gestion peut être confiée à un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) ou être réalisée au travers d’une assurance vie en ligne. La plupart des contrats vendus sur Internet permettent de déléguer ses placements financiers à des professionnels via une formule d’accompagnement appelée mandat de gestion ou gestion sous mandat. La version la plus moderne de ces modes de gestion, appelée robo-advisor, vise à conférer un surcroît de performance grâce à l’exploitation des outils numériques et de fonds présentant des frais de gestion réduits, appelés trackers.

Assurance vie : les contrats des banques moins performants

Attention ! La plupart des contrats d’assurance vie standard proposés par les banques ne permettent pas de bénéficier d’une gestion élaborée de ce type, ni d’un accompagnement aussi fin. Et ils supportent de surcroît des frais sur versements, qui rognent les sommes d’argent pouvant fructifier, et donc leur potentiel de performance.

PER pour un enfant mineur : interdiction des versements

Souscrire un plan épargne retraite individuel (PERin) au nom d’un enfant mineur était, jusqu’à fin 2023, possible chez certains assureurs (mais pas tous). L’ouverture et l’alimentation d’un PERin pour le compte d’un enfant mineur sont désormais interdits, depuis le le 1er janvier 2024, une mesure prise par le gouvernement dans la loi de finances pour 2024 (article 3).

Cette action présentait plusieurs avantages, sachant que ce n’était pas la vocation première du PER, dont l’objectif est en principe de se constituer un capital pour la retraite.

Ouvrir un PER à la naissance d’un enfant par ses parents permettait :

  • d’accéder à des placements diversifiés et potentiellement plus rémunérateurs qu’un livret dans la durée
  • de bloquer l’épargne, donc d’éviter son utilisation pour des futilités dès ses 18 ans
  • de constituer un apport personnel en vue de la future acquisition de sa résidence principale
  • de générer une déduction fiscale pour les parents, les versements étant déductibles du revenu imposable du foyer

L’idée pouvait ensuite consister à procéder au déblocage anticipé du capital ainsi constitué pour achat de la résidence principale.

En cas d’option pour les versements déductibles (à indiquer à l’assureur au moment du versement et à confirmer dans la déclaration de revenus), les cotisations en question impactaient le plafond d’épargne retraite (aussi appelé disponible fiscal) de l’enfant mineur mais pas celui de ses parents.

La limite de versements déductibles sur un PER pour un enfant mineur rattaché au foyer fiscal de ses parents était au maximum égal à 16.129 euros en 2022 et 16.269 euros en 2023, se décomposant de la façon suivante :

En effet, la plafond d’épargne retraite individuel d’un enfant mineur est égal à :

  • 10% du Pass n-1
  • augmenté du report des plafonds d’épargne retraite non utilisés des trois années précédentes

À noter : avant même l’annonce de l’interdiction envisagée des versements sur le PER d’un enfant mineur, certains professionnels de la gestion de patrimoine considéraient que cette pratique n’était pas dénuée de risques (notamment de remise en cause par l’administration fiscale), puisque ce n’est pas la vocation du PER. Dans le formulaire 2041 GX, le fisc fait savoir que « d’une manière générale, le plafond de déduction est propre à chaque membre du foyer fiscal et ne peut donc être utilisé que par l’intéressé pour la déduction de ses propres cotisations d’épargne retraite ».

LDDS, LEP, Livret Jeune, PEA : ouvrir un compte à un bébé est impossible

Si le Livret A est un produit d’épargne privilégié par les jeunes parents pour leur nourrisson, c’est pour une bonne raison : ils n’ont guère le choix ! L’ouverture d’un LEP (livret d’épargne populaire) à des enfants mineurs n’est pas autorisée (la banque exige un avis d’imposition en guise de justificatif). Il en va de même pour le livret de développement durable et solidaire (LDDS), réservé aux personnes majeures.

Le Livret Jeune peut être ouvert avant la majorité, mais seulement à partir de 12 ans.

Le PEA (plan d’épargne en actions), permettant d’accéder à des placements dynamiques investis en Bourse, ne peut être ouvert qu’à la majorité. Lorsqu’on est encore rattaché au foyer fiscal de ses parents, on peut ouvrir un PEA jeune, dont le plafond de 20.000 euros est inférieur à celui d’un PEA classique. Mais cette possibilité est réservée aux 18-25 ans.

Épargner pour mon bébé : quel montant maximum ?

Grands-parents, oncles et tantes, papa et maman, quelle somme d’argent peut-on librement donner à bébé après sa naissance ? Pour ne pas être soumis au régime juridique et fiscal de la donation ni du don manuel, il faut donner à son enfant, son petit-enfant, sa nièce ou son neveu une somme proportionnée à ses revenus ou à son patrimoine, sans excès. C’est ce que l’on appelle le présent d’usage. Une somme de 5.000 euros ne pèse pas la même chose d’un foyer à l’autre…

Aucune limite n’étant fixée par la loi ni par l’administration fiscale, il faut se référer à la jurisprudence pour savoir approximativement combien donner sans tomber dans le champ d’un don manuel ou d’une donation taxable. Ainsi, les juges estiment qu’une somme inférieure à 2,5% des revenus annuels de la personne qui donne ne pose aucun problème. Il faut se montrer raisonnable : le fait donner de l’argent à bébé pour fêter sa naissance ne doit pas conduire à appauvrir le membre de la famille qui le gratifie.

En résumé, l’avis de l’expert

L’avis final des experts MonPartenairePatrimoine donne l’assurance vie gagnante : c’est le meilleur placement à ouvrir à la naissance d’un enfant.

Pour l’enfant :  elle permettra d’anticiper ses besoins futurs : études, achat immobilier, 1ère voiture… tout en faisant fructifier l’argent investi.

Pour les parents : c’est la possibilité de protéger l’argent placé grâce à un encadrement juridique adapté (clause d’inaliénabilité, pacte adjoint, etc.).

La solution de la gestion sous mandat dispense en outre de se préoccuper de la gestion financière du contrat, si vous souhaitez déléguer celle-ci.

Le conseil en plus : pour éviter un rattrapage fiscal sur le capital versé, nous préconisons d’ouvrir un compte bancaire au nouveau-né pour y faire transiter les fonds. Pour des questions de conformité, certains assureurs n’acceptent pas les versements effectués depuis le compte des parents même s’il est mineur. Attention également aux montants qui sont versés pour ne pas rentrer dans le régime fiscal de la donation. Nous vous invitons à privilégier plutôt les petits montants réguliers.

Pour vous faire accompagner sur le contrat d’assurance vie le plus adéquat, le capital à verser ou encore les clauses à ajouter :

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