Plan d’épargne retraite individuel : pour qui c’est pertinent, pour qui ça l’est moins

Par Olivier Brunet

Le plan d’épargne retraite individuel (PERin) permet de se constituer un capital pour la retraite tout en bénéficiant d’une diminution de son impôt sur le revenu, en particulier pour les contribuables fortement imposés. Mais le PERin n’est pas adapté à tous les profils. Ce guide aide à évaluer s’il correspond à sa situation, pour décider d’ouvrir un contrat ou de l’alimenter en connaissance de cause.

Ce que le PER individuel permet de faire

Le PERin en bref : principe et fonctionnement

Le plan d’épargne retraite individuel, ou PERin, est une enveloppe d’investissement qui permet de se constituer un capital ou une rente en complément des régimes de retraite obligatoires. Son principe est simple : les sommes versées sont en principe indisponibles jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé. En contrepartie de ce blocage, les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel figurant sur l’avis d’imposition. L’avantage fiscal obtenu l’année qui suit le versement est particulièrement adapté aux titulaires soumis à une tranche d’imposition élevée.

La palette de supports dépend de la nature du contrat (assurantiel ou compte-titres). Le plus souvent, PERin fonctionne comme une assurance vie : les versements sont libres, programmés ou ponctuels, et les sommes placées peuvent être investies sur un univers de supports financiers étendu, du fonds en euros à capital garanti (disponible dans les PER assurantiels) jusqu’aux supports investis en actions, en obligations, en immobilier ou en actifs non cotés. Passer d’un support à un autre ne déclenche aucune imposition tant que l’épargne reste dans l’enveloppe.

Ouvert à toutes les personnes majeures – salariés, fonctionnaires, travailleurs non salariés, mais aussi étudiants, demandeurs d’emploi, parents au foyer ou retraités – le PERin s’adapte aux changements de statut professionnel. Un travailleur non salarié (TNS) devenu salarié peut continuer à alimenter son plan sans interruption. Seules les règles de déduction fiscale varient selon le statut.

À la retraite, le titulaire est libre de sortir en capital en une fois, de façon fractionnée (en plusieurs fois), en rente viagère jusqu’à son décès, ou selon une combinaison de ces modalités. Ce choix peut intervenir jusqu’au moment de la liquidation du plan.

Plus de détails sur les règles de sortie et la fiscalité : tout savoir sur le PER

En résumé : ce que le PERin permet et ce qu’il ne permet pas

Le PERin permet de…Le PERin ne permet pas de…
Déduire ses versements de son revenu imposableRécupérer son épargne librement avant la retraite
Investir sur une large palette de supportsBénéficier d'un abattement fiscal à la sortie comme l'assurance vie
Choisir sa sortie : capital, rente ou mixteAlimenter le plan au nom d'un enfant mineur
Transférer son plan vers un autre PERinÉchapper à toute imposition à la sortie - la fiscalité varie selon que les versements ont été déduits ou non
Débloquer son épargne dans certains cas exceptionnels

PER individuel : quelle économie d’impôt selon la tranche d’imposition ?

Le plan d’épargne retraite individuel doit une grande partie de son succès à l’avantage fiscal qu’il procure : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, ce qui génère une économie d’impôt dont le montant dépend du taux marginal d’imposition (TMI) du titulaire.

Comment fonctionne la déduction fiscale

Chaque versement volontaire effectué sur un PERin vient réduire le revenu imposable du titulaire, dans la limite d’un plafond annuel. Mécaniquement, moins de revenus imposables signifie moins d’impôt à payer l’année suivante. L’économie d’impôt est proportionnelle à la tranche marginale d’imposition (TMI) : plus elle est élevée, plus le gain fiscal est important.

Ce mécanisme fonctionne en sens inverse du barème progressif de l’impôt sur le revenu (IR), qui impose une fraction des revenus à 11%, une autre à 30%, une autre à 41% et ainsi de suite. Ainsi, les versements sur le PER viennent d’abord effacer la part de revenus située dans la tranche la plus haute. Un contribuable imposé à 30% qui verse 1 000 euros sur son PERin économise 300 euros d’impôt l’année suivante. À 41%, l’économie d’impôt atteint 410 euros.

Cette économie est cependant un différé d’imposition, pas un gain définitif. Les sommes déduites à l’entrée seront imposées à la sortie, au moment de récupérer l’épargne en capital ou en rente. Dans le cas d’une sortie en capital, la part correspondant aux versements est soumise au barème de l’impôt sur le revenu sans abattement de 10%, tandis que les gains (plus-values) sont assujettis à la flat tax au taux global de 31,4%, prélèvements sociaux inclus.

Le bilan fiscal dépend donc du différentiel entre la tranche d’imposition pendant la phase d’épargne et celle qui sera applicable à la retraite. Si ce différentiel est favorable, ce qui est fréquent pour les contribuables fortement imposés en activité et dont les revenus baissent sensiblement à la retraite, le PER est fiscalement gagnant. Dans le cas contraire, l’avantage peut s’avérer limité, voire nul.

La déduction fiscale du PERin échappe, par ailleurs, au plafonnement global des niches fiscales à 10 000 euros par an.

⚠️ Attention : depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires effectués par les titulaires âgés de 70 ans et plus ne sont plus déductibles du revenu imposable.

L’économie d’impôt en chiffres selon la tranche d’imposition

L’économie d’impôt générée par un versement déductible sur un PERin est proportionnelle à la tranche marginale d’imposition du titulaire. Le tableau ci-dessous illustre le gain fiscal selon les montants versés.

Montants versésTMI 11%TMI 30%TMI 41%TMI 45%
1 000 €110 €300 €410 €450 €
3 000 €330 €900 €1 230 €1 350 €
5 000 €550 €1 500 €2 050 €2 250 €

Ces chiffres sont donnés à titre illustratif. L’économie d’impôt effective dépend de la situation fiscale du titulaire et du montant de son plafond de déduction disponible. Une simulation est recommandée avant tout versement.

⚠️ Attention : l’effet des versements déductible est dégressif, ce qui doit inciter particulièrement les contribuables imposés à 30% à la vigilance. Si leur revenu imposable se situe dans le bas de la tranche à 30%, une partie des versements risque d’être déduite à 11% seulement. Mieux vaut effectuer une simulation avant de verser pour s’assurer que la totalité des versements est bien déduite au taux marginal d’imposition souhaité.

Plafond de déduction : l’essentiel à savoir

Chaque titulaire dispose d’un plafond annuel de déduction figurant sur son avis d’imposition. Pour les salariés et fonctionnaires, il correspond à 10% des revenus professionnels de l’année précédente, avec un minimum de 4 710 euros et un maximum de 37 680 euros en 2026. Les plafonds non utilisés des trois années précédentes sont reportables et cumulables, une durée qui sera portée à cinq ans à partir de 2031. Au sein d’un couple marié ou pacsé, les plafonds peuvent être mutualisés.

À noter : les travailleurs non salariés bénéficient d’un plafond majoré pouvant atteindre 88 911 euros en 2026, sans possibilité de report ni de mutualisation avec le conjoint ou partenaire de Pacs.

➡️ Pour aller plus loin sur le fonctionnement du plafond et les règles de report, notre dossier sur le plan d’épargne retraite.

PER individuel : pour qui c’est pertinent ?

Le PERin n’est pas un produit d’épargne universel. Son intérêt dépend de nombreux paramètres : niveau d’imposition, âge, statut professionnel, capacité d’épargne et projets de vie. Le tableau ci-dessous donne une première orientation selon le profil. Chaque situation est ensuite détaillée.

ProfilLe PERin est-il pertinent ?
Salarié TMI 30% ou plusOui : chaque euro versé génère 30 à 45 centimes d'économie d'impôt l'année suivante
Travailleur non salarié (TNS)Oui : plafond de déduction majoré ; PER d'entreprise collectif à privilégier si abondement disponible
Peu ou pas imposé (TMI 0% ou 11%)Intérêt fiscal faible : la contrainte de blocage n'est pas contrebalancée par un avantage suffisant
Moins de 35 ansOui, sous conditions (épargne de précaution constituée et TMI d'au moins 30%)
À moins de 10 ans de la retraiteOui : souvent la période la plus appropriée pour augmenter les versements et réfléchir à la façon de récupérer son épargne

Salarié fortement imposé (TMI 30% ou plus)

C’est le profil pour lequel le PERin est le plus efficace. À 30% de TMI, chaque versement génère une économie d’impôt égale à 30% des sommes versées, constatée l’année suivante, sous réserve que le revenu imposable se situe suffisamment haut dans la tranche.

À 41% ou 45%, l’effet est encore plus marqué. Et comme les revenus baissent généralement à la retraite, la TMI applicable à la sortie est souvent inférieure à celle de la phase d’activité ; c’est précisément ce différentiel qui détermine l’efficacité fiscale du PER.

La stratégie à privilégier dépend de la capacité d’épargne et des projets de vie de chacun. Elle consiste généralement à calibrer ses versements annuels en fonction du plafond de déduction disponible, en veillant à ne pas immobiliser une épargne dont on pourrait avoir besoin avant la retraite. Les plafonds non utilisés des trois années précédentes permettent par ailleurs d’augmenter les versements certaines années, notamment en cas de revenus exceptionnels.

Exemple : un salarié imposé à 30% qui verse 5 000 euros économise 1 500 euros d’impôt l’année suivante. Réinvestir l’économie d’impôt obtenue dans le plan est une stratégie souvent recommandée par les professionnels : au lieu de dépenser les 1 500 euros économisés, les replacer sur le PERin permet de mettre davantage d’épargne au travail chaque année, et d’accroître le capital obtenu au terme.

Travailleur non salarié (TNS)

Pour les travailleurs non salariés, le PERin répond à un double enjeu. Leurs cotisations retraite obligatoires sont proportionnellement moins élevées que celles des salariés, ce qui se traduit par un taux de remplacement plus faible à la retraite, soit une pension qui représente une part moins importante de leurs revenus d’activité. Constituer une épargne retraite complémentaire répond donc à une nécessité patrimoniale.

Sur le plan fiscal, leur plafond de déduction est significativement plus élevé que celui des salariés : il peut atteindre 88 911 euros en 2026 (calculé sur le bénéfice de l’année N), contre 37 680 euros pour un salarié (basé sur les revenus de l’année N-1). Contrairement aux salariés, les TNS ne peuvent pas reporter leurs plafonds non utilisés ni les mutualiser avec leur conjoint ou partenaire de Pacs, s’ils optent pour le plafond Madelin (article 154 bis du CGI). Ils ont cependant la possibilité de choisir la déduction de leurs versements dans les conditions de droit commun (article 163 quatervicies du CGI), reportable et mutualisable, s’il s’avère plus avantageux selon leur situation. Ce choix s’opère dans la déclaration de revenus.

La déduction maximum accessible aux TNS est significativement plus élevée que celle des salariés, ce qui en fait un levier fiscal puissant à leur disposition. Un accompagnement par un professionnel est recommandé pour optimiser le choix entre plafond Madelin et plafond de droit commun, et calibrer les versements au plus juste.

À noter : un TNS qui emploie au moins un salarié peut mettre en place un PER d’entreprise collectif (Percol) au sein de sa structure. Ce dispositif lui permet notamment de se verser un abondement (complément payé par l’entreprise) et de faire transiter une partie de la valeur créée par l’entreprise vers son patrimoine personnel, tout en bénéficiant de la déduction sur ses versements volontaires.

Notre dossier sur l’épargne salariale du chef d’entreprise détaille ces enjeux.

Peu ou pas imposé (TMI 0% ou 11%)

Pour un contribuable non imposable ou imposé à 11%, l’avantage fiscal du PERin est limité, voire inexistant. La déduction des versements génère une économie d’impôt de 110 euros pour 1 000 euros versés à 11%, et rien du tout en cas de non-imposition. En contrepartie, l’épargne reste bloquée jusqu’à la retraite. Le rapport entre l’avantage obtenu et la contrainte d’immobilisation de l’épargne est défavorable.

Pour ce profil, l’assurance vie est généralement plus adaptée, celle-ci offrant une disponibilité totale de l’épargne (sauf supports non liquides comme les fonds investis en actifs non cotés).

Le PERin peut toutefois présenter un intérêt spécifique comme outil d’épargne forcée pour une personne souhaitant se contraindre à mettre de l’argent de côté sur le long terme, sans possibilité de retrait à tout moment.

À noter : il est possible d’opter pour des versements non déductibles sur un PERin. La fiscalité applicable à la sortie est, dans ce cas, plus favorable que pour les versements déduits.

Moins de 35 ans

À 30 ans, le temps est le principal atout d’un épargnant. Plus l’horizon de détention est long, plus l’effet boule de neige des intérêts composés est puissant : une épargne investie sur plus de 30 ans dans des supports dynamiques permet d’accumuler davantage de capital sur longue période. Mais l’horizon long ne suffit pas à justifier d’alimenter un PERin sans discernement. Avant d’y verser, deux conditions doivent être réunies :

  • disposer d’une épargne de précaution suffisante : au moins trois mois de charges pour un salarié, six mois pour un indépendant ;
  • ne pas avoir de projet nécessitant des liquidités à moyen terme, comme l’achat d’une résidence principale.

Pour ce profil, l’assurance vie est à privilégier pour sa disponibilité, le PERin pouvant être alimenté en complément pour une part d’épargne dédiée à la retraite, sous réserve d’être imposé dans une tranche suffisamment élevée (30% minimum) pour que l’avantage fiscal soit significatif.

Pour les moins de 35 ans peu ou pas imposés, l’assurance vie reste l’enveloppe à privilégier : la contrainte de blocage de l’épargne du PERin n’est pas contrebalancée par un avantage fiscal suffisamment significatif.

À moins de 10 ans de la retraite

C’est à cette période que l’intérêt du PERin devient le plus concret. La pression fiscale est fréquemment à son pic : les enfants ont quitté le foyer fiscal, les revenus sont au plus haut. De plus, la visibilité sur le futur revenu à la retraite est suffisamment claire pour anticiper le différentiel de taux marginal d’imposition entre aujourd’hui et demain.

La stratégie préconisée par les professionnels de la gestion de patrimoine consiste généralement à augmenter les versements dans les cinq à huit ans précédant le départ, en mobilisant le plafond de déduction disponible et les reports des années précédentes. Réinvestir l’économie d’impôt obtenue chaque année accélère la constitution du capital restant à accumuler.

L’allocation d’actifs mérite une attention particulière. À dix ans de la retraite, maintenir une part significative de supports dynamiques reste pertinent : l’horizon est encore suffisamment long pour absorber une correction de marché. En revanche, à moins de cinq ans de la fin de carrière, réduire la part des supports risqués s’impose. La gestion pilotée à horizon retraite prévoit cette sécurisation automatiquement. Toutefois, ces paramètres peuvent ne pas être adaptés à l’horizon réel du titulaire, notamment si celui-ci envisage de conserver son PER après la retraite pour financer sa dépendance ou en vue de transmettre son patrimoine.

Les points de vigilance avant d’ouvrir un PER individuel

Point de vigilanceCe qu'il faut savoir
Blocage de l'épargneImmobilisée jusqu'à la retraite, sauf exceptions (6 cas légaux)
FraisTrès variables selon les contrats, à comparer absolument
Gestion pilotée par défautPas toujours adaptée au profil ni à l'horizon réel du titulaire
Fiscalité à la sortieDépend de l'origine des versements et des modalités de sortie
Conditions contractuelles à la sortieFractionnement, frais d'arrérage, table de mortalité à examiner
Nature du contratPER assurantiel ou compte-titres : des différences importantes au décès

Une épargne bloquée jusqu’à la retraite, sauf exceptions

L’épargne versée sur un PERin est bloquée jusqu’à la retraite. Cette contrainte constitue le principe fondateur du produit, la contrepartie de l’avantage fiscal sur les versements déductibles. Avant d’ouvrir un PERin, la question à se poser est simple : peut-on se passer de ces sommes immobilisées pendant 10, 20 ou 30 ans ? Si la réponse est incertaine, mieux vaut privilégier une enveloppe plus liquide comme l’assurance vie ou combiner les deux enveloppes selon sa capacité d’épargne.

La loi prévoit six cas de déblocage anticipé :

  1. décès du conjoint ou du partenaire de Pacs
  2. invalidité du souscripteur, de son conjoint, de son partenaire pacsé ou de son enfant
  3. surendettement
  4. fin de droits au chômage
  5. liquidation judiciaire d’une activité non salariée
  6. et acquisition ou construction de la résidence principale.

Ces situations couvrent les accidents de la vie les plus graves, mais pas les imprévus du quotidien ni la plupart des projets personnels. On ne peut pas compter sur cette épargne pour, par exemple, financer les études des enfants ou un tour du monde.

Des frais qui varient fortement d’un contrat à l’autre

Le niveau de frais est l’un des critères les plus discriminants dans le choix d’un PERin. Tous les contrats ne se valent pas et l’écart de performance entre un contrat compétitif et un contrat coûteux peut être considérable sur 20 ou 30 ans. Plusieurs types de frais coexistent. Les frais sur versements – aussi appelés frais d’entrée – sont prélevés sur chaque somme versée. Ils varient selon le canal de distribution : nuls sur les contrats en ligne, ils peuvent atteindre 2,50% auprès des bancassureurs, 3% sur les contrats associatifs et jusqu’à 4% auprès de certains conseillers. Ces frais sont négociables, les taux affichés dans la documentation précontractuelle constituant un plafond. Attention toutefois : les frais sur versements ne sont pas le principal poste à surveiller sur un produit de long terme.

Les frais sur encours – prélevés annuellement sur l’épargne accumulée – sont bien plus déterminants. Ils regroupent les frais de gestion du contrat (entre 0,40% et 1,20% selon les PERin), les frais d’allocation en gestion pilotée et les frais internes des supports financiers. C’est leur cumul qui doit alerter : au-delà de 2% de frais sur encours, une part importante de la performance future est absorbée par les intermédiaires. En gestion pilotée par défaut, les supports utilisés sont parfois des fonds maison aux frais élevés et aux performances moyennes. Ce point est à vérifier avant de souscrire. Enfin, en cas de sortie en rente, des frais d’arrérage (versement de la rente) s’appliquent dans la majorité des contrats, généralement compris entre 1% et 3% de chaque versement. Certains contrats proposent des frais fixes par échéance, plus favorables sur le long terme.

Avant de souscrire, quatre points méritent une vérification systématique :

  • l’existence ou non de frais sur versements ;
  • le niveau des frais de gestion sur les supports financiers, au niveau du contrat et des supports sous-jacents ;
  • la présence d’ETF (fonds à bas coûts répliquant la performance d’indices boursiers) sur le thème des actions de grandes capitalisation internationales ;
  • les conditions tarifaires applicables à la sortie en rente, si cette option est envisagée.

Bon à savoir
Il est possible de comparer les frais entre plusieurs PERin en consultant leurs fiches tarifaires, dont la présentation est standardisée et la publication obligatoire depuis le 1er juillet 2022 (arrêté du 24 février 2022). Si le contrat souscrit s’avère trop coûteux, un transfert vers un PERin plus compétitif reste possible à tout moment, sans frais de transfert au-delà de cinq ans de détention.

Une gestion pilotée par défaut pas toujours adaptée

Par défaut, tout PERin est géré selon le principe de la gestion pilotée à horizon retraite : l’épargne est progressivement sécurisée à mesure que la date de départ approche, en réduisant automatiquement la part des supports dynamiques au profit de supports moins risqués (fonds en euros ou fonds monétaire). Ce mode de gestion convient aux épargnants qui ne souhaitent pas s’impliquer dans la gestion de leur contrat. Mais il présente des limites qui méritent d’être pesées avant de souscrire.

La première est celle de la performance. Toutes les gestions pilotées ne se valent pas, loin s’en faut. Selon le bilan 2025 du prescripteur de contrats d’assurance Good Value for Money, portant sur une cinquantaine de gammes analysées, l’écart entre le meilleur et le moins bon contrat en gestion dynamique atteint un rapport de 1 à 6,27 pour un épargnant versant 1 000 euros par an de 35 à 65 ans : le meilleur contrat génère un capital de 248 127 euros, le moins bon 39 598 euros (source : Good Value for Money, Newsletter n° 70). Un écart considérable qui justifie de ne pas souscrire les yeux fermés.

La deuxième limite tient au calendrier des arbitrages. Les réallocations automatiques s’exécutent selon un calendrier prédéfini, sans tenir compte des conditions de marché, avec le risque de sécuriser l’épargne au mauvais moment. De plus, en gestion pilotée par défaut, les supports utilisés sont parfois des fonds maison aux frais élevés et aux performances moyennes.

La troisième limite concerne l’horizon réel du titulaire. La grille de désensibilisation réglementaire est calée sur l’âge de départ à la retraite, ce qui ne correspond pas nécessairement à l’horizon effectif de l’épargnant. Celui qui envisage de conserver son PER pour financer sa dépendance ou transmettre son patrimoine dispose d’un horizon bien plus long, pour lequel une allocation plus dynamique reste pertinente.

Alternatives possibles :

  • la gestion libre, pour les épargnants disposant d’une culture financière suffisante ;
  • une gestion pilotée classique sans désensibilisation progressive, assortie d’un bilan régulier avec un professionnel de la gestion de patrimoine.

À la sortie, une fiscalité qui peut réserver des surprises

La fiscalité à la sortie d’un PERin est souvent sous-estimée au moment de la souscription. Pourtant, elle peut avoir un impact significatif sur le capital effectivement disponible à la retraite. Pour les versements déduits du revenu imposable – le cas le plus fréquent -, la sortie en capital est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu sur le capital correspondant aux sommes versées, et au prélèvement forfaitaire unique (PFU) au taux de 31,4% sur les gains, prélèvements sociaux inclus. Si le capital accumulé est important et sorti en une seule fois, il peut faire basculer le titulaire dans une tranche d’imposition supérieure l’année du rachat. La sortie en capital fractionnée sur plusieurs années permet de lisser cet effet.

La fiscalité à la sortie en rente est différente selon l’origine des versements. Pour les versements déduits, la rente est imposée comme une pension de retraite, après abattement de 10%. Pour les versements non déduits, seule une fraction de la rente est imposable, selon l’âge du titulaire au premier versement. La fiscalité applicable peut donc varier sensiblement d’un cas à l’autre. Le bilan fiscal du PER ne peut s’apprécier qu’à la retraite, une fois connus le montant du capital accumulé, les modalités de sortie choisies et le niveau d’imposition applicable.

Réaliser une simulation à l’approche de la retraite permet d’anticiper ces effets et de choisir la modalité de sortie la plus adaptée à sa situation.

Pour connaître les détails de la fiscalité à la sortie : tout savoir sur le PER

À la sortie, des conditions contractuelles variables

La sortie en capital fractionnée est souvent présentée comme la stratégie optimale pour lisser la fiscalité à la retraite. Encore faut-il que le contrat souscrit le permette sans contrainte. Les conditions de fractionnement varient sensiblement d’un PERin à l’autre : certains contrats limitent la durée du fractionnement à cinq ans, d’autres ne le proposent pas du tout.

Au-delà du fractionnement, plusieurs paramètres contractuels nécessitent d’être vérifiés avant la souscription. Le montant minimum de sortie en capital peut varier selon les contrats. En cas de sortie en rente, les frais d’arrérage – prélevés sur chaque versement de rente – sont compris entre 1% et 3% dans la majorité des contrats. Certains contrats proposent des frais fixes par échéance, plus favorables sur le long terme.

Enfin, la table de mortalité utilisée pour calculer le montant de la rente est à examiner. Certains assureurs appliquent une table qui leur est plus favorable que la table réglementaire, ce qui réduit d’autant la rente versée au titulaire. Vérifier que la table de mortalité est garantie à l’adhésion est donc un point de vigilance pour tout titulaire envisageant une sortie en rente.

PER assurance ou PER compte-titres : une différence qui compte

Les PERin sont proposés sous deux formes juridiques distinctes, aux caractéristiques globalement similaires, mais avec des différences notables sur certains points. Le PER assurantiel, de loin le plus répandu, est calqué sur l’assurance vie. Le PER bancaire, ou PER compte-titres, est un compte-titres offrant les caractéristiques fiscales du PER. Il est le plus souvent proposé par des banques et des sociétés de gestion.

La différence la plus frappante concerne l’offre de supports : le PER assurantiel donne accès à un fonds en euros à capital garanti, absent du PER compte-titres. En contrepartie, le PER compte-titres offre un accès à un univers de titres plus large – actions, ETF, obligations – sans les couches de frais liées à l’enveloppe assurantielle.

La différence la plus significative concerne les règles civiles et fiscales en cas de décès du titulaire. Pour un PER assurantiel, les capitaux transmis aux bénéficiaires désignés bénéficient d’un abattement de 152 200 euros par bénéficiaire si le décès survient avant 70 ans, et de 30 500 euros commun à tous les bénéficiaires au-delà. Pour un PER compte-titres, les sommes transmises entrent dans l’actif successoral et sont soumises aux droits de succession de droit commun (hormis pour les conjoints et partenaire de pacs survivants qui en sont exonérés), selon le lien de parenté avec le défunt.

Pour un épargnant dont la question de la transmission figure parmi les objectifs, le PER assurantiel est à privilégier.

Questions fréquentes sur le plan d’épargne retraite individuel

Le PER individuel est-il accessible aux fonctionnaires ?

Oui. Le PERin est ouvert à tous, y compris aux agents de la fonction publique, qu’ils soient titulaires ou contractuels. Les règles de déduction fiscale sont les mêmes que pour les salariés du secteur privé.

Tout le monde peut-il ouvrir un PER individuel ?

Le PERin est accessible à toutes les personnes majeures, quel que soit leur statut : salarié, fonctionnaire, travailleur non salarié, demandeur d’emploi, retraité ou parent au foyer. Depuis le 1er janvier 2024, il n’est plus possible d’ouvrir ni d’alimenter un PERin au nom d’un enfant mineur.

Jusqu’à quel âge peut-on ouvrir ou alimenter un PER individuel ?

S’il n’existe pas d’âge légal maximum pour ouvrir un plan d’épargne retraite individuel, la plupart des assureurs et banques fixent une borne d’âge à la souscription définie contractuellement, située le plus souvent entre 67 et 75 ans. Il convient de vérifier ce point dans les conditions générales du contrat.

Peut-on détenir plusieurs PER individuels en même temps ?

Oui. La loi n’impose aucune limite au nombre de PERin détenus simultanément. Cette détention multiple peut être adaptée aux titulaires souhaitant répartir leur épargne entre plusieurs établissements ou accéder à une offre financière plus étendue.

Attention toutefois : le plafond de déduction fiscale est commun à l’ensemble des plans, il ne se cumule pas en fonction du nombre de contrats ouverts.

PER ou assurance vie : quelle différence pour un épargnant peu imposé ?

Pour un épargnant non imposable ou imposé à 11%, la déduction fiscale du PERin génère un avantage trop limité pour justifier le blocage de l’épargne jusqu’à la retraite. L’assurance vie, disponible à tout moment, est généralement plus adaptée à ce profil.

PER d’entreprise collectif ou PER individuel : lequel privilégier ?

La réponse dépend de l’existence d’un abondement de l’employeur : si l’entreprise complète les versements du salarié, le PER d’entreprise collectif est à privilégier jusqu’au plafond d’abondement proposé. Sans abondement, le PERin offre une liberté totale dans le choix du contrat et de son gestionnaire et un choix de supports généralement plus vaste.

Pour aller plus loin

Olivier Brunet

Olivier Brunet

Rédacteur en chef spécialisé placements et fiscalité

À propos de l'auteur
Olivier Brunet est cofondateur de ToutSurMesFinances.com et rédacteur en chef spécialisé en placements et fiscalité des particuliers. Présent au sein du média depuis sa création, il en est l’un des piliers éditoriaux. Il analyse les stratégies d’investissement, suit les évolutions fiscales et les problématiques patrimoniales avec une vision long terme, forgée par des années de pratique et de suivi des marchés. 

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