Livret A, compte épargne, assurance vie, PER : quel est le meilleur placement à ouvrir à la naissance ?


Ouvrir un Livret A, un compte épargne rémunéré, un PEL ou souscrire un PER ou une assurance vie à un bébé... Tel est le choix de placements financiers qui se présente aux parents désireux d'offrir une somme d'argent à leur enfant à sa naissance. Pour que l'investissement lui rapporte, il va falloir renoncer aux produits d'épargne à capital garanti.  

Les placements à envisager à la naissance de bébé

Ouverture d’un compte épargne à la naissance pour profiter d’une offre

L’ouverture d’un compte épargne à la naissance d’un enfant est un acte symbolique pratiqué par des dizaines de milliers de familles chaque année. L’objectif ? Préparer par anticipation le financement du permis de conduire, de l’achat de la première voiture d’occasion, des études, de la première installation seul ou en couple…

Ouvrir un compte bancaire rémunéré pour bébé est subventionné par les banques, qui y voient un bon moyen de fidéliser la famille tout en conquérant un nouveau client pour, peut-être des dizaines d’années.

Exemples d’offres en cas d’ouverture d’un livret d’épargne pour la naissance d’un enfant auprès d’une banque :

  • Crédit Mutuel : 20 euros offerts pour l’ouverture d’un livret d’épargne
  • Crédit Mutuel de Bretagne : 20 euros offerts pour l’ouverture d’un livret CMB (ex-Livret Bleu), valable jusqu’à l’âge d’un an
  • BNP Paribas : 30 euros offerts pour l’ouverture d’un Livret A Baby (jusqu’au 29 octobre 2020)
  • Caisse d’épargne : 20 euros offerts pour l’ouverture d’un Livret A (offre Naissance « spécial tout-petits »)
  • La Banque Postale : 30 euros offerts pour l’ouverture d’un Livret A

Attention cependant, dans la durée, les placements bancaires proposés ne sont pas les plus rémunérateurs : le livret A ne rapporte que 0,50% net (voir ci-dessous).

Livret A : plafond et taux, des inconvénients rédhibitoires

A première vue, le Livret A a tout du placement idéal : il est proposé par toutes les banques, son fonctionnement est sans frais, sa fiscalité est imbattable (les intérêts sont non imposables, y compris aux prélèvements sociaux) et l’argent est disponible à tout moment. Deux inconvénients cependant : un plafond de versements de 22.950 euros et un taux de rémunération de 0,50%, à son plus bas depuis sa création en 1818. Un taux en vigueur depuis le 1er février 2020, en application de la nouvelle formule de calcul. Ne faisons pas durer le suspense davantage, ces défauts sont rédhibitoires.

Ouvrir un Livret A à un nouveau-né est un non-sens, pour la bonne et simple raison que son horizon de placement est d’au moins 18 ans (sachant qu’il est possible de faire des retraits à 16 ans sauf opposition des parents). En effet, l’enfant ne pourra avoir accès à son épargne qu’une fois sa majorité atteinte. Sur une durée si longue, la faculté de pouvoir retirer son argent en permanence est strictement inutile. D’autant plus que cette liquidité absolue a pour contrepartie un taux d’intérêt extrêmement faible, qui ne couvre pas toujours la hausse du coût de la vie. Il y a donc mieux à faire pour faire fructifier l’épargne de bébé.

Livrets bancaires pour une première épargne

Ouvrir un compte d’épargne rémunéré dans une banque, autre qu’un livret A, est-il intéressant ? En apparence, les taux d’intérêt proposés sont souvent supérieurs à celui du livret A et meilleurs que ceux des comptes sur livret (CSL) bancaires proposés aux adultes, qui rapportent 0,15% brut par an en moyenne.

Mais attention, les taux indiqués sont des taux bruts : les placements bancaires de type comptes sur livret (CSL) bancaires, sont livrets d’épargne imposables, au contraire du Livret A dont le taux est net d’impôt. Par défaut, les intérêts sont soumis :

  • au prélèvement forfaitaire unique au taux de 12,8%
  • aux prélèvements sociaux au taux de 17,2%

Par exemple, le Livret Bambino proposé par la Bred Banque Populaire rapporte 1,50% brut. Net de flat tax, son taux net tombe à 1,05% (1,5% x 0,70).

Dernière limite, les livrets bancaires imposables pour enfants sont la plupart du temps plafonnés à des niveaux peu élevés, généralement à 1.600 euros de dépôts selon nos constatations.

Cette limite, conjuguée à des taux de rémunération modérés et à la fiscalité applicable, en font un placement plutôt inintéressant sur 18 ans.

PEL : à éviter au taux d’intérêt de 2020

Le PEL (plan d’épargne logement) fait également partie des produits d’épargne couramment ouverts et abondés par papa et maman à la naissance de bébé. C’est un placement à moyen terme, dont l’épargne est bloquée pendant au moins 4 ans, et dont la durée maximum est fixée à 15 ans pour tout plan ouvert depuis le 1er mars 2011. Il repose sur un mécanisme d’épargne obligatoire : le titulaire, ou plutôt ses représentants légaux quand il s’agit des parents qui ont ouvert un compte au nom de leur enfant, sont tenus de verser au moins :

  • 540 euros par an
  • ou 270 euros tous les 6 mois
  • ou 135 euros par trimestre
  • soit 45 euros par mois.

Des contraintes qui permettent au PEL d’être un peu mieux rémunéré que le Livret A.

Mais cet avantage s’est réduit comme peau de chagrin. Au terme de plusieurs révisions en baisse décidées par les anciens gouvernements de Manuel Valls et son ministre des Finances Michel Sapin, son taux a été ramené à 1% brut pour toute ouverture effectuée depuis le 1er août 2016. Soit 0,70% net, après déduction du prélèvement forfaitaire unique (PFU ou flat tax) et des prélèvements sociaux (17,2%) retenus à la source par l’établissement bancaire teneur de compte. Le raisonnement est le même que pour le Livret A : ouvrir un PEL en 2020 dans ces conditions est une aberration !  > Lire l’article PEL 2020 : des taux différents selon la date d’ouverture

Ce niveau de rendement ne permet pas de constituer ni de rémunérer un capital dans de bonnes conditions à moyen-long terme. Il est donc nécessaire de chercher une autre alternative.

Assurance vie : diversification et expérience exigées !

Cette troisième voie se nomme l’assurance vie. Mais pas n’importe laquelle. Comme le Livret A et le PEL, le fonds euros (à capital garanti) des contrats d’assurance vie est lui aussi voué à voir son taux de rendement baisser, à un rythme accéléré dans les années à venir. Les plus pessimistes annoncent même un taux voisin de zéro dans un avenir proche ! Avec une durée de détention d’au moins 18 ans, on a le temps devant soi. Un horizon à long terme qui permet d’envisager une prise de risques sur des placements non garantis pour chercher des niveaux de rémunération plus intéressants. Cela passe par la constitution d’un portefeuille diversifié comportant actions, obligations, immobilier, voire private equity (investissements dans les sociétés non cotées, possible depuis peu dans certains contrats d’assurance vie), de tous secteurs d’activité et sur plusieurs zones géographiques. En agissant ainsi, une espérance de rendement annualisé de 3 à 7% est envisageable sur une très longue période.

A moins de disposer de temps à y consacrer et de solides connaissances financières, cette gestion peut être confiée à un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) ou être réalisée au travers d’une assurance vie en ligne. La plupart des contrats vendus sur Internet permettent de déléguer ses placements financiers à des professionnels via une formule d’accompagnement appelée mandat de gestion ou gestion sous mandat. La version la plus moderne de ces modes de gestion, appelée robo-advisor, vise à conférer un surcroît de performance grâce à l’exploitation des outils numériques et de fonds présentant des frais de gestion réduits, appelés trackers.

Assurance vie : les contrats des banques moins performants

Attention ! La plupart des contrats d’assurance vie standard proposés par les banques ne permettent pas de bénéficier d’une gestion élaborée de ce type, ni d’un accompagnement aussi fin. Et ils supportent de surcroît des frais sur versements, qui rognent les sommes d’argent pouvant fructifier, et donc leur potentiel de performance.

PER pour un enfant mineur et déduction fiscale pour les parents

Souscrire un plan épargne retraite individuel (PERin) au nom d’un enfant mineur est possible. Cette action présente même plusieurs avantages, même si ce n’est pas la vocation première du PER, dont l’objectif est en principe de se constituer un capital pour la retraite.

Ouvrir un PER à la naissance d’un enfant par ses parents permet :

  • d’accéder à des placements diversifiés et potentiellement plus rémunérateurs qu’un livret dans la durée
  • de bloquer l’épargne ce qui permet d’éviter son utilisation pour des futilités dès ses 18 ans
  • de constituer un apport personnel en vue de la future acquisition de sa résidence principale
  • de générer une déduction fiscale pour les parents, les versements étant déductibles du revenu imposable du foyer

Le capital constitué pourra ainsi faire l’objet d’un déblocage anticipé pour achat de la résidence principale.

En cas d’option pour les versements déductibles (à indiquer à l’assureur au moment du versement et à confirmer dans la déclaration de revenus), les cotisations en question impactent le plafond d’épargne retraite (aussi appelé disponible fiscal) de l’enfant mineur mais pas celui de ses parents.

La limite de versements déductibles sur un PER pour un enfant mineur rattaché au foyer fiscal de ses parents est au maximum égal à 15.808 euros en 2020, se décomposant de la façon suivante :

  • 4.052 euros en 2020 (10% du plafond annuel de la sécurité sociale 2019 ou Pass 2019)
  • 3.973 euros en 2019 (10% du Pass 2018)
  • 3.922 euros en 2018 (10% du Pass 2017)
  • 3.861 euros en 2017 (10% du Pass 2016)

En effet, la plafond d’épargne retraite individuel d’un enfant mineur est égal à :

  • 10% du Pass n-1
  • augmenté du report des plafonds d’épargne retraite non utilisés des trois années précédentes

LDD, LEP, Livret Jeune, PEA : ouvrir un compte à un bébé est impossible

Si le Livret A est un produit d’épargne privilégié par les jeunes parents pour leur nourrisson, c’est pour une bonne raison : ils n’ont guère le choix ! L’ouverture d’un LEP (livret d’épargne populaire) à des enfants mineurs n’est pas autorisée (la banque exige un avis d’imposition en guise de justificatif). Il en va de même pour le livret de développement durable (LDD), réservé aux personnes majeures.

Le Livret Jeune peut être ouvert avant la majorité, mais seulement à partir de 12 ans.

Le PEA (plan d’épargne en actions), permettant d’accéder à des placements dynamiques investis en Bourse, ne peut être ouvert qu’à la majorité. Lorsqu’on est encore rattaché au foyer fiscal de ses parents, on peut ouvrir un PEA jeune, dont le plafond de 20.000 euros est inférieur à celui d’un PEA classique. Mais cette possibilité est réservée aux 18-25 ans.

Épargner pour mon bébé : quel montant maximum ?

Grands-parents, oncles et tantes, papa et maman, quelle somme d’argent peut-on librement donner à bébé après sa naissance ? Pour ne pas être soumis au régime juridique et fiscal de la donation ni du don manuel, il faut donner à son enfant, son petit-enfant, sa nièce ou son neveu une somme proportionnée à ses revenus ou à son patrimoine, sans excès. C’est ce que l’on appelle le présent d’usage. Une somme de 5.000 euros ne pèse pas la même chose d’un foyer à l’autre…

Aucune limite n’étant fixée par la loi ni par l’administration fiscale, il faut se référer à la jurisprudence pour savoir approximativement combien donner sans tomber dans le champ d’un don manuel ou d’une donation taxable. Ainsi, les juges estiment qu’une somme inférieure à 2,5% des revenus annuels de la personne qui donne ne pose aucun problème. Il faut se montrer raisonnable : le fait donner de l’argent à bébé pour fêter sa naissance ne doit pas conduire à appauvrir le membre de la famille qui le gratifie.