Barème de l’impôt : sauter une tranche, ce n’est pas grave


Comment fonctionne le barème de l'impôt sur le revenu ? Pourquoi dit-on qu'il est progressif ? Les clés pour comprendre son mécanisme dans le calcul effectué par le fisc à partir de votre déclaration de revenus.  

Le barème de l'impôt sur le revenu est progressif, ce qui implique que sauter une tranche ne soit pas grave.

Vos revenus ont augmenté en 2016 et vous craignez de payer beaucoup plus d’impôt en 2017 après avoir « sauté de tranche » ? Pas d’inquiétude, le barème de l’impôt sur le revenu est progressif : vous ne risquez pas de voir votre impôt sur le revenu exploser. Décryptage.

Les revenus imposés au barème

Prenez garde, il y a revenu imposable et revenu imposable ! Celui qui apparaît en bas de votre fiche de paie n’est pas le même que celui auquel s’applique le barème de l’impôt. Pourquoi ? Parce que la plupart des salaires comme des pensions de retraite ne sont pris en compte dans le calcul de l’impôt qu’à hauteur de 90% de leur montant. C’est ce qu’on appelle le revenu net imposable (RNI).

En quoi consiste le barème progressif

Depuis 2015, le barème de l’impôt sur le revenu (IR) se compose de cinq taux : 0%,14%, 30%, 41% et 45%. Heureusement, ces taux ne s’appliquent que par paliers. Pour tous les contribuables, qu’ils soient imposables ou non, la première tranche de revenus jusqu’à 9.710 euros est soumise au taux de 0%. Au-delà, vos revenus ne sont pas tous taxés à un taux unique de 14%, 30%, 41% ou 45%. Seules des fractions le sont. C’est ce qu’on appelle la progressivité de l’impôt.

Le barème progressif de l’impôt sur le revenu 2017 est le suivant :

– 0% de 0 à 9.710 euros de revenu net imposable
– 14% de 9.710 à 26.818 euros
– 30% de 26.818 à 71.898 euros
– 41% de 71.898 euros à 152.260 euros
– 45% pour la fraction supérieure à 152.260 euros.

Ainsi, si vos revenus annuels se montent à 200.000 euros, tous vos revenus ne sont pas soumis au taux d’imposition de 45%. C’est la tranche comprise entre 152.260 et 200.000 euros (soit 47.740 euros) et elle seule qui est imposée au taux de 45%. Ce raisonnement s’applique à chaque fraction de revenu imposable.

Ce système d’imposition par paliers permet de déterminer un impôt maximum pour chacune des tranches du barème :

– 0 à 9.710 euros de revenu net imposable : 0 euro
– 9.710 à 26.818 euros : 2.395,12 euros
– 26.818 à 71.898 euros : 13.524 euros
– 71.898 euros à 152.260 euros : 32.948,42 euros
– Fraction supérieure à 152.260 euros dépend de vos revenus.

La crainte de « sauter une tranche » est donc totalement infondée. Prenons l’exemple d’un employé célibataire qui a touché une augmentation de salaire de 50 euros par mois, soit 600 euros sur l’ensemble de l’année. Après application de la déduction de 10% au titre des frais professionnels, son revenu net imposable se voit donc majoré de 540 euros. Son revenu net imposable se montait à 26.500 euros l’année précédant le coup de pouce de son employeur, et passe dans la tranche supérieure (27.040 euros > à 26.818 euros) imposable au taux de 30%. Seuls 222 euros, correspondant aux revenus au-delà de 26.818 euros sont frappés par ce taux de 30%.

Le calcul est le suivant :

Revenu brut : 30.044 euros
Revenu net imposable : 27.040 euros

Application du barème de l’IR

–  0% sur la tranche inférieure à 9.710 euros, soit 0 euro,
– 14% sur la tranche située entre 9.710 et 26.818 euros. Soit 14% x (26.818 – 9.710) = 2.395,12 euros,
– 30% sur la dernière fraction située au-delà de 26.818 euros. Soit 30% x (27.040 – 26.818) = 66,6 euros.

Au total, son impôt sur le revenu se monte ainsi à 2.461,72 euros arrondis à 2.462 euros. Son taux d’imposition est inférieur à 10% du revenu net imposable, bien loin des 30% qu’il pouvait craindre. Fort heureusement, ce n’est pas aux contribuables de calculer eux-mêmes leur impôt. Le simulateur de calcul mis à disposition sur le site impots.gouv.fr est là pour ça.