Quel âge pour partir à la retraite en 2019 ?

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 FAQ Retraite - De nombreux Français se demandent s'ils peuvent prendre leur retraite cette année. En réalité, tout dépend de leur année de naissance, de leur statut et carrière professionnelle.

Certains peuvent partir à la retraite cette année sous certaines conditions

 

SOMMAIRE

Le principe : 62 ans, soit l'âge légal de départ à la retraite pour les assurés nés à partir de 1955

Dans les faits :

- A 63 ou 64 ans pour les assurés nés en 1956 ou 1955 qui veulent augmenter leurs retraites

- A 66 ans pour les assurés nés en 1953 qui ne veulent pas subir de décote

- A 52 ou 57 ans pour certains agents publics nés en 1967 ou 1962

- A 60 ans pour les actifs nés en 1959 et qui ont commencé à travailler jeunes

- A 55 ans pour les personnes handicapées nées en 1964

Le principe : 62 ans, soit l'âge légal de départ à la retraite pour les assurés nés à partir de 1955

Dans les régimes de retraite de base, il n'est pas possible de liquider ses droits avant d'avoir atteint un certain âge. Dénommé « âge légal de départ à la retraite » dans le secteur privé ou « âge minimum d'ouverture des droits » dans le secteur public, il est fixé à 62 ans pour les assurés nés à compter de 1955.

En théorie donc, seuls les actifs ayant atteint cet âge cette année, c'est-à-dire nés entre le 1er janvier et le 31 décembre 1957, pourront quitter la vie professionnelle en 2019. S'il est conseillé de déposer sa demande de retraite au moins quatre mois avant la date de départ prévue dans le privé et au moins six mois dans le public, il faut que l'assuré ait ses 62 ans révolus le jour J. A titre d'exemple, un assuré né le 30 août 1957 ne pourra pas partir à la retraite avant le 31 août 2019.

Par ailleurs, il faut savoir que les actifs du secteur privé ne sont pas obligés de liquider leurs droits à l'âge légal. Ils peuvent très bien continuer à travailler. C'est seulement à partir de 70 ans qu'un employeur peut obliger un salarié à partir à la retraite.

En outre, suite à la fusion le 1er janvier 2019 des régimes de retraite complémentaire Arrco (pour les cadres et les non-cadres) et Agirc (pour les seuls cadres), un système de malus a été mis en place. Les salariés du privé nés à partir de 1957 qui liquident leurs droits à la retraite en 2019 à 62 ans en disposant de tous leurs trimestres au régime de base se voient appliquer une décote temporaire de 10% durant trois ans sur leurs pensions Agirc-Arrco (le nom du nouveau régime complémentaire unifié). Pour éviter cette minoration, ils doivent justifier de quatre trimestres supplémentaires, c'est-à-dire partir à 63 ans.

Dans la fonction publique, les agents doivent normalement liquider leurs droits à 62 ans. Toutefois, s'ils ne disposent pas du nombre de trimestres de cotisations vieillesse requis dans leur génération pour percevoir une pension de base complète, ils peuvent demander auprès de leur administration, collectivité locale, hôpital ou établissement public à repousser leur départ.

En réalité, il existe une multitude de situations dans lesquelles les Français sont autorisés à partir avant ou après 62 ans.

Dans les faits

Voilà quelques exemples d'âges de départ à la retraite possibles en 2019. La liste n'est pas exhaustive.

- A 63 ou 64 ans pour les assurés nés en 1956 ou 1955 qui veulent augmenter leurs retraites

Les assurés, qui disposent du nombre de trimestres de cotisations exigé dans leur génération pour bénéficier d'une pension de base sans abattement, peuvent décider de repousser leur départ à la retraite pour bénéficier d'une surcote. Leur pension de base est alors majorée de 1,25% par trimestre civil (90 jours) supplémentaire cotisé. En partant à la retraite en 2019, un actif né en 1956, qui a validé 166 trimestres (la durée d'assurance de sa classe d'âge), peut augmenter le montant de sa retraite de base de 5%. Celui né en 1955 et qui justifie de sa durée d'assurance (165 trimestres) peut bonifier sa pension de base de 10%.

Depuis le 1er janvier 2019, les salariés du secteur privé qui liquident leurs droits à 64 ans bénéficient d'un "bonus" de 10% sur leur retraite Agirc-Arrco durant un an. Cette année, ce sera le cas pour ceux nés en 1955.

- A 66 ans pour les assurés nés en 1953 qui ne veulent pas subir de décote

Les assurés, qui partent sans avoir validé le nombre de trimestres demandé dans leur génération, subissent une décote sur leur pension de base. Le montant est abaissé de 1,25% par trimestre manquant (dans la limite de 25%). En outre, les salariés « décotés » se voient également appliquer un coefficient de minoration sur leurs retraites complémentaires Agirc-Arrco. Une sorte de « double peine ».

Les actifs qui ne respectent pas leur durée d'assurance ont alors tout intérêt à liquider leurs droits à l'âge de retraite à taux plein. Une fois atteint cette borne d'âge, appelée « âge limite d'activité » dans le secteur public, la décote est automatiquement supprimée dans les régimes de base ainsi que le coefficient de minoration dans les régimes complémentaires. L'âge à taux plein est progressivement décalé de 65 ans pour les assurés nés avant le 1er juillet 1951 à 67 ans pour ceux nés à compter de 1955. En 2019, les assurés nés en 1953 peuvent toucher une retraite non minorée une fois qu'ils ont atteint 66 ans et 2 mois.

- A 52 ou 57 ans pour certains agents publics nés en 1967 ou 1962

Dans la fonction publique, il existe une catégorie dite « active » (en opposition à la catégorie « sédentaire ») qui prévoit un départ anticipé à la retraite au motif qu'elle regroupe des emplois qui « présentent un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles ». Les fonctionnaires « actifs », comme les surveillants de prison, les aides-soignants et certains éducateurs spécialisés, sont autorisés à liquider leurs droits dès 57 ans.

Les agents « super actifs » (policiers, pompiers professionnels, militaires...) et les agents « insalubres » (égoutiers, éboueurs...) peuvent même partir à 52 ans. Dans tous les cas, il leur faut justifier d'une durée minimale de services effectifs. Elle varie de 12 ans pour les égoutiers à 32 ans pour les officiers de l'armée. S'ils remplissent leur condition de durée de services, les fonctionnaires actifs nés en 1962 et les fonctionnaires super actifs ou insalubres nés en 1967 peuvent liquider leurs droits en 2019.


- A 60 ans pour les actifs nés en 1959 et qui ont commencé à travailler jeunes

Depuis 2004, il existe un dispositif permettant aux assurés, ayant débuté tôt dans la vie professionnelle et disposant de tous leurs trimestres, de partir à la retraite avant l'âge légal. Initialement conçue pour les actifs ayant démarré leur carrière avant 16 ans, la retraite anticipée pour carrière longue (RACL) a été étendue à ceux ayant commencé avant 17 ans en 2011, puis avant 20 ans en 2012. Dans tous les cas, non seulement l'assuré doit justifier de sa durée d'assurance, mais également avoir valider un certain nombre de trimestres avant 16, 17 ou 20 ans. Ce nombre varie en fonction de l'année de naissance.

Ainsi, un actif né en 1959 pourra prendre sa retraite à 60 ans en 2019 s'il dispose de 167 trimestres, dont au moins cinq validés avant son vingtième anniversaire.

- A 55 ans pour les personnes handicapées nées en 1964

Les personnes souffrant d'un handicap peuvent partir à taux plein à 55 ans à condition de remplir plusieurs critères. Tout d'abord, ils doivent justifier d'un taux d'incapacité permanente (IP) d'au moins 50%. Ensuite, ils doivent disposer d'un certain nombre de trimestres, dont une partie réellement cotisés, c'est-à-dire issue de cotisations vieillesse versées dans le cadre d'une activité professionnelle.

Il existe en effet des trimestres « réputés cotisés » ou « assimilés » octroyés au titre de la maternité, de la maladie, mais aussi de l'invalidité. Pour pouvoir prendre leur retraite à 55 ans en 2019, les personnes handicapées nées en 1964 doivent avoir validé 129 trimestres, dont 109 cotisés.

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