Calculer son taux marginal d’imposition (TMI) permet de mesurer l’impact fiscal de ses décisions et d’apprécier le montant net réellement perçu pour chaque nouvel euro gagné. Cet indicateur est indispensable pour évaluer la rentabilité réelle d’un placement ou anticiper la pression fiscale liée à des revenus complémentaires.
Le TMI (taux marginal d’imposition), c’est quoi ?
Le TMI est le taux d’imposition qui s’applique à chaque euro supplémentaire de revenu perçu, lorsque ce revenu est soumis au barème de l’impôt.
Le taux marginal d’imposition sert à mesurer l’impact fiscal :
- d’une hausse de revenus
- d’une baisse de revenus
- ou d’une charge déductible (somme qui diminue le revenu imposable) telle que le versement déductible sur un plan d’épargne retraite (PER).
Le TMI diffère du taux moyen d’imposition, qui correspond au pourcentage d’imposition appliqué à l’ensemble des revenus du foyer fiscal.
Les 3 données pour calculer son TMI (taux marginal d’imposition)
Pour déterminer son taux marginal d’imposition, il faut se munir de trois informations, dont les deux premières figurent sur le dernier avis d’impôt ou doivent être estimées pour l’année en cours.
Le revenu net imposable (RNI)
Le revenu pris en compte pour calculer le taux marginal d’imposition est le revenu net imposable (RNI).
Le RNI est égal à la somme des revenus soumis au barème de l’impôt (salaires, pensions, revenus fonciers, etc.) après déduction des frais professionnels et des charges déductibles. Il est calculé par l’administration fiscale à partir de la déclaration de revenus.
⚠️ Le RNI est différent du salaire net imposable, qui figure en bas de la fiche de paie.
Besoin d’aide pour le trouver ou savoir comment le calculer ? Consulter notre article complet sur le revenu net imposable (RNI).
Le nombre de parts de quotient familial
Le calcul du TMI tient compte de la composition du foyer fiscal. L’imposition des revenus soumis au barème en France prévoit une division du revenu net imposable par un nombre de parts attribué principalement en fonction de la situation conjugale (personne célibataire, mariée, pacsée, divorcée, veuve) et du nombre d’enfants et autres personnes à charge :
- une personne célibataire compte pour 1 part ;
- un couple marié ou pacsé compte pour 2 parts ;
- les deux premiers enfants à charge ajoutent une demi-part, et les suivants, à partir du troisième, une part entière.
Pour ne pas se tromper, il est nécessaire de calculer le nombre de parts fiscales de son foyer.
Le barème de l’impôt 2026 : les seuils de tranches actualisés
Pour calculer son TMI, il faut situer son « revenu par part » au sein des tranches de l’impôt sur le revenu. Voici les seuils officiels pour l’imposition des revenus de 2025 (déclaration 2026) :
| Tranches de revenus (par part) | Taux d’imposition (TMI) |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0% |
| De 11 600 € à 29 579 € | 11% |
| De 29 579 € à 84 577 € | 30% |
| De 84 577 € à 181 917 € | 41% |
| Plus de 181 917 € | 45% |
Source : loi de finances 2026 (article 4)
Ces seuils sont actualisés chaque année par la loi de finances. Il convient de se reporter à notre article complet sur le barème de l’impôt sur le revenu pour comprendre son fonctionnement et consulter l’historique.
La méthode de calcul du TMI étape par étape
Le calcul du taux marginal d’imposition nécessite une opération en deux temps pour tenir compte de la réalité du foyer fiscal.
Étape 1 : calculer le revenu par part fiscale
La première étape consiste à déterminer le revenu par part fiscale (appelé « quotient familial ») en divisant le revenu net imposable (RNI) par le nombre de parts. La formule de calcul du revenu par part fiscale est la suivante :
RNI / nombre de parts = revenu par part (quotient familial)
C’est ce revenu par part qui est utilisé pour connaître le taux marginal d’imposition.
Étape 2 : identifier la tranche supérieure atteinte
Une fois le revenu par part calculé, il suffit de le confronter aux tranches du barème de l’impôt.
Voici comment procéder :
Il faut prendre le revenu par part, regarder dans quelle tranche du barème il se situe et relever le taux correspondant.
📌 À noter :
Quand on franchit le seuil d’une tranche supérieure pour seulement quelques euros, le taux correspondant à cette dernière tranche devient la référence à utiliser pour déterminer le TMI. Seul ce surplus est taxé au taux marginal d’imposition (et non l’intégralité des revenus).
Exemple de calcul pour un célibataire (1 part)
Prenons le cas d’un contribuable célibataire dont le revenu déclaré (salaires uniquement) est de 35 000 euros.
1. Détermination du revenu net imposable (RNI) : 35 000 € – 3 500 € = 31 500 €
Les 3 500 euros correspondent à l’application de l’abattement de 10% pour frais professionnels.
2. Calcul du RNI par part : 31 500 € / 1 part = 31 500 €
3. Lecture du barème : ce montant de 31 500 euros dépasse le seuil de la deuxième tranche (29 579 euros)
4. Résultat : le TMI de ce contribuable est de 30%.
5. Conséquence : chaque euro supplémentaire gagné sera imposé à hauteur de 30 centimes jusqu’à 84 577 euros de revenu net imposable.
Exemple de calcul pour un foyer avec enfants (3 parts)
Prenons le cas d’un couple marié avec deux enfants à charge (soit 3 parts) disposant d’un salaire déclaré cumulé de 75 000 euros.
1. Détermination du RNI : 75 000 € – 7 500 € = 67 500 €
Une somme de 7 500 euros est déduite, correspondant à l’application de l’abattement de 10% pour frais professionnels.
2. Calcul du RNI par part : 67 500 € / 3 = 22 500 € par part
3. Lecture du barème : ce montant de 22 500 euros se situe dans la deuxième tranche, correspond à un RNI par part compris entre 11 600 et 29 579 euros
4. Résultat : le TMI de ce foyer fiscal est de 11%.
5. Conséquence : chaque euro supplémentaire gagné sera imposé à hauteur de 11 centimes jusqu’à 29 579 euros de revenu net imposable par part.
Pourquoi connaître son TMI est important
Connaître son TMI permet de mesurer l’impact fiscal de ses décisions financières et d’apprécier le montant net réellement perçu pour chaque nouvel euro gagné.
💡 À noter :
Calculer son TMI permet notamment d’anticiper les effets de seuil : quand les revenus actuels se situent juste en dessous de la limite d’une tranche supérieure, une augmentation ou une prime peut être taxée en grande partie à un taux plus élevé. Dans ce cas, il est donc indispensable d’effectuer un calcul de la TMI avant et après la prise en compte de ce revenu additionnel pour en mesurer les conséquences fiscales.
Anticiper l’impact fiscal des futurs revenus
Une augmentation de salaire, une prime ou des revenus fonciers (loyers) ne sont pas taxés au taux moyen d’imposition du foyer, mais intégralement au TMI.
Connaître son taux marginal d’imposition, et celui auquel serait taxé tout revenu additionnel, permet d’évaluer l’intérêt financier d’une prime, d’une promotion ou d’un investissement locatif, en tenant compte de leur niveau d’imposition.
Attention aux prélèvements sociaux
⚠️ Pour certains revenus, il faut ajouter, en plus de l’impôt sur le revenu au taux marginal d’imposition, les prélèvements sociaux :
- 17,2% pour les revenus fonciers
- 18,6% pour les revenus financiers (si option pour leur imposition au barème) et les revenus de location meublée non professionnelle (LMNP).
Optimiser ses versements sur un PER
Connaître son taux marginal d’imposition permet de déterminer l’économie d’impôt obtenue lors d’un versement volontaire déductible sur un plan d’épargne retraite. En effet, le gain fiscal est proportionnel au TMI appliqué à la somme versée.
Par exemple, un versement de 1 000 euros avec un TMI de 30% représente une économie d’impôt de 300 euros alors que celle-ci se monte à seulement 110 euros pour un TMI de 11%.
⚠️ Attention, lorsque les revenus se situent juste au-dessus de la limite entre deux tranches, le risque est que la déduction s’applique en partie au taux inférieur. Dans ce cas, il est nécessaire d’effectuer une simulation pour s’assurer que l’on verse juste assez pour générer l’économie d’impôt au taux désiré.
➡️ Connaître le TMI applicable permet donc de calibrer le montant de ses versements.
Ce qui peut modifier le TMI (taux marginal d’imposition)
L’effet du plafonnement du quotient familial
À revenu identique, un foyer fiscal comptant des enfants à charge paie moins d’impôt que celui sans enfant, son revenu net imposable par part étant plus bas, en raison d’un nombre de parts fiscales plus important.
Toutefois, l’avantage lié au nombre de parts est limité par un mécanisme appelé plafonnement des effets du quotient familial. Celui-ci s’applique quand on bénéficie de parts fiscales supplémentaires (plus de 1 pour une personne seule, plus de 2 pour un couple marié ou pacsé) et au-delà d’un certain niveau de revenus.
Pour appliquer le plafonnement, l’administration fiscale recalcule l’impôt comme si aucune part supplémentaire liée aux enfants n’était attribuée, sur la base d’un taux marginal d’imposition plus élevé. Ce mécanisme conduit donc à être soumis plus rapidement à un TMI plus élevé.
L’impact d’un revenu exceptionnel sur le taux
En augmentant le revenu net imposable, la perception d’un revenu exceptionnel peut modifier le calcul de l’impôt de deux manières :
- si les revenus du contribuable restent dans la même tranche : le montant de l’impôt augmente proportionnellement au TMI actuel sur chaque euro perçu ;
- si le revenu exceptionnel est très important : il peut faire basculer le contribuable dans une tranche supérieure et donc augmenter le TMI pour l’année concernée.
Il existe cependant une option fiscale, le mécanisme du quotient, qui peut être choisie dans la déclaration de revenus. Ce mécanisme permet d’éviter d’être imposé à un TMI supérieur à celui supporté en temps normal.
FAQ : Les réponses aux questions sur le calcul du TMI
Faut-il calculer son TMI soi-même ou utiliser le simulateur ?
Le calcul présenté dans cet article sert à comprendre la logique de fonctionnement de l’imposition des revenus au barème, pour gagner en visibilité sur ses gains salariaux et prendre les bonnes décisions de placement, notamment pour bien calibrer ses versements sur un PER. Pour obtenir le montant d’impôt exact incluant toutes les variables (abattements, décote, réductions et crédits d’impôt), l’utilisation du simulateur officiel demeure une étape indispensable.
Quels sont les revenus exclus du calcul du TMI ?
Les revenus financiers (intérêts, dividendes, plus-values) soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) sont, en principe, exclus de l’imposition au barème de l’impôt. Ils ne sont donc pas concernés par le taux marginal d’imposition. Il existe toutefois une exception : lorsqu’un contribuable opte pour l’imposition de ces revenus financiers au barème de l’impôt pour une année, ceux-ci sont taxés au taux marginal d’imposition.
Les plus-values immobilières sont, pour leur part, systématiquement imposées à un taux d’imposition de 19% (plus les prélèvements sociaux), elles ne sont donc pas visées par la taxation au TMI.
Pourquoi les réductions d’impôt ne baissent-elles pas mon TMI ?
Contrairement à une déduction qui diminue la base de calcul de l’impôt, la réduction d’impôt ne diminue pas le revenu net imposable. Elle permet uniquement de réduire le montant d’impôt sur le revenu à payer. Le TMI est donc inchangé quand on utilise un dispositif ouvrant droit à réduction d’impôt.
Déduction ou crédit d’impôt : quel impact sur le calcul du TMI ?
La confusion entre ces deux mécanismes est fréquente. Toutefois, leur influence sur le taux marginal d’imposition est différente, car ils n’interviennent pas à la même étape du calcul de l’impôt :
- La déduction fiscale (exemple : versements déductibles sur un PER) agit sur la base de calcul de l’imposition au barème de l’impôt. En diminuant le revenu net imposable, elle fait baisser le niveau de taxation à hauteur du TMI.
- Le crédit d’impôt (exemple : emploi d’une personne à domicile) vient diminuer le montant de l’impôt brut, à la fin du processus de calcul de l’impôt. Il peut générer un remboursement si son montant est supérieur à l’impôt brut, mais ne modifie jamais le TMI.
À propos de l'auteur
Olivier Brunet est cofondateur de ToutSurMesFinances.com et rédacteur en chef spécialisé en placements et fiscalité des particuliers. Présent au sein du média depuis sa création, il en est l’un des piliers éditoriaux. Il analyse les stratégies d’investissement, suit les évolutions fiscales et les problématiques patrimoniales avec une vision long terme, forgée par des années de pratique et de suivi des marchés.

