ACS : l’aide au paiement d’une complémentaire santé


L'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé est destinée aux ménages modestes qui ne disposent pas des moyens financiers suffisants pour souscrire une « mutuelle ». Son montant varie en fonction de l'âge du bénéficiaire. L'ACS va être fusionnée avec la CMU-C à compter du 1er novembre 2019.  

 

SOMMAIRE

Définition ACS

Montant ACS 2019

Plafonds de ressources ACS et conditions d’attribution

Simulation ACS

Comment demander l’ACS ?

Liste des mutuelles ACS

Remboursements ACS

Fusion CMU-C / ACS

Définition ACS

L’aide à l’acquisition d’une complémentaire de santé (ACS), plus communément appelée « aide pour le paiement d’une complémentaire santé », est un coup de pouce financier accordé par l’Etat aux personnes dont les revenus sont modestes, mais trop élevés pour pouvoir bénéficier de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), une « mutuelle » gratuite.

Plus précisément, l’ACS est réservée aux ménages dont les ressources sont supérieures de 35% au maximum du plafond d’attribution de la CMU-C. Attribuée sous la forme d’une attestation-chèque, l’aide sert exclusivement à la souscription d’une « mutuelle ».

Montant ACS 2019

Le montant annuel de l’ACS varie en fonction de l’âge du bénéficiaire au 1er janvier de chaque année. Il s’élève à :

100 euros pour les moins de 16 ans

200 euros de 16 à 49 ans

350 euros de 50 à 59 ans

550 euros pour les 60 ans et plus.

Chacun des membres d’un foyer peut bénéficier de l’ACS. L’aide est versée au titre d’une seule année et doit être redemandée tous les ans.

Plafonds de ressources ACS et conditions d’attribution

Pour pouvoir prétendre à l’ACS, le respect de trois conditions cumulatives est exigé. Il faut :

– posséder la nationalité française (ou avoir un titre de séjour ou avoir entamé des démarches en ce sens)

– résider en France depuis au moins trois mois de manière ininterrompue

– respecter des conditions de ressources réévaluées tous les ans

Les revenus pris en compte (salaires, allocations chômage, retraites, allocations familiales, pensions alimentaires, bourses de l’enseignement supérieur…) sont ceux perçus au cours des 12 mois précédant la demande d’ACS, sauf pour les intérêts des placements imposables (c’est-à-dire hors Livret A, Livret Bleu, Livret Jeune, LDDS, PEL, CEL, LEP) qui sont ceux de l’année N-2 (avant-dernière année civile). Ainsi, pour une demande déposée en 2019, les intérêts pris en compte sont ceux perçus en 2017.

Plafond de ressources pour l’attribution de l’ACS en vigueur jusqu’au 31 mars 2019

Nombre de personnes composant le foyer

Montant du plafond annuel en France métropolitaine

Montant du plafond annuel dans les départements et collectivités d’Outre-mer

1 personne 

12.084 euros 

13.449 euros 

2 personnes 

18.126 euros 

20.174 euros 

3 personnes 

21.751 euros 

24.209 euros 

4 personnes 

25.376 euros 

28.243 euros 

Au-delà de 4 personnes, par personne supplémentaire 

+ 4.833,52 euros 

+ 5.379,71 euros 

Source : service-public.fr

Simulation ACS

L’Assurance maladie met à disposition des internautes un simulateur en ligne pour savoir s’ils ont droit ou non à l’ACS, sur le site ameli.fr. La Mutualité sociale agricole (MSA), le régime de protection sociale obligatoire des salariés agricoles (travaillant dans une exploitation agricole, une coopérative agricole, une mutuelle agricole ou une entreprise de l’agroalimentaire) et des non-salariés agricoles (chefs d’exploitation, collaborateurs agricoles, aides familiaux), propose un outil analogue sur son site Internet.

Comment demander l’ACS ?

Première demande

Un formulaire de demande ACS est à remplir par foyer, quel que soit le nombre de personnes qui le composent. Le document peut être retiré à sa caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ou sa caisse de MSA. Il peut aussi être téléchargé sur le site info-acs.fr.

Le formulaire doit être accompagné des pièces justificatives suivantes :

– avis d’impôt ou avis de situation déclarative à l’impôt (ASDIR)

– avis de taxe foncière, de taxe d’habitation

– justificatifs de situation fiscale et sociale du ou des pays concernés si le demandeur a résidé à l’étranger dans les 12 derniers mois

– titre de séjour en cours de validité ou récépissé de demande de renouvellement du titre de séjour

– attestation de la caisse d’allocations familiales (CAF) ou de la MSA de ressources présumées inférieures au montant forfaitaire du revenu de solidarité active (RSA) si le demandeur a fait une demande de RSA.

Une fois le document dûment complété, daté et signé, il suffit de le déposer ou de l’envoyer par la Poste à sa caisse d’affiliation.

L’Assurance maladie ou la MSA doivent donner une réponse par courrier dans les deux mois suivants l’envoi de la demande. Lorsque l’ACS est attribuée, le bénéficiaire reçoit à son domicile une attestation de tiers payant et une attestation de droit ACS comportant un coupon, appelée attestation-chèque.

La première lui permet, sous présentation du document et de la carte Vitale, de ne pas avancer la part remboursée par l’organisme d’assurance maladie de base (Assurance maladie ou MSA). En revanche, l’assuré devra s’acquitter de la part de remboursement de la complémentaire santé.

L’attestation-chèque sert, elle, à la souscription de la mutuelle éligible à l’ACS. Une fois la complémentaire santé choisie, le bénéficiaire envoie le coupon à l’organisme gestionnaire du contrat. Ce dernier va déduire le montant de l’attestation-chèque (de 100 à 550 euros) de la cotisation annuelle de la mutuelle. L’assuré devra payer la part restante de la prime.

Renouvellement

Le renouvellement de l’ACS n’est pas automatique, hormis pour les bénéficiaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), le remplaçant du minimum vieillesse. Pour les autres, il faut renouveler sa demande auprès de sa CPAM ou sa caisse de MSA entre quatre et deux mois avant la date d’échéance de l’ACS. En théorie, l’organisme de complémentaire santé doit prévenir au moins deux mois avant l’échéance du contrat.

Liste des mutuelles ACS

L’Etat a mis en place un comparateur qui recense les offres de contrats d’assurance compatibles avec l’ACS. Il est disponible sur le site info-acs.fr. L’outil distingue deux situations : le bénéficiaire de l’ACS dispose déjà d’une couverture complémentaire ou il n’est pas encore couvert par une « mutuelle ». Dans les deux cas, le comparateur permet de trouver des contrats éligibles à l’ACS. Ces derniers doivent répondre à un cahier des charges stricts et proposer un bon rapport qualité-prix.

A savoir : l’ACS et un contrat collectif sont incompatibles, puisqu’au moins 50% de la cotisation obligatoire à une « mutuelle » d’entreprise doit être pris en charge par l’employeur. Afin de pouvoir utiliser l’attestation-chèque le bénéficiaire de l’ACS doit impérativement opter pour l’une des complémentaires santé présélectionnées par le gouvernement. Il peut alors obtenir une dispense d’affiliation à la couverture obligatoire de son entreprise, à condition toutefois que cette possibilité soit prévue dans le contrat.

Remboursements ACS

Tous les contrats éligibles à l’ACS doivent, au minimum, proposer :

– la prise en charge à 100% su ticket modérateur (la part non remboursée par l’Assurance maladie ou la MSA), sauf pour les cures thermales et les médicaments remboursés à 15%

– la prise en charge à 100% du forfait journalier hospitalier (FJH) de façon illimitée que ce soit à l’hôpital ou en psychiatrie

– la prise en charge de lunettes de vue, de prothèses dentaires, d’orthodontie et d’audioprothèses selon des taux modulés en fonction du contrat choisi.

A ce socle minimum de garanties, s’ajoutent des prestations qui varient selon le type de complémentaire santé choisi :

– le contrat A (entrée de gamme) prend en charge 100% du ticket modérateur pour l’optique et 125% du tarif de la sécurité sociale pour les prothèses dentaires

– le contrat B (intermédiaire) prend en charge 100 euros pour une paire de lunettes à verres simples, 200 euros pour des lunettes à verres complexes (progressifs…) et 225% du tarif de la sécurité sociale pour les prothèses dentaires

– le contrat C (supérieur), prend en charge 150 euros pour des lunettes à verres simples, 350 euros pour des lunettes à verres complexes, 300% du tarif de la sécurité sociale pour les prothèses dentaires et 450 euros pour les prothèses auditives.

Fusion CMU-C / ACS

La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2019 prévoit la fusion de la CMU-C et de l’ACS au 1er novembre prochain. La nouvelle couverture sera gratuite à hauteur du plafond de ressources de la CMU-C, puis la fraction supérieure sera payante en fonction de l’âge.

Selon le gouvernement, cette réforme favorisera particulièrement les personnes âgées modestes qui devraient bénéficier ainsi d’une complémentaire à moins de 1 euro par jour. Elle sera également favorable aux personnes handicapées bénéficiaires de l’ACS qui auront accès à une prise en charge intégrale des dispositifs médicaux (fauteuils roulants, béquilles, sondes…) dans le cadre de la CMU-C et non partielle comme aujourd’hui.