Chaque année à la rentrée, de nombreux salariés et retraités découvrent un nouveau taux de prélèvement à la source sur leur fiche de paie ou leur relevé de paiement de pension. Ce n’est pas une erreur : sauf modulation à l’initiative du contribuable, ce taux est recalculé tous les ans en septembre, à partir de la dernière déclaration de revenus. Cet article explique d’où vient ce nouveau taux, ce qu’il change sur le revenu net, et comment le vérifier ou l’ajuster si la situation a changé.
Pourquoi un nouveau taux s’applique en septembre
Chaque mois de septembre, l’administration fiscale actualise le taux de prélèvement à la source (PAS) des contribuables. Ce rendez-vous annuel explique la plupart des changements de taux observés à la rentrée sur un bulletin de salaire ou un relevé de pension. Sauf modulation en cours d’année, le taux qui prend effet au 1er septembre est calculé à partir de la dernière déclaration de revenus, transmise au printemps ; celui appliqué de janvier à août repose sur la déclaration de revenus remplie l’année précédente. Cette mise à jour n’a rien d’exceptionnel : elle fait partie du fonctionnement du prélèvement à la source.
Pour un couple marié ou pacsé, le taux qui figure sur la fiche de paie est, en principe, le taux individualisé, appliqué par défaut aux revenus personnels depuis le 1er septembre 2025 (article 19 de la loi de finances pour 2024, loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023), sauf option pour le maintien du taux du foyer. Le taux appliqué (individualisé ou du foyer, selon l’option retenue) est recalculé chaque année à la rentrée à partir de la dernière déclaration de revenus.
Lorsqu’aucun taux n’a été transmis à l’employeur, par exemple pour un salarié qui vient d’entrer dans la vie active ou en cas de changement d’employeur, c’est le taux non personnalisé issu de la grille du taux neutre qui s’applique, jusqu’au traitement par le fisc d’une déclaration de revenus.
⚠️ Attention
Lorsqu’un contribuable a lui-même modulé son taux en cours d’année, ce taux modulé s’applique en principe jusqu’au 31 décembre de l’année concernée. Le taux issu de la dernière déclaration prend ensuite le relais au 1er janvier suivant, sauf nouvelle modulation.
Un cas particulier existe pour les modulations à la hausse effectuées en début d’année : si le taux calculé ensuite à partir de la déclaration de revenus se révèle supérieur au taux modulé, ce nouveau taux se substitue au taux modulé dès septembre. À l’inverse, si le taux issu de la déclaration est inférieur ou égal au taux modulé, le taux modulé continue de s’appliquer jusqu’au 31 décembre (source BOFiP : BOI-IR-PAS-20-30-20-20).
Le nouveau taux 2026 repose sur les revenus 2025
Le taux appliqué à partir de septembre 2026, et jusqu’en août 2027, ne dépend pas des revenus du moment : il est calculé à partir des revenus de 2025, déclarés au printemps 2026. Un décalage d’un peu plus d’un an sépare donc la période de référence de son application sur la fiche de paie.
En cas de hausse de revenus survenue en 2026, celle-ci ne se répercutera automatiquement sur le taux qu’à la rentrée 2027, sauf si le contribuable actualise lui-même son taux en cours d’année. Inversement, une baisse de revenus en 2025 fait diminuer le taux appliqué à partir de septembre 2026. Les revenus de l’année en cours n’entrent pas encore dans ce calcul.
Le nouveau taux est le dernier temps d’une séquence qui se répète chaque année :
- au printemps, le contribuable remplit sa déclaration de revenus ;
- au cours de l’été, l’administration établit l’avis d’impôt, qui fait apparaître un solde à payer ou un remboursement au titre des revenus 2025 ;
- en septembre, le taux est rafraîchi pour ajuster, sur les douze mois à venir, le prélèvement retenu mensuellement.
La chronologie est comparable pour les travailleurs indépendants, les titulaires de revenus fonciers et les contribuables percevant certains revenus sans collecteur (comme les pensions alimentaires) : le prélèvement prend alors la forme d’un acompte d’impôt contemporain, prélevé directement par l’administration, mensuellement ou trimestriellement sur option.
Un nouveau taux ne signifie pas forcément plus d’impôt
Un taux plus élevé en septembre peut sembler annoncer un impôt plus lourd. Ce n’est pas ce qu’il traduit. Le taux de prélèvement à la source ne détermine pas le montant de l’impôt. Il fixe seulement le niveau de l’avance versée mois après mois.
Ce taux plus élevé traduit avant tout des revenus 2025 supérieurs à ceux pris en compte pour le calcul du taux précédent. Il renseigne sur le passé et ne préjuge pas de la situation de 2026. Le prélèvement reste une avance : s’il excède l’impôt finalement dû, l’excédent est remboursé lors de la régularisation de l’été suivant ; s’il ne suffit pas, un solde reste à payer (article 204 A du code général des impôts, CGI).
Le taux de prélèvement à la source ne tient pas directement compte des réductions et crédits d’impôt, comme les dons ou l’emploi à domicile : ceux-ci sont pris en compte lors du calcul définitif de l’impôt, à partir des éléments indiqués dans la déclaration.
Les charges déductibles obéissent à une logique différente. Un versement déductible sur un plan d’épargne retraite (PER) réalisé en 2025 peut être pris en compte dans le taux actualisé en septembre 2026, puisqu’il figure dans la déclaration des revenus 2025. En revanche, un versement sur un PER réalisé en 2026 ne sera pas automatiquement retenu dans le taux de septembre 2026, calculé sur les revenus et charges de 2025.
Vérifier et, si besoin, ajuster ce nouveau taux
Le taux appliqué au 1er septembre est consultable à plusieurs endroits. Il se lit d’abord sur le bulletin de salaire ou le relevé de pension. Pour connaître à l’avance le taux qui s’appliquera au 1er septembre, deux voies existent dans l’espace Finances publiques du site impots.gouv.fr :
- le service « Gérer mon prélèvement à la source », rubrique « Consulter vos taux » ;
- la page récapitulative affichée à l’issue de la déclaration de revenus en ligne, qui indique le taux prévu au 1er septembre pour chaque déclarant, ainsi que le taux applicable en cas d’option pour le taux du foyer.
Comparer ce taux avec celui figurant sur la fiche de paie ou le relevé de pension permet de vérifier que le taux appliqué par l’employeur ou la caisse de retraite correspond bien à celui calculé par l’administration.
Procéder à un ajustement se justifie lorsque la situation de 2026 s’écarte de celle que reflètent les revenus 2025 :
- une baisse d’activité ;
- un départ à la retraite ;
- une évolution de la composition du foyer.
Le contribuable peut alors demander une modulation à la baisse de son taux, à condition que l’écart estimé entre le prélèvement actuel et celui qui résulterait de sa situation dépasse 5% (article 204 J du CGI). La prudence reste de mise : une baisse demandée sur une estimation trop optimiste expose à une majoration en cas de sous-prélèvement. Certaines charges déductibles de l’année en cours peuvent aussi être signalées via la modulation de taux, sans attendre la déclaration de revenus annuelle : l’option « Actualiser suite à une hausse ou une baisse de vos revenus », dans l’espace Finances publiques, permet de déclarer une charge déductible, tel un versement PER, pour que le taux en tienne compte plus tôt.
Un ajustement ne prend pas toujours effet sur la paie immédiatement suivante. Le nouveau taux est transmis automatiquement à l’employeur ou à la caisse de retraite et s’applique en pratique dans un délai pouvant aller d’un à trois mois, selon le calendrier de traitement du collecteur. Pour la marche à suivre et les cas particuliers, consulter notre guide dédié pour gérer et modifier son taux de prélèvement à la source.
Nouveau taux de prélèvement à la source : FAQ
Le taux de prélèvement à la source change-t-il tous les ans en septembre ?
Oui, en principe. Sauf modulation ou changement de situation en cours d’année, le taux du foyer ou, pour les couples mariés ou pacsés, le taux individualisé, est actualisé chaque année en septembre à partir de la dernière déclaration de revenus. Il peut d’ailleurs évoluer même à revenus inchangés, notamment lorsque le barème de l’impôt est revalorisé ou lorsque la composition du foyer change.
Mon salaire net a changé en septembre : est-ce à cause du prélèvement à la source ?
C’est très souvent le cas. Sur la fiche de paie, le prélèvement à la source est retenu après la ligne « net à payer avant impôt » : si le montant de cette ligne n’a pas bougé mais que la somme finalement versée a changé en septembre, c’est le nouveau taux qui peut l’expliquer.
J’ai modifié mon taux cette année : va-t-il aussi changer en septembre ?
Pas nécessairement en septembre. Une modulation faite en cours d’année reste en principe valable jusqu’au 31 décembre, et le taux issu de la déclaration prend le relais au 1er janvier suivant. Seule exception : une modulation à la hausse laisse place dès septembre au taux calculé d’après la déclaration si celui-ci se révèle plus élevé.
Faut-il faire une démarche pour appliquer le nouveau taux de septembre ?
Non. Le nouveau taux s’applique automatiquement, sans intervention du contribuable ni de l’employeur. Une démarche n’est utile que pour ajuster ce taux à une situation nouvelle.
À propos de l'auteur
Olivier Brunet est cofondateur de ToutSurMesFinances.com et rédacteur en chef spécialisé en placements et fiscalité des particuliers. Présent au sein du média depuis sa création, il en est l’un des piliers éditoriaux. Il analyse les stratégies d’investissement, suit les évolutions fiscales et les problématiques patrimoniales avec une vision long terme, forgée par des années de pratique et de suivi des marchés.






