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Le programme de Jacques Cheminade pour l'élection présidentielle 2017 vise à mettre l'humain au centre et à en finir avec la « dictature de la finance ». Pour améliorer le quotidien des Français, le projet du candidat de Solidarité et Progrès repose sur l'Etat providence et la lutte contre l'optimisation, la fraude et l'évasion fiscales.

Jacques Cheminade programme élection présidentielle 2017

Les grandes lignes du programme de Jacques Cheminade pour l’élection présidentielle 2017

Pourfendeur du capitalisme financier (mais titulaire d'un plan d'épargne en actions d’une valeur de 15.400 euros) et « Gaulliste de gauche » autoproclamé, Jacques Cheminade est candidat pour la troisième fois à l’élection présidentielle en 2017. Pour sa troisième campagne électorale, le fondateur du parti Solidarité et progrès (S&P) veut « combattre le capitalisme », le « mettre au pas », en luttant farouchement contre la fraude et l’évasion fiscales, en coupant « les banques en deux » et refonder l’Europe, notamment en sortant de l’euro.

Parallèlement, il plaide en faveur de projets structurants de nature à renforcer la cohésion nationale mais aussi entre les nations, au travers d’une grande politique spatiale, une politique de la mer et une politique de développement de l’Afrique. Son idée consiste à « donner la priorité au bien commun et aux générations futures ».

Sur le plan économique et social, son programme emprunte autant à la gauche qu’à la droite.

Augmentation du Smic de 15% en plusieurs étapes

Jacques Cheminade propose une revalorisation des salaires en procédant à une hausse du Smic à 1.700 euros bruts (contre un Smic brut 2017 de 1.480,27 euros). Cette revalorisation de près de 15% (+14,8% précisément) serait appliquée en trois temps : une augmentation immédiate, les deux suivantes étalées sur deux ans.

L’objectif est tout à la fois de relancer la croissance et de donner de l’intérêt au « retour au travail pour ceux qui s’en sont déshabitués ». Pour éviter le risque de « fuite de l’argent vers la consommation de biens étrangers », Jacques Cheminade propose de promouvoir l’achat de produits de fabrication française et une augmentation du taux de TVA de trois points, de 20 à 23%, qui ne toucherait pas les produits de première nécessité.

Le candidat de Solidarité et Progrès veut aussi entraîner une « dynamique de revalorisation de l’ensemble des salaires », mais aussi des retraites et des minima sociaux.

On note par ailleurs qu'il entend augmenter de 20% le salaire des enseignants dans le cadre d'un rétablissement des heures d'études après l'école (en primaire, au collège et au lycée).

Il prône enfin de rétablir une indexation des revenus (salaires, retraites, etc.) sur le « coût réel de la vie » basé sur le « panier de la ménagère ».

Revalorisation de la rémunération des chômeurs en formation

Pour lutter contre le chômage de masse, Jacques Cheminade propose une série d'expérimentations, parmi lesquelles une majoration substantielle de plusieurs aides financières accordées aux chômeurs qui suivent une formation :
- rémunération de formation de Pôle emploi (RFPE), versée aux chômeurs non indemnisés, et dont le montant de base se monte à 652,02 euros mensuels
- allocation en faveur des demandeurs d'emploi en formation (Afdef), une aide qui n’existe plus, remplacée en 2011 par la rémunération de fin de formation (RFF), versée aux chômeurs dont les droits à l'allocation chômage prennent fin pendant une formation et dont le montant se monte au maximum à 652,02 euros par mois.
Il estime que la somme devrait être, dans les deux cas, fixée aux deux tiers du Smic, qu'il a par ailleurs prévu de revaloriser (voir plus haut).

Droit à un revenu « tout au long de la vie »

Tout en manifestant son opposition au revenu universel d’existence proposé par Benoît Hamon, Jacques Cheminade se déclare favorable à l’instauration d’un « droit à un revenu tout au long de la vie », au « maintien d’une rémunération entre deux emplois » et à une formation qualifiante, en contrepartie d’une « volonté manifeste de rechercher un nouvel emploi » pendant les éventuelles périodes de chômage.

L’énarque précise que le financement de ces nouveaux droits serait « fondé sur le régime de répartition, comme pour la retraite, et reposerait sur une contribution sociale des employeurs, avec des taux modulés » en fonction de l’affectation des bénéfices de l’entreprise.

Allocation d’études pour les étudiants de 600 euros par mois

Jacques Cheminade propose la mise en place d’une allocation d’études pour les étudiants d’un montant de 600 euros par mois sur 36 mois. Cette aide financière serait accordée « sous conditions de ressources et sous forme d’un capital utilisable tout le long de la vie mais seulement pour financer des études ».

En complément, il plaide pour l’instauration d’un « système de prêt sécurisé » à taux zéro de 300 euros mensuels, « organisé ou garanti par les pouvoirs publics » de sorte qu’un étudiant puisse vivre avec une somme de 900 euros par mois. L’objectif est de « permettre d’étudier à plein temps sans devoir trop travailler par ailleurs ».

Par ailleurs, il propose l’ouverture du droit au RSA (revenu de solidarité active) aux jeunes de 18 à 25 ans, ainsi que « l’automatisation du versement du RSA pour tous ceux qui ont le droit d’en bénéficier ».

Retraites : revalorisation générale des pensions

Favorable au maintien de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans, Jacques Cheminade refuse en revanche d'aller au-delà de 42 ans et demi de durée de cotisation, soit 170 trimestres, requis pour les générations nées en 1969 et suivantes afin de bénéficier d'une retraite à taux plein (sans décote). Il propose notamment une prise en compte de la pénibilité au cas pas par cas à partir d’un constat établi par les médecins et les inspecteurs du travail.

En outre, il se déclare farouchement opposé au principe de la constitution d'un complément de retraite par capitalisation (du type assurance vie). « La solution de la capitalisation doit être dans ce contexte rejetée une fois pour toutes », tranche-t-il.

Le candidat le plus âgé de l’élection présidentielle estime que le cœur du débat n'est pas d'agir sur tel ou tel paramètre des conditions de départ à la retraite mais de construire une société plus juste. C’est à ce titre qu’il appelle à une revalorisation générale des retraites et pensions :
- revalorisation progressive du montant minimum de toutes les retraites « au niveau du Smic »
- revalorisation pour les veuves et veufs des pensions de réversion à au moins 75% du Smic (y compris pour les pensions de réversion des agriculteurs, des artisans et des commerçants)
- augmentation immédiate de l’Aspa (ex-minimum vieillesse) de 100 euros par mois
- plafonnement des retraites à 10 fois le Smic.

Fiscalité : réformes de fond au programme

Outre un vaste de plan de « combat » contre la fraude et l’évasion fiscales, Jacques Cheminade veut « nettoyer dans les meilleurs délais les niches fiscales », ces réductions et exonérations qui, selon lui, favorisent « les bénéficiaires de revenus élevés ».

Il est notamment question d’abaisser de nouveau le plafonnement des niches fiscales de 10.000 euros par foyer fiscal et par an à 8.000 euros (et de 18.000 à 12.000 euros pour la défiscalisation outre-mer et le cinéma). « L’impôt sur le revenu doit retrouver une place centrale, sans être démembré par des listes d’exceptions », juge-t-il. Il émet l’idée de créer un groupe d’études devant établir « une liste de propositions pour élargir l’assiette de l’impôt sur le revenu ».

Il est favorable à la relance du projet de fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG (contribution sociale généralisée) « pour en faire un grand impôt direct, simple, progressif, compréhensible et équitable ». Ce nouvel impôt sur le revenu serait individualisé, avec un barème basé sur un taux effectif (et non plus par tranches) et une situation de famille, notamment la présence d’enfants à charge, prise en compte au travers du versement d’une prestation ou d’un crédit d’impôt égal dès le premier enfant.

Jugeant démagogique la proposition d’Emmanuel Macron de supprimer la taxe d’habitation pour 80% des ménages, Jacques Cheminade met sur la table une proposition de réforme de fond qui suppose de remettre à jour les valeurs locatives cadastrales, servant de base de calcul aux impôts locaux.

« Je propose donc de maintenir cette taxe, mais qu’elle soit assise pour 60 % sur la valeur vénale des logements (valeur locative révisée), en fonction de la moyenne des deux dernières années, et pour 40 % sur les revenus des occupants », suggère-t-il, précisant que la taxe foncière doit être réformée en « suivant le même principe ».

Il propose par ailleurs de maintenir l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune) tout en accordant une exonération totale aux « investissements dans les PME qui localisent leur production en France ». > Plus de détails : ISF : le programme des candidats à l’élection présidentielle 2017

Enfin, il propose de majorer de trois points le taux de TVA sur les produits de luxe et tous les produits « qui ne sont pas de première nécessité, comme par exemple les boissons gazeuses sucrées ».

Lire le programme des autres candidats à l'élection présidentielle 2017

> Nathalie Arthaud
- Nathalie Arthaud : le programme de Lutte Ouvrière pour 2017

> Philippe Poutou
- Philippe Poutou : le programme anticapitaliste du NPA pour 2017

> Jean-Luc Mélenchon
- Smic, retraites, fiscalité… le programme de Mélenchon

> Benoît Hamon
- Revenu universel, Smic, retraites… le programme de Hamon

> Emmanuel Macron
- Pouvoir d’achat, impôts, Sécurité sociale… Le programme de Macron pour 2017

> Jean Lassalle
- Jean Lassalle 2017 : son programme social, fiscal et financier pour l’élection présidentielle

> François Fillon
- Pouvoir d’achat : les propositions de Fillon pour 2017

> François Asselineau
- François Asselineau : le programme du candidat UPR à l’élection présidentielle 2017

> Nicolas Dupont-Aignan
- Dupont-Aignan : fiscalité, pouvoir d’achat, retraite, son programme présidentiel pour 2017

> Marine Le Pen
- Marine Le Pen : salaires, retraites, impôts, le programme du FN pour 2017

A lire également
- Pouvoir d'achat : budget des Français, le bilan du quinquennat de François Hollande