L’Etat aide les immigrés retraités à retourner au pays


 

Les anciens travailleurs immigrés à la retraite, qui touchent le minimum vieillesse en France, vont pouvoir plus facilement retourner dans leur pays d’origine. Un décret a été publié le 8 octobre 2015 au Journal Officiel créant une aide de l’Etat permettant aux « Chibaris », titulaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), de séjourner en dehors de l’Hexagone.

Pour bénéficier de l’Aspa, qui remplace le minimum vieillesse depuis 2005, il faut justifier d’une résidence d’au moins 6 mois sur le territoire français. « Beaucoup de ces travailleurs migrants renoncent donc à se rendre auprès de leurs proches et sont contraints d’occuper une place en foyer toute l’année alors qu’ils souhaiteraient rester plus longtemps hors de France », estime le ministère des Affaires sociales dans un communiqué diffusé le 8 octobre.

D’où la mise en place, à compter du 1er janvier 2016, d’une prestation spécifique qui prendra le relais de l’Aspa et de l’aide personnalisée au logement (APL) en cas de séjour à l’étranger supérieur à 6 mois. Le montant de cette aide délivrée par un nouveau fonds, baptisé « Fonds de gestion de l’aide à la réinsertion familiale et sociale des anciens migrants dans leur pays d’origine », financé par l’Etat et géré par la Caisse des dépôts, dépend des ressources du demandeur. Elle s’élève au maximum à 6.600 euros par an (en cas de revenus annuels inférieurs à 600 euros) et au minimum à 600 euros par an (en cas de revenus annuels compris entre 6.000 et 6.600 euros).

Cette mesure fait partir des préconisations du rapport de la mission parlementaire d’information sur les immigrés âgés, rendu public le 5 juillet 2013 et destiné à faciliter la réinsertion familiale et sociale des anciens migrants dans leur pays d’origine. Selon le ministère des Affaires sociales, 35.000 personnes seraient éligibles à la prestation spécifique.