Les mesures « choc » de Sarkozy sur les retraites


Dans une interview parue le 4 février 2016 dans Les Echos, l'ex-chef de l'Etat annonce qu'il lancera une nouvelle réforme des retraites dès l'été 2017 s'il revient à l'Elysée. Elle prévoira notamment un recul de l'âge de départ à 64 ans.    

S'il redevient président de la République, Nicolas Sarkozy promet de reculer l'âge de départ à la retraite à 64 ans et de supprimer le compte pénibilité

S’il est réélu à la présidence de la République en 2017, Nicolas Sarkozy commencera par lancer une nouvelle réforme des retraites. « Dès l’été 2017, il y aura un projet de loi retraite pour repousser l’âge légal à 63 ans dès 2020 et 64 ans dès 2025. Cela représente près de 20 milliards d’euros d’économies une fois la réforme montée en charge », annonce l’ex-chef de l’Etat et actuel président du parti Les Républicains (LR) dans une interview publiée le 4 février 2016 dans Les Echos.

Ce n’est pas la première fois que Nicolas Sarkozy évoque un nouveau recul de l’âge légal de départ à la retraite. Toutefois, jusqu’ici, le probable candidat aux primaires de droite et du centre s’était prononcé pour un report à 63 ans, soit un an de plus que les 62 ans instaurés à compter de l’an prochain comme prévu dans la loi Woerth de 2010 adoptée sous son quinquennat.

Suppression du compte pénibilité

Le seuil de 64 ans constitue donc une nouveauté chez lui. L’ancien locataire de l’Elysée se rapproche ainsi des propositions d’Alain Juppé et de François Fillon, les deux candidats aux primaires officiellement déclarés, qui militent depuis 2014 pour un départ à 65 ans. Dans son interview, Nicolas Sarkozy déclare également qu’il supprimerait, s’il accède à la présidence, le compte pénibilité « qui est une usine à gaz et une bombe à retardement en terme de coût pour les entreprises ».

Une récente étude de COE-Rexecode, un institut privé proche du patronat, chiffre à 6 milliards d’euros d’ici 2060 le coût de ce dispositif mis en place par la réforme de 2014 et qui permet notamment aux salariés exposés à des risques professionnels de partir plus tôt à la retraite. Là encore, le président de LR ne fait pas preuve d’originalité puisqu’Alain Juppé a promis sa suppression lors d’une conférence organisée le 22 septembre 2015 à l’école Centrale..

Calcul des pensions du public aligné sur le privé

En réalité, Nicolas Sarkozy marque vraiment sa différence vis-à-vis de ses adversaires au sujet du calcul de la pension des régimes publics. Actuellement basée sur la moyenne des six derniers mois de traitement, elle serait calculée, comme pour les salariés du privé, sur les 25 meilleures années de rémunération « en y incluant les primes ». Ce dernier point a son importance, sachant que la retraite des agents publics ne prend pas en compte, jusqu’ici, les primes et avantages en nature.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’a été créée en 2005 la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP), un régime par capitalisation financé par des cotisations prélevées sur les primes perçues par les fonctionnaires. Nicolas Sarkozy ne dit pas si sa réforme entraînerait la disparition de la RAFP. L’alignement des règles de calcul de la pension du public sur le privé concernerait uniquement « les nouveaux fonctionnaires », se borne-t-il à préciser.
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