Est-il vrai que les retraites baissent ?


Mes Finances TV – Contrairement aux idées reçues, le montant nominal des pensions versées ne recule pas en France. En revanche, il augmente moins vite que l'inflation à cause des mesures d'économies mises en place par les régimes.    

Les pensions de retraites n'ont pratiquement plus augmenté depuis 2013

On entend dire que le montant des retraites baisse dans l’Hexagone. La réalité est quelque peu différente. « Les retraites ne baissent pas, mais elles n’augmentent plus », résume Roger Barrot, le président de la Fédération nationale des associations de retraités (FNAR) qui compte 250.000 adhérents. Les revalorisations annuelles ont été quasi-inexistantes depuis 2013.

Ainsi, la dernière réforme des retraites a instauré un report de la revalorisation annuelle des pensions servies par les régimes de base par rapport à l’inflation. Ce décalage du 1er avril au 1er octobre a entraîné un gel des retraites de base durant six mois en 2014. En outre, compte tenu de la faible hausse des prix à la consommation, l’indexation des pensions de base a été nulle en 2014 et de seulement + 0,1% en 2015.

Réduction du pouvoir d’achat

Du côté des retraites complémentaires, ce n’est guère mieux. Suite à l’accord signé le 13 mars 2013 par les partenaires sociaux, les pensions Arrco et Agirc ont été sous-indexées au point d’aboutir à une revalorisation nulle en 2014 et en 2015. Et les choses ne vont guère s’arranger puisque le nouvel accord validé le 30 octobre 2015 prévoit une indexation inférieure de 1 point par rapport à l’inflation en 2016, 2017 et 2018 pour dégager de nouvelles économies. Bref, les pensions complémentaires ne sont pas près d’augmenter de sitôt.

Cette absence de revalorisation pèse sur le pouvoir d’achat des retraités puisque les pensions n’augmentent plus au même rythme que les prix. Par ailleurs, elle constitue un signal inquiétant pour les jeunes générations, selon Roger Barrot. « Les jeunes sont découragés et ont tendance à se constituer une épargne pour compléter leurs retraites futures. Cela remet en cause la répartition et c’est dommage car ce système est précieux », souligne le président de la FNAR.