Cotisations patronales sur les mutuelles santé imposables comme les salaires

Partagez

Les mutuelles santé d'entreprise intégrées dans les revenus imposables

L'administration fiscale vient de commenter la suppression de l'exonération d'impôt sur le revenu dont bénéficiait la prise en charge par l'employeur ou le CE des cotisations de prévoyance correspondant à la garantie des frais de santé. Au BOFiP, le fisc atteste leur prise en compte comme un complément de salaire.

 

Fin d'une exonération fiscale confirmée pour des millions de salariés. Désormais, la part des cotisations patronales sur les couvertures complémentaires santé des employés est prise en compte dans la base de calcul de l'impôt sur le revenu. Cette prise en charge des garanties de frais de santé « constitue un complément de salaire qui doit désormais être intégré dans la rémunération imposable desdits salariés bénéficiaires » selon les commentaires de l'administration fiscale sur l'article 4 de la loi de finances pour 2014 du 29 décembre 2013, publiés mardi 4 février 2014 au BOFiP, le bulletin officiel des impôts (lire l'article : Mutuelle santé : imposition de la cotisation employeur en 10 questions).

 

Sommes ajoutées à votre salaire soumis à l'impôt

La doctrine fiscale ainsi édictée assimile ces cotisations payées par l'employeur à des « avantages en argent ou en nature accordés en sus des traitements, indemnités, émoluments, salaires ». Autrement dit, ces sommes sont ajoutées à votre rémunération imposable. Cela revient à taxer des sommes non perçues. Ce changement est applicable dès l'impôt 2014 sur les revenus 2013. Pour en déterminer les effets, il est d'ores et déjà possible d'utiliser le simulateur de calcul mis à jour il y a quelques jours par la direction générale des finances publiques (DGFiP). En moyenne, la hausse d'impôt induite devrait atteindre une centaine d'euros pour environ 10 millions de salariés.

Dans ses commentaires, l'administration rappelle les sommes pour lesquelles la déduction du revenu imposable reste admise, sous plafond, en application de l'article 83 du CGI (code général des impôts). Ces sommes encore déductibles sont les « cotisations ou primes à la charge des salariés » ainsi que la part des cotisations à la charge des employeurs ou du comité d'entreprise (CE), « correspondant à des garanties autres que celles portant sur le remboursement et l'indemnisation de frais de santé ». La prise en compte des contributions des CE constitue la principale nouveauté introduite par cette instruction fiscale.

 

Plafond de déductibilité abaissé pour les contrats de prévoyance

Cette préservation de la déductibilité s'applique aux « cotisations versées au titre des garanties incapacité, invalidité, décès et dépendance », communément appelées contrats de prévoyance. Ces cotisations déductibles sont plafonnées, une limite annuelle qui a été abaissée, une fois encore par l'article 4 de la loi de finances pour 2014.

 

Jusqu'à présent, le plafond était égal à la somme de 7% du plafond annuel de la sécurité sociale* (Pass) et de 3% de la rémunération annuelle brute, sans que le total obtenu ne puisse dépasser 3% de huit fois le Pass. Pour les cotisations versées depuis le 1er janvier 2013, ces seuils ont été ramenés à de 5% du Pass plus 2% de la rémunération annuelle brute. Le total ne peut être supérieur à 2% de huit fois le Pass annuel. Au-delà du seuil, tout excédent est « ajouté à la rémunération imposable du salarié ».

 

* Le plafond annuel de la sécurité sociale est égal à 37.032 euros en 2013 et à 37.548 euros en 2014.

 

Interview à lire sur le même thème
- Mutuelles santé : « Impossible d'éviter l'augmentation d'impôt »

 

Calendrier fiscal 2019

calendrier fiscal 2019 dates

Réseaux Sociaux