Agirc-Arrco : les retraites complémentaires gelées jusqu’en 2018 ?


Patronat et syndicats vont se réunir pour la deuxième fois le 20 mars 2015 pour dégager des solutions de financement pour les régimes de retraite complémentaire. Un gel des pensions durant trois ans fait partie des pistes envisagées.    

Pour résorber les déficits de l'Agirc et de l'Arrco, les partenaires sociaux pourraient décider de ne pas revaloriser les pensions complémentaires de 2016 à 2018

Les retraités du privé n’ont peut-être pas fini de souffrir. Alors que l’Arrco (le régime complémentaire de tous les salariés) et l‘Agirc (le régime complémentaire des seuls cadres) viennent de décider de ne pas augmenter pour la deuxième année consécutive les points de service, les partenaires sociaux, gestionnaires des deux régimes, pourraient se résoudre à geler les pensions jusqu’en… 2018 !

C’est du moins l’une des solutions proposées par le Medef pour restaurer les finances de l’Agirc et de l’Arrco. D’après un document de travail rédigé par l’organisation patronale et qui sera examiné au cours de la deuxième journée de négociation sur les retraites complémentaires organisée le 20 mars 2015, ne pas revaloriser les pensions complémentaires dans les trois prochaines années permettrait de générer 4 milliards d’euros d’économies en 2020.

Plus de la moitié du déficit résorbé

L’opération permettrait ainsi de résorber à elle-seule plus de la moitié des 7 milliards d’euros de déficit cumulé attendu à cette date. Cependant, le document du Medef s’appuie sur des prévisions d’inflation plutôt optimistes (+ 1,4% en 2016, + 1,75% en 2017, + 1,75% en 2018). Or, en cas de faible hausse des prix à la consommation, une absence d’indexation rapporte peu. Il n’empêche, la solution peut paraître séduisante, y compris chez les syndicats.

Un gel, même s’il érode le pouvoir d’achat des retraités, n’a pas un impact traumatisant, comme pourrait provoquer une baisse du montant des pensions. En outre, les syndicats (à l’exception de la CGT et dans une moindre mesure de FO) reconnaissent que les efforts doivent être partagés. Difficile de ne pas solliciter les retraités alors que les entreprises et les salariés pourraient être soumis à une nouvelle hausse des cotisations à l’issue des négociations en cours.

Alternative inacceptable

Le Medef propose une autre alternative : instaurer un abattement dégressif entre 62 et 67 ans afin d’inciter les actifs à travailler, et donc à cotiser, plus longtemps. Problème : pour être efficace, la décote devra être élevée. En instaurant une minoration de « seulement » 20% sur la pension complémentaire à 62 ans, le Medef a estimé l’économie générée à 2,1 milliards d’euros en 2020. Avec un abattement de 40% à 62 ans, le gain atteindrait 4,3 milliards d’euros en 2020. Soit un peu plus que le gel des pensions sur trois ans.

Reste qu’aux yeux des syndicats, un tel mécanisme remettrait en cause le départ à la retraite à 62 ans. Impossible ! En comparaison, l’absence de revalorisation des pensions complémentaires leur paraît plus acceptable, d’autant que la mesure est déjà en vigueur aujourd’hui…

 

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