Une demi-part fiscale supplémentaire est accordée de droit en présence d’un enfant à charge dans le foyer fiscal. Veuves et veufs, parents isolés, anciens combattants…. Un certain nombre de situations spécifiques permettent de bénéficier en outre d’une demi-part supplémentaire. Depuis 2023, la carte du combattant suffit pour que la veuve d’un ancien combattant bénéficie de la demi-part supplémentaire.
Demi-part supplémentaire : liste des situations éligibles
Ces situations sont fixées par l’article 195 du Code général des impôts (CGI).
Qui a droit à une demi-part supplémentaire pour les impôts ?
La liste des situations pouvant donner droit à une demi-part supplémentaire est la suivante :
| Situation | Conditions d'octroi de la 1/2 part | Case à cocher | Avantage fiscal max 2026 |
|---|---|---|---|
| Cas général | Enfant mineur ou rattaché (2 premiers enfants) | Case F (enfant) | 1 807 € |
| Parent isolé | Au moins 1 enfant à charge ou rattaché au foyer fiscal | Case T | 4 262 € * |
| Ancien parent isolé | Au moins 1 à charge pendant au moins 5 ans et célibataire | Case L | 1 079 € |
| Invalidité | Titulaire d'une carte CMI-invalidité ou d'une pension d'invalidité | Case P | 1 807 € ** |
| Invalidité du conjoint | Titulaire d'une carte CMI-invalidité ou d'une pension d'invalidité | Case F (invalidité) | 1 807 € ** |
| Ancien combattant | Naissance avant 1950, titulaire de la carte du combattant | Case W | 1 807 € ** |
| Veuf ou veuve d’un ancien combattant | Le défunt bénéficiaire d'1/2 part | Case W | 1 807 € ** |
| Veuve de guerre | Titulaire d’une pension de veuve de guerre | Case G | 1 807 € ** |
Sources : article 195 et 197 du CGI.
Notes :
* pour la 1/2 part parent isolé, l’avantage fiscal maximum correspond aux deux premières demi-parts accordées au premier enfant à charge.
** si le plafond de 1 807 euros est atteint, une réduction d’impôt complémentaire de 1 801 euros est accordée (invalides, anciens combattants, veuves de guerre).
- famille monoparentale : demi-part supplémentaire pour un parent isolé (célibataire, divorcé, séparé, veuf) ayant un ou plusieurs enfants à charge ou un enfant majeur rattaché à son foyer fiscal,
- ancien parent isolé : demi-part supplémentaire pour une personne seule au 1er janvier 2025 sans personne à charge, ayant eu à charge un ou plusieurs enfants pendant au moins 5 années en tant que mère célibataire ou père célibataire,
- invalidité : demi-part supplémentaire pour une personne percevant une pension d’invalidité d’au moins 40%, ou porteuse d’une carte d’invalidité ou d’une carte CMI-invalidité,
- ancien combattant : demi-part supplémentaire pour une personne âgée de plus de 74 ans au 31 décembre 2025 (née avant le 1er janvier 1952) porteuse de la carte du combattant ou percevant une pension militaire d’invalidité,
- veuf ou veuve d’un ancien combattant : demi-part supplémentaire pour une personne veuve
– dont le défunt était déjà bénéficiaire de cette demi-part, et (depuis 2022) quelque soit l’âge de l’ancien combattant à son décès
– et (nouveauté 2023) même si l’ancien combattant n’avait pas perçu la retraite du combattant (le fait d’être titulaire de la carte du combattant au décès suffit). - veuve de guerre : demi-part supplémentaire pour une personne titulaire d’une pension de veuve de guerre.
Demi-part supplémentaire : le principe
Une demi-part supplémentaire ou demi-part de quotient familial peut être accordée dans certaines situations (voir ci-dessus) pour le calcul de l’impôt sur le revenu (IR ou IRPP) et du taux de prélèvement à la source.
Le nombre d’enfants à la charge du contribuable constitue la première source de demi-parts additionnelles ajoutées par le fisc aux parts fiscales du ou des parents. Ces demi-parts fiscales sont parfois nommées demi-parts de droit commun. Ainsi, les deux premiers enfants à charge comptent pour une demi-part chacun, et chacun des suivants (à partir du 3ème enfant) compte pour une part complète. Le nombre de demi-parts attribué en cas de rattachement au foyer d’un enfant majeur (étudiant âgé de moins de 25 ans) fonctionne selon le même schéma.
Il existe, par ailleurs, un cas où une personne ou un couple bénéficie d’une demi-part pour un enfant à charge au lieu d’une part complète. Cela se produit pour chaque enfant à partir du troisième lorsque celui-ci vit en résidence alternée chez ses parents.
Impact d’une demi-part sur les impôts : quel avantage fiscal ?
Une demi-part fiscale supplémentaire accordée par l’administration fiscale permet de bénéficier d’un calcul plus favorable pour les revenus soumis au barème de l’IR et, in fine, d’une baisse d’impôt.
Pour illustrer cet avantage fiscal, prenons le cas d’une mère célibataire, en procédant à deux calculs de l’impôt 2026, l’un avec prise en compte de la demi-part supplémentaire et l’autre sans :
- Revenu déclaré : 36 000 euros
- Revenu net imposable : 32 400 euros (après déduction de 10% au titre des frais professionnels)
- Nombre d’enfants mineurs à charge : 2
Calcul de l’impôt avec la demi-part supplémentaire :
- Nombre de parts fiscales en cochant la case T parent isolé : 2,5
- Revenu net par part : 12 960 euros (32 400 / 2,5)
- Ce revenu net est compris entre 11 600 et 29 579 euros, correspondant à la tranche d’imposition à 11%
- Cette mère célibataire n’a pas d’impôt sur le revenu à payer. Certes son impôt brut se monte à 374 euros (avant décote), et son impôt net après décote est égal à 0 euros, inférieur au seuil de mise en recouvrement de l’impôt sur le revenu (61 euros) ; donc aucun impôt n’est prélevé.
Calcul de l’impôt sans la demi-part supplémentaire :
- Nombre de parts fiscales sans cocher la case T parent isolé : 2
- Revenu net par part : 16 200 euros (32 400 / 2)
- Ce revenu net est compris entre 11 600 et 29 579 euros, correspondant à la tranche d’imposition à 11%
- Cette mère célibataire est imposable à l’impôt sur le revenu, avec un impôt brut de 1 012 euros (avant décote) et un impôt net de 573 euros
Dans ce cas, l’avantage fiscal correspondant à la demi-part fiscale supplémentaire se monte à 638 euros en 2026 au niveau de l’impôt brut et, in fine, à 573 euros au niveau de l’impôt net.
Demi-part fiscale : plafond 2026 de l’avantage fiscal
Un plafonnement de l’avantage fiscal accordé en contrepartie de la ou des demi-parts fiscales accordées est en vigueur depuis la loi de finances pour 1982 (article 12). Les spécialistes parlent de « plafonnement des effets du quotient familial ». Les limites sont actualisées chaque année et peuvent varier selon le motif de la demi-part accordée.
Ainsi, le plafond 2025 de la réduction d’impôt octroyée est, selon les cas suivants, de :
- 1 807 euros par demi-part supplémentaire au-delà d’une part pour une personne seule,
- 1 807 euros par demi-part supplémentaire au-delà de deux parts pour un couple marié ou pacsé,
- 4 262 euros pour chacune des deux premières demi-parts liées au premier enfant à charge des personnes seules,
- 1 079 euros pour la demi-part supplémentaire des personnes seules, sans personne à charge, ayant eu au moins un enfant à charge pendant au moins 5 ans en tant que famille monoparentale.
En outre, une réduction d’impôt supplémentaire est accordée au-delà des effets du plafonnement :
- à hauteur de 1 801 euros au titre de la demi-part des invalides,
- à raison de 1 801 euros pour la demi-part des anciens combattants
- pour un montant de 1 801 euros au titre de la demi-part des veuves de guerre,
- à hauteur de 2 011 euros pour les deux demi-parts supplémentaires octroyées aux personnes veuves ayant au moins un enfant à charge (ou une personne invalide à charge).
Ces valeurs officielles ont été actualisée par la loi de finances pour 2026 (article 4).
Demi-part supplémentaire après 75 ans ou pas ?
La demi-part fiscale supplémentaire accordé sous conditions d’âge ne concerne pas, en règle générale, les retraités. Ainsi, le fait de franchir la limite d’âge de 75 ans n’ouvre pas droit à l’attribution d’une majoration du nombre de parts fiscales.
Il existe un seul cas où un contribuable a droit à une demi-part fiscale supplémentaire sous condition d’âge, celle accordée aux anciens combattants.
Demi-part des veuves en 2026
Demi-part des veuves supprimée depuis 2014
La suppression de la demi-part des veuves, aussi appelée « demi-part vieux parents », est pleinement effective depuis 2014 et toujours en vigueur en 2026.
Auparavant, les contribuables veufs sans enfant à charge bénéficiaient d’une demi-part supplémentaire sous conditions. Celle-ci était attribuée s’ils vivaient seuls et avaient eu un ou plusieurs enfants, soumis à l’impôt séparément de leur père ou de leur mère. La majoration du nombre de parts était aussi accordée lorsque le contribuable seul avait eu un enfant décédé après ses 16 ans. On notera que ce dispositif bénéficiait également aux contribuables célibataires, divorcés ou séparés.
La suppression de la demi-part des veuves a conduit :
- certaines personnes à devenir imposables à l’impôt sur le revenu alors qu’elles ne l’étaient pas,
- d’autres à subir une hausse d’impôt sur le revenu,
- certains à perdre le bénéfice de l’exonération de taxe d’habitation.
Désormais, seuls les parents isolés ayant eu effectivement un ou plusieurs enfants à charge peuvent prétendre à la demi-part supplémentaire, sous conditions.
La demi-part pour les veuves va-t-elle être rétablie ?
À ce jour, aucun gouvernement n’a prévu de rétablir la demi-part des veuves dans sa version antérieure à 2009. La position des pouvoirs publics reste inchangée : le dispositif supprimé ne sera pas rétabli en l’état.
Demi-part des veuves d’anciens combattants
Un assouplissement de l’octroi de la demi-part fiscale supplémentaire aux veuves d’anciens combattants est entré en vigueur en 2023 (source : article 8 de la loi de finances pour 2023). La mesure vise à accorder la demi-part supplémentaire si le défunt âgé de plus de 60 ans était titulaire de la carte du combattant. Jusqu’à présent, c’était le versement de la retraite du combattant qui constituait le fait générateur de l’avantage fiscal.
Pour le calcul de l’impôt 2026, les veuves d’anciens combattants âgées de plus de 74 ans au 31 décembre 2025 (nées avant le 1er janvier 1952) peuvent prétendre à une demi-part fiscale supplémentaire, si leur défunt mari en avait lui-même été bénéficiaire, ce quel que soit l’âge du défunt au moment de son décès.
Le mode de calcul est donc assoupli : auparavant le bénéfice de la demi-part supplémentaire était limité au fait que le défunt ait lui-même été bénéficiaire de cette demi-part pendant au moins une année, impliquant le décès de ce dernier après ses 74 ans pour que son conjoint survivant bénéficie à son tour de la demi-part fiscale supplémentaire.
Par ailleurs, le bénéfice de la demi-part des veuves d’anciens combattants a été étendu aux veufs d’anciens combattants ou d’anciennes combattantes. Cette extension est en vigueur depuis 2021 (calcul de l’impôt 2021 sur les revenus 2020),
Demi-part fiscale pour un ancien combattant
Une demi-part fiscale supplémentaire est accordée aux anciens combattants âgés de plus de 74 ans au 31 décembre 2025, dès le franchissement de cette borne d’âge. Pour en bénéficier, il faut être titulaire :
- de la carte du combattant,
- d’une pension militaire d’invalidité ou de victime de guerre.
Cet avantage n’est pas accordé automatiquement. Il y a une case spécifique à cocher dans la déclaration de revenus :
- case W pour une personne seule (célibataire, divorcée, séparée, veuve),
- case S pour les couples mariés ou pacsés,
- case W pour une veuve d’ancien combattant éligible (son défunt mari devait lui-même être attributaire de la demi-part ou titulaire de la carte du combattant).
L’avantage s’applique que l’on vive seul ou en couple. En revanche, la demi-part supplémentaire attribuée en tant qu’ancien combattant n’est pas cumulable avec celle accordée en cas d’invalidité.
À noter : lorsque les deux époux ou partenaires de Pacs sont anciens combattants, le foyer fiscal bénéficie d’une demi-part fiscale supplémentaire (et non deux demi-parts).
Demi-part fiscale pour invalidité
L’invalidité du déclarant ou de son conjoint permet de se voir attribuer une demi-part fiscale supplémentaire, sous conditions.
La demi-part supplémentaire est accordée dans les situations suivantes :
- titulaire de la carte d’invalidité,
- titulaire de de la carte mobilité inclusion mention invalidité (aussi appelée carte CMI-invalidité) accordée en cas de taux d’incapacité permanente d’au moins 80%,
- titulaire d’une pension d’invalidité pour accident du travail de 40% ou plus,
- titulaire d’une pension militaire, pour une invalidité de 40% ou plus.
Pour en bénéficier, il faut cocher la case P (déclarant personnellement concerné) ou la case F (conjoint ou conjoint décédé en 2025 concerné) de la déclaration de revenus.
L’avantage fiscal correspondant est plafonné à 1 807 euros. Toutefois, si cette limite est atteinte, une réduction d’impôt complémentaire de 1 801 euros est accordée. En complément et sous conditions de ressources, le contribuable peut également bénéficier d’un abattement fiscal spécifique (le revenu imposable pris en compte est inférieur à celui déclaré), dont le montant est multiplié par deux si le conjoint du déclarant est également invalide ou âgé de plus de 65 ans.
Il existe plusieurs cas de non-cumul de la demi-part fiscale pour invalidité avec d’autres majorations du nombre de parts. Il en est ainsi :
- des anciens parents isolés titulaires de la carte d’invalidité ou de la CMI-invalidité,
- des anciens combattants ayant coché la case W de la déclaration.
À savoir : lorsque les deux époux ou partenaires de Pacs sont invalides, le foyer fiscal bénéficie d’une part fiscale complémentaire.
Demi-part fiscale et handicap
Une demi-part supplémentaire de quotient familial peut être accordée à une personne en situation en handicap, si son cas correspond à l’une des situations prévues au titre de l’invalidité (voir ci-dessus).
Par ailleurs, le foyer fiscal peut comporter (ou avoir comporté par le passé) des personnes à charge en situation de handicap. À ce titre, on peut énumérer les situations suivantes où plusieurs demi-parts supplémentaires sont accordées :
- enfant à charge handicapé quel que soit son âge (titulaire de la carte d’invalidité ou CMI invalidité) : compté pour 1 part fiscale,
- personne handicapée membre de la famille ou non : comptée pour 1,5 part si cette personne est la première personne à charge d’une personne seule ou la 3ème personne ou plus à charge du foyer fiscal,
- parent isolé ayant élevé un enfant handicapé compté fiscalement à charge (ou rattaché à son foyer fiscal) pendant au moins 5 ans : 0,5 part supplémentaire accordée.
À propos de l'auteur
Olivier Brunet est cofondateur de ToutSurMesFinances.com et rédacteur en chef spécialisé en placements et fiscalité des particuliers. Présent au sein du média depuis sa création, il en est l’un des piliers éditoriaux. Il analyse les stratégies d’investissement, suit les évolutions fiscales et les problématiques patrimoniales avec une vision long terme, forgée par des années de pratique et de suivi des marchés.





