Où placer son argent quand le Livret A est plein ? Les alternatives sans risque

Par Olivier Brunet
SEO & traffic strategist : Camille Radicchi

Que faire une fois son Livret A plein ? Épargner en 2023 sans prendre de risques avec un rendement meilleur que le Livret A, c’est presque impossible ! Le taux de rémunération peut tout de même être deux fois supérieur, tout en bénéficiant d’une garantie du capital, mais sous conditions. Comparatif des placements financiers les plus sûrs en 2023 et présentation de ce que l’on peut faire quand le plafond de versements est atteint.

Quel compte ouvrir après avoir atteint le plafond du Livret A ?

 Taux à venir le 01/02/2023Taux jusqu'au 31/01/2023Plafond de versementsFiscalité
Sources : gouvernement, Légifrance, ToutSurMesFinances (CEL, CSL, CAT, PEL et fonds euros : taux avant impôt et prélèvements sociaux)
Livret A3% net2% net22.950 €Aucune
LDDS3% net2% net12.000 €Aucune
LEP6,10% net4,60% net7.700 €Aucune
Livret jeune3% minimum1% minimum1.600 €Aucune
CEL2%1,25% brut1.600 €Prélèvements sociaux (17,2%) uniquement ou PFU selon date d'ouverture
Compte sur livret (CSL)variablevariable, parfois aucunPFU (12,8% d'IR et 17,2% de prélèvements sociaux)
Compte à terme (CAT)Croissant selon la durée variablePFU (12,8% d'IR et 17,2% de prélèvements sociaux)
Taux pour un PEL ouvert en 2023Taux pour un PEL ouvert en 2022
PEL2% 1%61.200 €Impôt sur le revenu (si plus de 12 ans ou si PEL ouvert depuis le 1er janvier 2018), prélèvements sociaux
Taux 2023Taux 2022
Fonds euros2,50%1,70 à 1,90%aucunPFU (12,8% d'IR et 17,2% de prélèvements sociaux) avant 8 ans, régime particulier ensuite

Quel compte épargne ouvrir quand on a atteint le plafond du Livret A, soit un montant maximum de 22.950 euros ? Le tableau ci-dessus récapitule les placements sûrs possibles, pour un épargnant attaché à la sécurité de son épargne ainsi que, pour chacun, le taux de rémunération, le plafond de versements et la fiscalité actuellement en vigueur.

En résumé, on peut distinguer différentes catégories de comptes épargne et placements à capital garanti, que l’on peut ouvrir après un Livret A arrivé au plafond :

  • livrets d’épargne réglementés : LDDS, LEP, Livret Jeune
  • épargne logement : PEL, CEL
  • placements bancaires : CSL, compte à terme
  • placements non bancaires : fonds euros des contrats d’assurance vie

Ces alternatives affichent actuellement, pour la plupart, un rendement réel net (après prise en compte de l’inflation), négatif, alors que les prévisions d’inflation de la Banque de France pour 2023 font état d’une hausse des prix de 6%.

Le contexte pour l’épargnant est très particulier, le taux du Livret A étant passé en très peu de temps de son niveau le plus bas historique (de 0,50% jusqu’à fin janvier 2022 à 3% le 1er février 2023) dans un contexte de regain d’inflation et de vive remontée des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE). Il est presque impossible de gagner plus, en conservant une protection absolue de son argent. Cette exigence de sécurité, très chère aux Français, limite les options à quelques placements dont le capital est garanti.

Quoi faire et comment quand le Livret A est plein ?

Quand un Livret A est complet, on ne peut pas en ouvrir un second, puisque la loi interdit d’en posséder plus d’un par personne. Il existe heureusement un certain nombre d’alternatives disponibles, sans forcément changer de banque, pour y déposer des sommes d’argent par des versements programmés ou ponctuels.

Une fois qu’un Livret A est plein, certaines banques proposent de basculer automatiquement le surplus d’épargne sur un compte sur Livret (CSL). C’est rarement une bonne idée, puisque ces comptes sont actuellement beaucoup moins rentables que le Livret A. Par exemple, avec le Livret A Sup, le CIC associe un Livret A et un CSL rémunéré à 0,50% brut au-delà de 22.950 euros et pour un montant maximum de 100.000 euros.

Quelles alternatives au Livret A faut-il privilégier ? Tout dépend de l’objectif de l’épargnant.

S’il s’agit de mettre de l’argent au chaud de façon temporaire, pour quelques semaines à quelques mois, il existe au moins deux solutions pour un épargnant disposant de revenus conséquents (qui n’a pas droit au livret d’épargne populaire) :

  1. le LDDS, qui fonctionne quasiment comme le Livret A au jour le jour et dont le taux de rémunération est identique (2% depuis le 1er août 2022, 3% à partir du 1er février 2023). Principales différences avec le Livret A : un plafond de versements de 12.000 euros et la possibilité tout ou partie des intérêts à des associations, sous la forme d’un don.
    > Pour alimenter un LDDS, il suffit de mettre en place un virement automatique de son compte bancaire vers son LDDS, ou de procéder à des versements ponctuels quand on a des excédents.
  2. certains comptes épargne rémunérés imposables, aussi appelés comptes sur livret bancaires (CSL). Les plus rémunérateurs rapportent plus de 1% brut annuel avant impôt et prélèvements sociaux, et certains bénéficient de taux promotionnels sur une durée courte (2 à 3 mois) ce qui permet d’en doper le rendement à court terme.
    > Pour bénéficier d’un taux de rémunération plus attractif, il faut bien souvent déposer son argent dans une banque différente de la sienne. Actuellement, les livrets les plus rentables sur le marché sont ceux proposés par My Money Bank, PSA Banque et Renault Bank (ex-RCI banque), avec des taux bruts compris entre 1,20 et 1,40%, hors taux promotionnel, des établissements dans lesquels ils n’est pas nécessaire d’établir sa domiciliation bancaire.

S’il s’agit de placer de l’argent à plus long terme, il faut bien souvent accepter de perdre une part de sécurité pour gagner en performance. Faute de quoi la hausse du coût de la vie risque de grignoter le pouvoir d’achat des sommes épargnées. Il existe alors un éventail varié de placements plus ou moins rémunérateurs, plus ou moins liquides et dont la durée de détention peut être contrainte par des régimes fiscaux particuliers. Mais dans tous les cas, il faudra renoncer à la garantie du capital.

Livret d’épargne populaire (LEP) : pour les revenus modestes

Quand chaque euro compte pour ne pas finir le mois à découvert, épargner n’a rien d’évident. Quitte à mettre de côté, autant faire en sorte que les sommes déposées rapportent davantage que sur un Livret A. D’autant qu’il n’est pas nécessaire de faire une croix sur les principaux avantages du Livret A, comme la possibilité de retirer son argent à tout moment, la garantie du capital ou encore l’absence d’impôt sur le revenu (IR) et de prélèvements sociaux.

Ce produit d’épargne n’est autre que le livret d’épargne populaire (LEP), dont le taux est fixé :

  • à 6,10% à compter du 1er février 2023, soit 3,10 points de plus que le Livret A
  • à 4,60% du 1er août 2022 au 31 janvier 2023, soit 2,60 points de plus que le Livret A
  • à 2,20% du 1er février au 31 juillet 2022, soit 1,20 point de plus que le Livret A
  • à 1% du 1er février 2020 jusqu’au 31 janvier 2022, soit 0,50 point de plus que le Livret A

Cet écart ne permet de gagner des sommes folles, mais peut s’avérer appréciable pour les budgets serrés, soit, en 2022 :

  • pour un capital de départ de 1.000 euros : le LEP permet de gagner sur un an 17,25 euros de plus que le Livret A
  • pour un capital de départ de 7.700 euros : la rémunération supplémentaire est de 132,83 euros.

Calculs effectués sur la base d’un taux moyen annuel de 1,38% pour le Livret A (1,375 précisément) et de 3,10% pour le LEP.

Trois inconvénients du LEP cependant :

  1. son plafond est près de trois fois inférieur à celui du Livret A (7.700 euros contre 22.950 euros)
  2. son ouverture est soumise à conditions de ressources (basées sur le revenu fiscal de référence ou RFR)
  3. le nombre de LEP est limité à deux par foyer fiscal.

Plan d’épargne logement (PEL) : pour une épargne à moyen terme

Pour gagner davantage, le Plan d’épargne logement (PEL) constitue une alternative jusqu’au 31 janvier 2023, s’il a été ouvert avant le 1er février 2015, mais cette rémunération est brute : il faut retirer les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, etc. soit 17,2% au global depuis le 1er janvier 2018) pour obtenir son taux net, soit :

  • 2,50% brut soit 2,07% net pour les PEL ouverts du 1er août 2003 au 31 janvier 2015
  • 2% brut soit 1,66% net pour les PEL ouverts du 1er février 2015 au 31 janvier 2016
  • 1,50% brut soit 1,24% net pour les PEL ouverts entre le 1er février 2016 et le 31 juillet 2016
  • 1% brut soit 0,83% net pour les PEL ouverts du 1er août 2016 au 31 décembre 2017
  • 1% brut soit 0,70% net (application de la flat tax, IR inclus) pour les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2018

Avec la remontée du taux du Livret A à 3% au 1er février, la rémunération d’un ancien PEL n’est plus compétitive, sauf s’il s’agit d’un très ancien PEL.

De plus, les intérêts du PEL perçus sont soumis à l’impôt sur le revenu :

Autre différence, le PEL repose sur un principe d’épargne obligatoire auquel il n’est pas possible de déroger : les versements doivent atteindre un minimum de 540 euros par an, soit 45 euros par mois, 135 euros par trimestre ou 270 euros par période de six mois. En d’autres termes, le titulaire du plan n’a pas d’autre choix qu’épargner même si ses fins de mois sont difficiles.

Moins souple, le PEL est également moins liquide : la durée minimale d’épargne est fixée à 4 ans. En cas de retrait avant ce terme, le plan est clôturé par la banque et des pénalités peuvent s’appliquer, notamment la diminution du taux de rémunération en cas de fermeture moins de 2 ans après l’ouverture.

Les personnes qui ont le plus intérêt à choisir le PEL plutôt que le Livret A pour placer leur argent, sont donc celles qui n’ont pas de besoin financier immédiat et dont le plan, ouvert avant le 1er février 2015, est âgé de moins de 12 ans. Dans cette configuration et pour un versement de 10.000 euros effectué fin décembre 2021, le PEL permettait de gagner en 2022 69,5 euros de plus qu’avec le Livret A au taux moyen annuel  en 2022, soit 1,38% (207 euros net d’impôt contre 137,5 euros). Ce différentiel n’existera plus en 2023, du fait du passage du taux du Livret A à 3% le 1er février.

Assurance vie : pour aller au-delà des placements sans risques

En théorie, l’assurance vie permettait jusqu’il y a peu de gagner plus que le Livret A sans prendre le moindre risque : environ 1,30%, avant impôts et prélèvements sociaux. C’est ce qu’ont rapporté en 2021 les contrats monosupport en euros et les fonds euros des contrats multisupports, dont le capital est garanti, quand le Livret A rapportait 0,50%. Mais la situation s’est inversée très rapidement et le Livret A est désormais plus rémunérateur.

De plus, ce taux, qui devrait se situer entre 1,70% et 1,90% en 2022, n’est qu’une moyenne, puisque les rémunérations versées aux assurés sont, contrairement au Livret A ou au PEL, différentes d’un établissement à l’autre, voire d’un contrat à l’autre au sein d’un même organisme : quelques uns rapportent plus, au-delà de 2,50%, et d’autres beaucoup moins, à peine plus de 1%. Pire, dans la majorité des contrats, un euro versé n’est pas égal à un euro investi ! La faute aux frais sur versements qui atteignent entre 2 et 3% des sommes déposées en moyenne. > Lire l’article : Assurance vie : frais d’entrée, frais de gestion, frais d’arbitrage, taux et explications

De plus, du fait d’une remontée du taux du Livret A plus rapide que celle des rendements des fonds en euros, ces derniers ne peuvent plus rivaliser actuellement, sauf si les assureurs décident de puiser dans les réserves accumulées ces dernières années.

Pour s’assurer un surcroît de performance, mieux vaut s’intéresser aux contrats d’assurance vie vendus sur Internet, par des banques en ligne ou des sites spécialisés, où les frais d’entrée sont nuls. Mais la plupart du temps, il faudra renoncer, au moins partiellement, à la garantie du capital. Pour accéder à ces produits sûrs et plus performants que la moyenne, les promoteurs de ces contrats imposent des contraintes : ils exigent souvent d’allouer une partie des sommes versées sur des fonds non garantis. Une façon d’obliger les épargnants à diversifier leurs placements au-delà des supports sans risques. > En savoir plus : Classement des rendement des fonds euros

Livrets d’épargne rémunérés : la chasse aux meilleurs taux

Les livrets imposables commercialisés par les banques sont rarement compétitifs. En moyenne, ces comptes sur livret (CSL) bancaires rapportent moins de 0,40% par an selon la Banque de France, avant impôts et prélèvements sociaux (application de la flat tax depuis le 1er janvier 2018). Leur utilisation se justifie essentiellement pour les épargnants dont les livrets réglementés (Livret A, LDDS) sont remplis et souhaitant mobiliser d’importantes sommes d’argent rapidement, sans les laisser dormir sur leur compte courant.

Le choix d’un livret en ligne comme le Livret Distingo de PSA Banque permet de bénéficier d’un taux brut parfois majoré pendant certaines périodes promotionnelles ou pendant 2, 3 ou 4 mois suivant l’ouverture (pour un taux de base fixé à 1,35% depuis le 1er janvier 2023). Certains conseillers en gestion de patrimoine indépendants proposent un compte épargne rémunéré au taux brut de 1,2%, temporairement majoré à 3% bruts pendant deux mois (jusqu’à 75.000 euros).

Même quand on est non imposable à l’impôt sur le revenu, le taux net de ces livrets ne rivalise pas avec celui du Livret A en vigueur à compter du 1er février 2023.

Compte à terme : taux connu à l’avance

Les comptes à terme (CAT), aussi appelés dépôts à terme (DAT), affichent des performances équivalentes : 1,27% annuels en moyenne avant impôt et prélèvements sociaux pour les dépôts d’une durée inférieure à 2 ans. Leur principe : en contrepartie de son blocage sur la durée prévue au contrat, le dépôt, effectué en une fois, doit en principe rapporter davantage qu’un livret classique et afficher un taux fixé et connu à l’avance dans le cadre d’un placement à durée déterminée, généralement de 1 à 3 ans.

Par exemple, le taux de rendement du compte à terme Distingo de PSA Banque affiche les taux de rémunération bruts suivants (en vigueur depuis le 1 janvier 2023) :

  • Durée d’un an : taux de rémunération de 1,55%
  • Durée de deux ans : taux de rémunération de 1,60%
  • Durée de trois ans : taux de rémunération de 1,65%%

Cependant, les niveaux de rémunération offerts en contrepartie de ce blocage des fonds et la fiscalité applicable rendent les comptes et dépôts à terme peu attractifs.

Où placer son argent quand tous les livrets sont pleins ?

Quand on a fait le plein de son Livret A, de son LDDS et de son compte épargne logement (CEL), que faut-il faire ?

Il faut d’abord s’interroger : est-il absolument nécessaire de disposer d’autant d’argent sur des comptes épargne dont la disponibilité du capital est quasi-immédiate ? Actuellement, disposer d’un Livret A ou d’un LDDS au complet n’est pas dénué de sens, dans la perspective de bénéficier d’un taux de 3% garanti, au moins jusqu’au 31 juillet prochain. Mais cela n’a pas toujours été le cas. En fait, tout dépend de ce que l’on compte faire de cet argent. Tant que ces livrets rapportent plus que les fonds euros des contrats d’assurance vie, on peut y laisser son argent avec le plafond atteint.

Une fois que le montant maximum de versements sur ces livrets a été atteint, il y a plusieurs possibilités de placements à effectuer qui dépendent de nombreux paramètres :

  • objectif financier
  • durée de détention prévue
  • âge
  • niveau de risque
  • montant et composition du patrimoine
  • niveau d’imposition du foyer fiscal…

Il n’y a pas de réponse unique. On peut recommander l’accompagnement d’un conseiller en gestion de patrimoine, lorsqu’on ne dispose pas du temps ou des compétences nécessaire pour faire le bon choix, en tenant compte de tous ces critères.

Pour diversifier son patrimoine dans l’immobilier, on peut s’intéresser aux sociétés civiles de placement immobilier, en privilégiant les modes de souscription les plus doux fiscalement (en cas d’achat comptant, la fiscalité des revenus fonciers s’applique ; c’est la plus lourde qui soit, quand on est imposé dans la tranche à 30% ou au-delà). Un exemple : l’acquisition de la nue-propriété de part de SCPI.

On peut aussi opter pour des investissements en actions de sociétés cotées en Bourse (directement ou indirectement via des fonds de placement), pour exposer ses placements à la croissance mondiale. La part de ses placements à allouer aux actions dépend de degré de risque que l’on est prêt à prendre. Là encore, on peut déléguer ses choix à des professionnels dont c’est le métier.

Actions et immobilier comptent, en principe, parmi les placements permettant de profiter de l’inflation, certaines sociétés cotées ayant la capacité de répercuter leurs hausses de coûts à leurs clients. L’immobilier bénéficie quant à lui des indexations de loyers.

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