Reste à charge, montant de l’APA … encore des progrès à faire pour la dépendance


Malgré la perception de l'aide personnalisée d'autonomie (APA), les personnes âgées dépendantes restées à leur domicile doivent encore payer de leur poche. En moyenne, l'aide à domicile leur coûte 600 euros par mois, hors APA, selon l'UFC Que-Choisir.  

Le montant de l'APA n'est pas suffisant pour prendre en charge les dépenses liées à la dépendance.

Le constat n’est pas nouveau. Les personnes âgées dépendantes bénéficiant de l’aide personnalisée d’autonomie (APA) doivent tout de même débourser chaque mois une certaine somme pour rester vivre chez elles. C’est ce que l’association de consommateurs UFC Que-Choisir a pu tirer d’une enquête réalisée auprès de 375 personnes en perte d’autonomie. Publiée le 21 avril 2016, l’étude montre également que les heures d’aide à domicile allouées sont insuffisantes.

Pour rappel : l’APA s’adresse aux personnes âgées de 60 ans et plus en perte d’autonomie ou dépendantes. Elle doit obligatoirement servir à couvrir les dépenses liées aux aides à domicile dont ont besoin les bénéficiaires pour accomplir des actes du quotidien (se laver, se nourrir…). Elle est attribuée sans conditions de ressources et son montant varie en fonction du degré de perte d’autonomie ou de dépendance.

600 euros de reste à charge par mois

L’association part du principe que la grande majorité des personnes âgées préfèrent demeurer chez elles « avec leurs repères, leurs souvenirs et leurs habitudes ». Problème, une fois que les premiers signes de dépendance apparaissent, des aides à domicile plus ou moins importantes et quotidiennes deviennent nécessaires. Et elles ont un coût élevé, y compris lorsque la personne dépendante touche l’APA. « Force est de constater que les sommes allouées ne sont pas à la hauteur des besoins », déplore l’UFC Que-Choisir. En effet, le bénéfice de l’APA intervient sur la base d’un plan d’aide élaboré par le conseil départemental : celui-ci détermine alors le nombre d’heures d’aide à domicile ainsi que le montant de l’APA selon le degré de dépendance de la personne. En fonction de ses revenus, cette dernière participera ou non aux dépenses nécessaires à son maintien à domicile. C’est ce reste à charge qui peut parfois demeurer très élevé. Selon l’enquête, il se monte en moyenne à 600 euros par bénéficiaire de l’APA et peut atteindre des sommes astronomiques, le plus important s’élevant à 6.000 euros par mois. Dans 26% des cas, il dépasse le tiers des ressources de la personne et dans 16%, la moitié.

Montant de l’APA insuffisant …

En dehors, du reste à charge, c’est le montant même de l’APA qui est insuffisant selon l’association. « Alors que nous avons évalué la dépense mensuelle moyenne attendue à 1.500 euros pour une personne en perte totale d’autonomie (Gir 1- Gir 2), ils ne sont que 5% à percevoir plus de 1.000 euros, alors que 25% déclarent être dans cette tranche de dépendance », constate l’UFC Que-Choisir. Près de la moitié des répondants (43%) déclarent même percevoir moins de 250 euros d’aide mensuelle moyenne. L’association salue l’augmentation récente du plafond des plans d’aide au titre de l’APA ainsi que la modulation du reste à charge, tout en restant sceptique : « Le montant de l’enveloppe budgétaire débloquée risque de n’être qu’une goutte d’eau dans l’océan des besoins. »

Il faut dire que les tarifs d’aide à domicile peuvent être élevés : 13 euros de l’heure en moyenne pour un emploi direct, 20 euros pour les associations et 22 euros pour les entreprises commerciales. « Les écarts se creusent d’autant plus que le volume d’heures est important, avance l’association. Pour 70 heures d’aide mensuelle, la facture passe de 910 euros en emploi direct à 1.400 euros si on s’adresse à une association, et à 1.540 euros à un organisme commercial. Des montants incompatibles avec le niveau moyen des retraites en France. »

… tout comme le nombre d’heures d’aide à domicile

Par ailleurs, au-delà des tarifs, du reste à charge et du montant de l’APA, c’est également le nombre d’heures d’aide à domicile allouées qui est insuffisant pour les premiers concernés. En moyenne, ceux-ci profitent de 56 heures d’aide par mois, or pour la moitié d’entre eux, cela n’est pas assez. Il faudrait 27 heures par mois supplémentaires. Selon l’association, cela peut déjà paraître élevé, mais « le temps file vite lorsqu’on a besoin d’une assistance pour tous les actes de la vie quotidienne (se laver, s’habiller, manger…Ndlr). Même en calculant au plus juste, 2h30 d’aide par jour semblent un minimum (lever, toilette et petit déjeuner : 1 h ; déjeuner : 30 min ; goûter 30 min ; dîner et coucher : 30 min). Ce qui correspond grosso modo à 75 h par mois ».