Retraite : âge de départ, quand partir à compter de 2024 ?

Par Jean-Philippe Dubosc
SEO & traffic strategist : Camille Radicchi

Pour pouvoir partir à la retraite, il faut avoir atteint un âge minimum, appelé « âge légal de départ ». Il est repoussé progressivement à 64 ans d’ici 2032.

Comment connaître mon âge de départ à la retraite ?

En France, il n’est pas possible de prendre sa retraite avant d’avoir atteint un certain âge. Cet âge minimum, appelé « âge légal de départ » dans le secteur privé ou « âge d’ouverture des droits » dans le secteur public, a été progressivement décalé de 60 ans à 62 ans par la réforme des retraites de 2010. L’âge légal est de nouveau, repoussé à 64 ans d’ici 2032 par la réforme des retraites de 2023.

Les agents relevant de la catégorie « active » de la fonction publique (policiers, gardiens de prison, sapeurs-pompiers, aides-soignants…) peuvent, toutefois, partir plus tôt (voir plus loin).

C’est également le cas pour certains affiliés aux régimes dits « spéciaux », soit des régimes de protection sociale propre à des entreprises publiques (RATP, EDF…) ou à des établissements publics (Banque de France, Comédie française, Opéra de Paris…). À l’image de la SNCF où les agents recrutés depuis le 1er janvier 2020 ne peuvent plus liquider leurs droits avant l’âge légal, la réforme des retraites de 2023 a instauré une telle « clause de grand-père » pour les agents de la RATP, des industries électriques et gazières (EDF, Engie, ERDF, RTE…), de la Banque de France et du Conseil économique social et environnemental (Cese), ainsi que les clercs et employés de notaire embauchés depuis le 1er septembre 2023.

En revanche, les marins et les agents de l’Opéra de Paris et de la Comédie française peuvent continuer à prendre leur retraite avant l’âge légal.

Les travailleurs handicapés sont, eux, autorisés à demander leur retraite à 55 ans. Il existe également plusieurs dispositifs de retraite anticipée, permettant un départ avant l’âge légal. Le plus connu est, sans conteste, le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue (RACL), accessible aux actifs qui ont commencé à travailler avant l’âge de 20 ans et qui justifient de tous leurs trimestres de retraite (voir plus loin).

Qui peut partir à la retraite avant l’âge légal ? 

Hormis les fonctionnaires « actifs », les travailleurs handicapés et certains agents des régimes spéciaux, les actifs ne peuvent pas liquider leurs droits à la retraite obligatoire avant d’avoir atteint l’âge légal. Soit :

  • les salariés des entreprises et associations
  • les salariés agricoles (les salariés relevant du régime agricole car employés dans une exploitation agricole, une coopérative agricole, une mutuelle agricole ou une industrie agroalimentaire)
  • les agents titulaires de la fonction publique relevant de la catégorie « sédentaire » (dont l’emploi ne présente aucun « risque particulier ou fatigues exceptionnelles »)
  • les agents non titulaires de la fonction publique (contractuels, vacataires)
  • les non-salariés agricoles : chefs d’exploitation, collaborateurs agricoles (conjoints mariés, partenaires de Pacs, concubin(e)s des agriculteurs qui travaillent sur l’exploitation sans être rémunéré(e)s), aides familiaux (membres de la famille de l’exploitant agricole qui l’aident gratuitement)
  • les travailleurs indépendants non agricoles : artisans, commerçants, chefs d’entreprise
  • les professions libérales : médecins, avocats, architectes, pharmaciens, notaires, experts-comptables…

Rien n’oblige un actif à liquider ses droits à l’âge légal de départ. Il peut très bien choisir de continuer à travailler, afin de valider tous ses trimestres et éviter ainsi une décote (minoration de la pension de vieillesse). Certains actifs décident même de poursuivre leur activité au-delà de leur durée de cotisation et bénéficier, de cette façon, d’une surcote (majoration de la pension). Selon la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), l’âge effectif, c’est-à-dire l’âge moyen réel de départ à la retraite, s’est ainsi situé à 63 ans (62,8 ans pour les hommes et 63,3 ans pour les femmes) en 2022.

À savoir : les salariés peuvent choisir librement quand ils partent à la retraite jusqu’à l’âge de 70 ans. À partir de l’âge légal, leur employeur a la possibilité de leur proposer de partir, mais ils ne sont pas obligés d’accepter. Si tel est le cas, le salarié perçoit des indemnités de fin de carrière (IFC), dont le montant dépend de son ancienneté dans l’entreprise. Depuis le 1er septembre 2023, les fonctionnaires « sédentaires » peuvent travailler, comme les salariés du privé, jusqu’à 70 ans.

Si l’employeur force le salarié à prendre sa retraite, le départ est considéré comme un licenciement « sans cause réelle, ni sérieuse » et donne droit à des indemnités et éventuellement à des dommages et intérêts. À partir de 70 ans, le salarié doit demander par écrit à son employeur s’il peut continuer à travailler. Si ce dernier refuse, il est contraint de quitter son poste.

Etant leur propre employeur, les exploitants agricoles, les travailleurs indépendants et les professions libérales peuvent travailler aussi longtemps qu’ils le souhaitent. Depuis la loi croissance du 6 août 2015, dite « loi Macron », les notaires, huissiers de justice, greffiers des tribunaux de commerce et commissaires-priseurs judiciaires doivent céder leur office au plus tard à leurs 71 ans. Cette limite d’âge vise à permettre aux jeunes officiers publics de s’installer plus facilement.

Par ailleurs, il existe des professions nécessitant des aptitudes physiques particulières qui entraînent une mise à la retraite d’office. C’est le cas des contrôleurs aériens qui sont mis à la retraite à 57 ans, des capitaines de la marine marchande à 55 ans, de certains gradés de l’armée française à 43 ans ou encore des danseurs de l’Opéra de Paris à 40 ans.

Âge légal de retraite réforme Macron 2023 

La réforme des retraites, publiée au Journal Officiel du 15 avril 2023, instaure un report, au rythme de 3 mois tous les ans à partir des actifs nés à compter du 1er septembre 2023, pour atteindre 64 ans pour les actifs nés à compter du 1er janvier 1968.

Date de naissanceAge minimum de départ
à la retraite
Année possible de départ
à la retraite
Du 1er septembre au 31 décembre 196162 ans et 3 mois2023-2024
Du 1er janvier au 31 décembre 196262 ans et 6 mois2024-2025
Du 1er janvier au 31 décembre 196362 ans et 9 mois2025-2026
Du 1er janvier au 31 décembre 196463 ans2027
Du 1er janvier au 31 décembre 196563 ans et 3 mois2028-2029
Du 1er janvier au 31 décembre 196663 ans et 6 mois2029-2030
Du 1er janvier au 31 décembre 196763 ans et 9 mois2030-2031
A partir du 1er janvier 196864 ans2032

Âge de retraite à taux plein

L’âge de retraite à taux plein est également appelé « âge d’annulation de la décote » dans la fonction publique. À compter de cet âge, la minoration, appliquée sur les retraites de base si l’actif ne dispose pas de sa durée d’assurance, est supprimée.

Pour rappel, le nombre de trimestres exigé pour toucher une pension de base complète dépend de l’année de naissance de l’assuré. La réforme des retraites de 2014 a allongé la durée d’assurance de 166 trimestres (41,5 ans) pour les actifs nés en 1957 à 172 trimestres (43 ans) pour ceux nés à partir de 1973. La réforme des retraites de 2023 a accéléré l’augmentation de la durée de cotisation pour atteindre 172 trimestres pour les assurés nés à partir de 1965.

Si la durée d’assurance n’est pas respectée, la retraite de base est minorée de 1,25% par trimestre manquant, dans la limite de 25% (l’équivalent de 20 trimestres manquants). Lorsque l’assuré atteint l’âge de retraite à taux plein, sa décote est automatiquement supprimée même s’il ne justifie pas de tous ses trimestres.

L’âge à taux plein a été, comme l’âge légal, décalé de deux ans par la réforme des retraites de 2010. Il est progressivement passé de 65 à 67 ans. La réforme des retraites de 2023 a maintenu l’âge à taux plein à 67 ans.

Les 67 ans sont en vigueur, avant et après la réforme de 2023, pour :

  • les actifs du privé (salariés, travailleurs indépendants, professions libérales) nés à compter de 1955
  • les fonctionnaires « sédentaires » nés à compter de 1955

S’il a été également décalé de deux ans par la réforme de 2010, l’âge d’annulation de la décote est différent pour les fonctionnaires « actifs » (douaniers, cantonniers, aides-soignants…), pour les fonctionnaires « super actifs » (policiers, pompiers, surveillants pénitentiaires, aiguilleurs du ciel…) et pour les agents relevant de la catégorie « insalubre » (éboueurs, égoutiers). La réforme de 2023 ne le modifie pas non plus.

Ils se situe, avant et après la réforme des retraites de 2023, à :

  • 62 ans pour les fonctionnaires « actifs » nés à compter de 1960
  • 57 ans pour les fonctionnaires « super actifs » et « insalubres » nés à compter de 1965

Pour bénéficier de ces âges à taux plein plus précoces, les fonctionnaires concernés doivent justifier d’une durée minimum de services, qui varie de 17 ans à 27 ans en fonction de l’emploi occupé. La réforme des retraites de 2023 garde en l’état les durées de service.

Âge de retraite carrière longue

Instauré par la réforme des retraites de 2003, la retraite anticipée pour carrière longue (RACL) permet aux actifs (du privé comme du public) qui ont commencé à travailler jeune et qui disposent de leur durée d’assurance de partir avant l’âge légal. Réservé à l’origine aux personnes qui ont démarré leur carrière à 16 ans, le dispositif a été élargi à celles ayant débuté avant 20 ans par le décret du 2 juillet 2012 signé par François Hollande.

Avant la réforme des retraites de 202, il fallait non seulement justifier d’une durée d’assurance qui varie selon son année de naissance, mais aussi d’un nombre minimum de trimestres validés à la fin de ses 16 ans ou de ses 20 ans pour bénéficier de la RACL. Si l’actif avait commencé à travailler à 16 ans et remplit tous les critères, il pouvait liquider ses droits à 58 ans. S’il avait démarré à 20 ans et respecte les conditions, il pouvait prendre sa retraite à 60 ans.

Conditions pour partir à 58 ans (avant le 1er septembre 2023)
Sources : Service-public.fr, ToutSurMesFinances
Année(s) de naissanceDurée d’assurance exigéeNombre minimum de trimestres validés à 16 ans pour les assurés nés entre janvier et septembreNombre minimum de trimestres validés à 16 ans pour les assurés nés entre octobre et décembre
1961-1962-1963176 trimestres (44 ans)5 trimestres4 trimestres
1964-1965-1966177 trimestres (44 ans et 3 mois)5 trimestres4 trimestres
1967-1968-1969178 trimestres (44 ans et 6 mois)5 trimestres4 trimestres
1970-1971-1972179 trimestres (44 ans et 9 mois)5 trimestres4 trimestres
A partir de 1973180 trimestres (45 ans)5 trimestres4 trimestres

 

Conditions pour partir à 60 ans (avant le 1er septembre 2023)
Sources : Service-public.fr, ToutSurMesFinances
Années de naissanceDurée d’assurance exigéeNombre minimum de trimestres validés à 20 ans pour les assurés nés entre janvier et septembreNombre minimum de trimestres validés à 20 ans pour les assurés nés entre octobre et décembre
1961-1962-1963168 trimestres (42 ans)5 trimestres4 trimestres
1964-1965-1966169 trimestres (42 ans et 3 mois)5 trimestres4 trimestres
1967-1968-1969170 trimestres (42 ans et 6 mois)5 trimestres4 trimestres
1970-1971-1972171 trimestres (42 ans et 9 mois)5 trimestres4 trimestres
A partir de 1973172 trimestres (43 ans)5 trimestres4 trimestres

 

Depuis le 1er septembre 2023, iol existe quatre âges différents de départ dans le cadre de la RACL :

  • 63 ans pour les actifs qui ont leur durée d’assurance et ont validé au moins 5 trimestres entre 20 et 21 ans
  • 62 ans pour les actifs qui ont leur durée d’assurance et ont validé au moins 5 trimestres entre 18 et 20 ans
  • 60 ans pour les actifs qui ont leur durée d’assurance et ont validé au moins 5 trimestres entre 16 et 18 ans
  • 58 ans pour les actifs qui ont leur durée d’assurance et ont validé au moins 5 trimestres avant 16 ans.

Âge retraite fonctionnaire

Il existe trois âges minimum de départ à la retraite pour les agents titularisés des trois fonctions publiques (d’Etat, territoriale et hospitalière) :

  • 62 ans pour les fonctionnaires de la catégorie « sédentaire » (dont l’emploi ne présente aucun « risque particulier ou fatigues exceptionnelles ») nés à compter de 1958 à 64 ans pour ceux nés à compter de 1968
  • 57 ans pour les fonctionnaires de la catégorie « active » (agents d’exploitation des travaux publics, aides-soignants, sages-femmes, agents d’entretien, assistantes sociales…) nés à compter de 1960 et justifiant d’au moins 17 ans de services à 59 ans pour ceux nés à compter de 1970 avec au moins 17 ans de services
  • 52 ans pour les fonctionnaires de la catégorie « super-active » (policiers sur le terrain, sapeurs-pompiers professionnels, surveillants pénitentiaires, douaniers, contrôleurs aériens…) nés à compter de 1965 et justifiant d’au moins 27 ans de services à 54 ans pour ceux nés à compter de 1975 avec au moins 27 ans de services
  • 52 ans pour les fonctionnaires de la catégorie « insalubre » (agents de maintenance de réseaux souterrains, agents de préparation des défunts dans les morgues et les centres médicaux-légaux) nés à compter de 1965 et justifiant d’au moins 12 ans de services à 54 ans pour ceux nés à compter de 1975 avec au moins 12 ans de services.

L’âge d’ouverture des droits des agents non titularisés de la fonction publique (contractuels et vacataires) est, lui, aligné sur l’âge légal des salariés du privé : de 62 ans pour les agents nés à compter de 1955  à 64 ans pour ceux nés à compter de 1968.

A lire également :

Cotisations, épargne : comment bien préparer sa retraite

Nos offres sélectionnées pour vous :

ARTICLES CONNEXES
Menu