Alternatives au livret A et au LDDS : où placer son argent pour épargner sans risque en 2020 ?


Epargner sans prendre de risques avec un rendement meilleur que le Livret A, c'est possible ! Le taux de rémunération peut même être deux à trois fois supérieur, voire davantage, tout en bénéficiant d'une garantie du capital. Comparatif des placements financiers les plus sûrs en 2020.

Le taux du Livret A est à son plus bas historique. À 0,50% jusqu’à fin janvier 2021, il n’a jamais rapporté aussi peu d’intérêts qu’aujourd’hui, et la remontée de son niveau de rémunération n’est pas pour tout de suite, dans un contexte d’inflation très basse. Même chose pour le LDDS. Mais ce n’est pas une fatalité : il est possible de gagner plus, sans renoncer à la protection absolue de son argent. Cette exigence de sécurité, très chère aux Français, limite les options à quelques placements dont le capital est garanti.

Alternatives sans risque quand le Livret A est au plafond

Quelles alternatives au Livret A quand le plafond de dépôts de celui-ci a été atteint, soit 22.950 euros versés depuis l’ouverture ? Il en existe plusieurs, mais tout dépend de l’objectif de l’épargnant.

S’il s’agit de mettre de l’argent au chaud de façon temporaire, pour quelques semaines à quelques mois, il existe au moins deux solutions pour un épargnant disposant de revenus conséquents (non éligible au livret d’épargne populaire) :

  • le LDDS, qui fonctionne quasiment comme le Livret A au jour le jour et dont le taux de rémunération est identique (0,5% depuis le 1er février 2020). Principales différences avec le Livret A : un plafond de versements de 12.000 euros et la possibilité tout ou partie des intérêts à des associations, sous la forme d’un don.
  • certains comptes épargne rémunérés imposables, aussi appelés comptes sur livret bancaires (CSL). Les plus rémunérateurs rapportent de 0,6 à 0,8% brut annuel avant impôt et prélèvements sociaux, et certains bénéficient de taux promotionnels sur une durée courte (2 à 4 mois) ce qui permet d’en doper le rendement à court terme.

S’il s’agit de placer de l’argent à plus long terme, il faut bien souvent accepter de perdre une part de sécurité pour gagner en performance. Faute de quoi la hausse du coût de la vie risque de grignoter le pouvoir d’achat des sommes épargnées. Il existe alors un éventail varié de placements plus ou moins rémunérateurs, plus ou moins liquides et dont la durée de détention peut être contrainte par des régimes fiscaux particuliers. Mais dans tous les cas, il faudra renoncer à la garantie du capital.

Livret d’épargne populaire (LEP) : pour les revenus modestes

Quand chaque euro compte pour ne pas finir le mois à découvert, épargner n’a rien d’évident. Quitte à mettre de côté, autant faire en sorte que les sommes déposées rapportent davantage que sur un Livret A. D’autant qu’il n’est pas nécessaire de faire une croix sur les principaux avantages du Livret A, comme la possibilité de retirer son argent à tout moment, la garantie du capital ou encore l’absence d’impôt sur le revenu (IR) et de prélèvements sociaux.

Ce produit d’épargne n’est autre que le livret d’épargne populaire (LEP), dont le taux est actuellement fixé à 1% (depuis le 1er février 2020), soit 0,50 point de plus que le Livret A. Cet écart ne permet de gagner des sommes folles, mais peut s’avérer appréciable pour les budgets serrés :

  • pour un capital de départ de 1.000 euros : le LEP permet de gagner sur un an 5 euros de plus que le Livret A
  • pour un capital de départ de 7.700 euros : la rémunération supplémentaire est de 38,5 euros. L’équivalent d’un petit resto en tête à tête !

Trois inconvénients cependant :

  1. son plafond est près de trois fois inférieur à celui du Livret A (7.700 euros contre 22.950 euros)
  2. son ouverture est soumise à conditions de ressources (basées sur le revenu fiscal de référence ou RFR)
  3. le nombre de LEP est limité à deux par foyer fiscal.

Plan d’épargne logement (PEL) : pour une épargne à moyen terme

Pour gagner davantage, il faut être prêt à quelques sacrifices. Le Plan d’épargne logement (PEL) affiche un taux supérieur à celui du LEP, mais cette rémunération est brute : il faut retirer les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, etc. soit 17,2% au global depuis le 1er janvier 2018) pour obtenir son taux net, soit :

  • 1% brut soit 0,70% net (application de la flat tax, IR inclus) pour les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2018
  • 1% brut soit 0,83% net pour les PEL ouverts du 1er août 2016 au 31 décembre 2017
  • 1,50% brut soit 1,24% net pour les PEL ouverts entre le 1er février 2016 et le 31 juillet 2016
  • 2% brut soit 1,66% net pour les PEL ouverts du 1er février 2015 au 31 janvier 2016
  • 2,50% brut soit 2,07% net pour les PEL ouverts du 1er août 2003 au 1er février 2015

De plus, les intérêts perçus sont soumis à l’impôt sur le revenu :

Autre différence, le PEL repose sur un principe d’épargne obligatoire auquel il n’est pas possible de déroger : les versements doivent atteindre un minimum de 540 euros par an, soit 45 euros par mois, 135 euros par trimestre ou 270 euros par période de six mois. En d’autres termes, le titulaire du plan n’a pas d’autre choix qu’épargner même si ses fins de mois sont difficiles.

Moins souple, le PEL est également moins liquide : la durée minimale d’épargne est fixée à 4 ans. En cas de retrait avant ce terme, le plan est clôturé par la banque et des pénalités peuvent s’appliquer, notamment la diminution du taux de rémunération en cas de fermeture moins de 2 ans après l’ouverture.

Les personnes qui ont le plus intérêt à choisir le PEL plutôt que le Livret A pour placer leur argent sont donc celles qui n’ont pas de besoin financier immédiat et dont le plan, ouvert avant le 1er février 2015, est âgé de moins de 12 ans. Dans cette configuration et pour un versement de 10.000 euros effectué fin décembre 2019, le PEL permet de gagner en 2020 154,9 euros de plus qu’avec le Livret A en tenant compte de la baisse de son taux au 1er février 2020 (207 euros net d’impôt contre 52,1 euros).

Assurance vie : pour aller au-delà des placements sans risques

En théorie, l’assurance vie permet de gagner plus que le Livret A sans prendre le moindre risque : environ 1% à 1,1%, avant impôts et prélèvements sociaux. C’est ce que devraient rapporter en 2020 les contrats monosupport en euros et les fonds euros des contrats multisupports, dont le capital est garanti.

Mais ce taux n’est qu’une moyenne, puisque les rémunérations versées aux assurés sont, contrairement au Livret A ou au PEL, différentes d’un établissement à l’autre, voire d’un contrat à l’autre au sein d’un même organisme : certains rapportent plus, au-delà de 2%, et d’autres beaucoup moins. Ainsi, dans les banques, les taux inférieurs à 1% sont monnaie courante. Pire, dans la majorité des contrats, un euro versé n’est pas égal à un euro investi ! La faute aux frais sur versements qui atteignent entre 2 et 3% des sommes déposées en moyenne. > Lire l’article : Assurance vie : frais d’entrée, frais de gestion, frais d’arbitrage, taux et explications

Pour s’assurer un surcroît de performance, mieux vaut s’intéresser aux contrats d’assurance vie vendus sur Internet, par des banques en ligne ou des sites spécialisés, où les frais d’entrée sont nuls. Mais la plupart du temps, il faudra renoncer, au moins partiellement, à la garantie du capital. Pour accéder à ces produits sûrs plus et performants que la moyenne, les promoteurs de ces contrats imposent des contraintes : ils exigent généralement d’allouer une partie des sommes versées sur des fonds non garantis. Une façon d’obliger les épargnants à diversifier leurs placements au-delà des supports sans risques. Peut-être un mal pour un bien, les rendements de l’assurance vie en euros étant voués à diminuer pendant plusieurs années. > En savoir plus : Classement des rendement des fonds euros

Livrets d’épargne rémunérés : la chasse aux meilleurs taux

Les livrets imposables commercialisés par les banques sont rarement compétitifs. En moyenne, ces comptes sur livret (CSL) bancaires rapportent moins de 0,15% par an selon la Banque de France, avant impôts et prélèvements sociaux (application de la flat tax depuis le 1er janvier 2018). Leur utilisation se justifie essentiellement pour les épargnants dont les livrets réglementés (Livret A, LDD) sont remplis et souhaitant mobiliser d’importantes sommes d’argent rapidement, sans les laisser dormir sur leur compte courant. Toutefois, le choix d’un livret en ligne comme le Livret Zesto de RCI Bank, le Livret Distingo de PSA Banque permet de bénéficier d’un taux brut de 0,8%, parfois majoré pendant certaines périodes promotionnelles ou pendant 2, 3 ou 4 mois suivant l’ouverture. Certains conseillers en gestion de patrimoine indépendants proposent un compte épargne rémunéré au taux brut de 0,6%, temporairement majoré à 2% bruts pendant deux mois (jusqu’à 75.000 euros).

Ce qui permet, quand on est non imposable à l’impôt sur le revenu, d’afficher un taux net un peu meilleur que celui du Livret A.

Compte à terme : taux connu à l’avance

Les comptes à terme (CAT), aussi appelés dépôts à terme (DAT), affichent des performances à peine meilleures : moins de 0,7% annuels en moyenne avant impôt et prélèvements sociaux pour les dépôts d’une durée inférieure à 2 ans, un peu plus de 1% par an au-delà de 2 ans. Leur principe : en contrepartie de son blocage sur la durée prévue au contrat, le dépôt, effectué en une fois, doit en principe rapporter davantage qu’un livret classique et afficher un taux fixé et connu à l’avance dans le cadre d’un placement à durée déterminée, généralement de 1 à 3 ans.

Par exemple, le taux de rendement du compte à terme Pépito de PSA Banque affiche les taux de rémunération bruts suivants :

  • Durée d’un an : taux de rémunération de 0,85%
  • Durée de deux ans : taux de rémunération de 0,95%
  • Durée de trois ans : taux de rémunération de 1%

Mais les niveaux de rémunération offerts en contrepartie de ce blocage des fonds et la fiscalité applicable rendent les comptes et dépôts à terme peu attractifs.