Partagez
Share to Google

Avec son programme pour l’élection présidentielle de 2017, Nathalie Arthaud verse au débat une vision de la société résolument anticapitaliste. Interdiction des licenciements, répartition du travail entre tous, retraite à 60 ans, salaire et pension minimum à 1.800 euros… Tout savoir sur le projet politique de la porte-parole de Lutte Ouvrière.

nathalie arthaud programme 2017

Nathalie Arthaud : son programme communiste révolutionnaire en bref

Candidate comme en 2012 de Lutte Ouvrière (LO) à l’élection présidentielle, Nathalie Arthaud a présenté un programme pour 2017 de nature anticapitaliste et collectiviste, qui reflète une vision communiste révolutionnaire de la société qu’elle défend.

Son projet politique repose sur trois principales revendications :
- l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous
- l’augmentation du Smic net à 1.800 euros par mois
- imposer la transparence sur les comptes des grandes entreprises et des « grands bourgeois capitalistes » qu’elle a l’intention d’exproprier.

Nathalie Arthaud voit davantage le programme de LO comme un socle « d’objectifs nécessaires à la survie des travailleurs », des « objectifs de lutte sociale », plutôt qu’un « catalogue de promesses ».

Lucide sur son résultat au soir du premier tour, l’héritière d’Arlette Laguiller entend avant tout « défendre le point de vue des travailleurs, des exploités, des chômeurs », bref la « classe ouvrière » par opposition à ce qu’elle appelle la « classe capitaliste ». Son objectif : aider les travailleurs à « prendre conscience de leurs intérêts politiques » et à contester « la dictature du capital sur l’économie » et la vie politique française.

Partant du principe que les principaux droits acquis par les salariés ont été conquis par la lutte sociale, elle juge que le scrutin présidentiel ne changera pas leur sort. « Voter n’a jamais changé leur vie, a-t-elle déclaré lors d’une interview sur LCI le 16 mars 2017. Au lendemain de l’élection présidentielle que se passera-t-il ? Ceux qui ont en un emploi retourneront au boulot et ceux qui n’en n’ont pas iront pointer à pôle emploi, à l’agence d’intérim ».

Interdiction des licenciements, l’idée-phare de son programme

Dans son programme 2017, l’enseignante en économie et gestion âgée de 47 ans veut « interdire les licenciements et les plans de suppression d’emplois, à commencer par les entreprises qui font des profits ». Pour elle, il s'agit d'une « mesure de salut public ».

« Un travail, un salaire pour tous, est un minimum pour l’ensemble du monde du travail, y compris pour ceux qui en sont exclus parce qu’ils sont en invalidité ou handicapés. […] C’est un droit élémentaire », a-t-elle revendiqué au JT de TF1, le 14 mars 2017.

Pour Nathalie Arthaud, c’est une question de principe. « On ne peut pas accepter qu’un grand groupe, que de grands actionnaires, uniquement pour leurs profits individuels, pour leur richesse, pour leur fortune privée saccagent des régions entières et conduisent au chômage », estime-t-elle.

Parallèlement à l’interdiction des licenciements, la porte-parole de LO estime qu’il « faut répartir le travail entre tous les travailleurs, sans perte de salaire » afin d’éradiquer le chômage et la précarité. Elle estime que « le grand patronat a largement de quoi payer », fustigeant presque à chacune de ses interviews télévisées les milliards d’euros de dividendes versées chaque année par les sociétés du CAC 40.

Augmentation générale des salaires et Smic à 1.800 euros net

Nathalie Arthaud veut instaurer un salaire décent pour tous, en fixant le salaire minimum à 1.800 euros net par mois. Elle propose en outre une augmentation « de tous les salaires » à hauteur de 300 euros mensuels.

Elle estime, en outre, que les minima sociaux « doivent être transformés en salaire », faisant écho à sa proposition d’instaurer un droit au travail pour tous. « Ce n’est pas une aumône pour vivoter en marge de la société que les travailleurs réclament : c’est au contraire la possibilité d’y trouver leur place, de contribuer à son fonctionnement et de pouvoir en retirer de quoi vivre dignement, sans se priver et sans compter chaque sou », plaide-t-elle dans l’exposé de son programme.
Enfin, afin de compenser l’impact d’une augmentation des prix, elle veut faut imposer l’indexation des salaires sur le coût de la vie.

Son programme pour les retraites : retraite à 60 ans et revalorisation

Comme Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, Nathalie Arthaud veut rétablir l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans. Précisément, elle défend l’instauration d’une retraite « à taux plein à 60 ans » avec 37,5 annuités de cotisations maximum (soit 150 trimestres, contre 160 trimestres pour Mélenchon), sachant que la réforme des retraites adoptée durant le quinquennat de François Hollande prévoit un allongement de la durée de cotisation requise pour bénéficier du taux plein à 43 annuités, soit 172 trimestres, à partir de la génération née en 1973.

Par ailleurs, elle plaide en faveur d’une pension de retraite minimum de 1.800 euros net par mois, identique au montant du salaire plancher. Ce qui reviendrait à plus que doubler l’allocation perçue au titre de l’Aspa (ex-minimum vieillesse), dont le montant maximum se monte à 801 euros par mois. Enfin, elle veut indexer la revalorisation des pensions sur le coût de la vie.

Fiscalité : suppression de la TVA et de l’impôt sur le revenu, expropriation des milliardaires

Favorable à la suppression de la TVA, impôt qu’elle juge injuste car payé « au même taux, par les riches et par les pauvres », Nathalie Arthaud plaide également en faveur de l’abrogation de l’impôt sur le revenu. « Nous disons que les travailleurs ne doivent pas payer d'impôt sur leur salaire », a-t-elle déclaré au cours d’une interview sur Public Sénat, le 6 mars 2017.

En lieu et place de ces prélèvements, elle affirme vouloir « s’en prendre aux profits de la bourgeoisie », que « la classe capitaliste paye » par l'impôt sur le capital et même la confiscation des biens détenus par les plus riches.

« Il faudra prendre sur ces fortunes, se saisir de leurs comptes en banque, de leurs patrimoines immobiliers, de leurs châteaux, de leurs hôtels particuliers, de leurs forêts domaniales. Priver de quelques dizaines de milliards Bernard Arnault ou Liliane Bettencourt ne les réduirait pas à la famine », clame-t-elle dans son programme. Pour la porte-parole de Lutte Ouvrière, cette expropriation doit s’effectuer « sans indemnités ni rachat ».

Autres mesures et prises de positions politiques de Nathalie Arthaud

- Santé : la représente de LO à l’élection présidentielle veut mettre en place la gratuité « de tous les soins » estimant que la santé est un « droit pour tous ». Elle juge que l’accès aux soins « ne doit pas être soumis aux lois du marché ni conditionné par les revenus ».
- Logement : Nathalie Arthaud considère qu’il est « indispensable d’interdire les expulsions locatives ». Elle appelle aussi à réquisitionner les logements vacants et à encadrer les loyers dans le parc immobilier privé.

A lire aussi à propos de la présidentielle et des programmes des candidats

> Philippe Poutou
- Philippe Poutou : le programme anticapitaliste du NPA pour 2017

> Jean-Luc Mélenchon
- Smic, retraites, fiscalité… le programme de Mélenchon

> Benoît Hamon
- Revenu universel, Smic, retraites… le programme de Hamon

> Emmanuel Macron
- Pouvoir d’achat, impôts, Sécurité sociale… Le programme de Macron pour 2017

> Jean Lassalle
- Jean Lassalle 2017 : son programme social, fiscal et financier pour l’élection présidentielle

> Jacques Cheminade
- Jacques Cheminade : Smic, retraites, impôts, son programme pour 2017

> François Fillon
- Pouvoir d’achat : les propositions de Fillon pour 2017

> François Asselineau
- François Asselineau : le programme du candidat UPR à l’élection présidentielle 2017

> Nicolas Dupont-Aignan
- Dupont-Aignan : fiscalité, pouvoir d’achat, retraite, son programme présidentiel pour 2017

> Marine Le Pen
- Marine Le Pen : salaires, retraites, impôts, le programme du FN pour 2017

A lire également
- Pouvoir d'achat : budget des Français, le bilan du quinquennat de François Hollande