Retraite anticipée : peut-on prendre sa retraite avant 60 ans ?

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FAQ Retraite – Les Français se demandent souvent s'ils peuvent partir à la retraite plus tôt. En théorie, il n'est pas possible de quitter la vie active avant l'âge légal de départ à la retraite, fixé désormais à 62 ans. Cependant, dans les faits, il existe plusieurs cas dérogatoires.

Il n'est théoriquement pas possible en France de partir à la retraite avant l'âge légal

SOMMAIRE

Le principe : pas de départ avant l'âge légal

Les exceptions qui permettent de demander une retraite anticipée

- Mise à la retraite d'office avant 60 ans

- Retraite anticipée pour les fonctionnaires « actifs »

- Retraite anticipée pour les agents des « régimes spéciaux »

- Retraite anticipée pour « carrière longue »

- Retraite anticipée pour handicap, amiante, pénibilité

- Retraite anticipée avec le compte pénibilité

Le principe : pas de départ avant l'âge légal

En France, les assurés ne sont pas autorisés à liquider leurs droits à la retraite avant d'avoir atteint un certain âge. Dénommé « âge légal de départ à la retraite » dans le secteur privé ou « âge d'ouverture des droits » dans le secteur public, il a été décalé de deux ans par la loi Woerth de 2010. Pour les assurés nés à partir de 1955, l'âge légal est fixé à 62 ans. 

Ainsi, il ne sert à rien de déposer une demande de liquidation auprès de sa ou de ses caisses de retraite avant 60 ans, puisque le dossier sera automatiquement rejeté. Du moins en théorie, parce qu'en pratique, il existe une multitude de situations permettant de prendre sa retraite avant l'âge minimum légal.

Les exceptions qui permettent de demander une retraite anticipée

S'ils occupent certains emplois, s'ils sont fonctionnaires ou affiliés à un régime spécial, s'ils ont commencé à travailler jeune et disposent de tous leurs trimestres, s'ils sont handicapés, exposés à l'amiante ou victimes d'une maladie professionnelle, s'ils ont cumulé assez de points sur leur compte pénibilité, les actifs bénéficient d'un départ anticipé à la retraite.

- Mise à la retraite d'office avant 60 ans

Des métiers nécessitant des aptitudes physiques particulières prévoient une mise à la retraite d'office. Ce qui signifie que les personnes occupant ces postes sont contraintes, qu'elles le veulent ou non, à liquider leurs droits à la retraite à compter d'un certain âge. C'est le cas des contrôleurs aériens qui ne peuvent exercer au-delà de 57 ans, des militaires à partir de 52 ans ou des danseurs de l'Opéra de Paris à partir de... 40 ans !

Ils sont autorisés à reprendre une activité (différente de leur précédente), tout en percevant leur pension de retraite. Ils peuvent se constituer de nouveaux droits à la retraite via les cotisations vieillesse versées dans le cadre de leur nouveau statut professionnel et ainsi toucher, une fois atteint l'âge légal de départ, une pension supplémentaire. A noter : cette faculté de se créer une nouvelle retraite n'est plus possible, depuis le 1er janvier 2015, pour les retraités qui, après avoir liquidé leurs droits à l'âge légal, exercent une activité dans le cadre du dispositif de cumul emploi retraite (CER) mis en place depuis 2004.

- Retraite anticipée pour les fonctionnaires « actifs »

Les agents titulaires relevant de la catégorie dite « active » de la fonction publique, c'est-à-dire dont les emplois présentent « un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles », peuvent partir plus tôt à la retraite. Font partie des fonctionnaires « actifs » : les policiers, les surveillants de prison, les pompiers, les égoutiers, les aides-soignants, certaines infirmières ou encore certains éducateurs spécialisés. Ils peuvent liquider leurs droits à 57 ans, voire pour certains dès 52 ans.

Pour cela, les agents actifs doivent justifier d'une durée de services effectifs de 12 à 32 ans, selon les postes occupés. En d'autres termes, ils doivent avoir rempli leur mission de service public durant un temps donné et sans coupure. Ils ont la possibilité de partir plus tard s'ils le souhaitent et si leur employeur public (administration, collectivité, hôpital) accepte leur demande.

- Retraite anticipée pour les agents des « régimes spéciaux »

Les affiliés de certains régimes de retraite dit « spéciaux », c'est-à-dire disposant de règles de fonctionnement spécifiques, peuvent prendre leur retraite avant l'âge légal. A titre d'exemple, les agents de la RATP, qui travaillent sur le terrain, peuvent partir à 52 ou 57 ans, à condition de justifier de 27 années de services. A la SNCF, les conducteurs de locomotives sont autorisés à liquider leurs droits à 52 ans avec 17 ans de services et les agents « sédentaires » (hors conducteurs) à 57 ans avec 27 ans de services.

- Retraite anticipée pour « carrière longue »

Depuis 2004, les assurés, qui ont débuté leur carrière professionnelle avant 20 ans et qui disposent du nombre de trimestres de cotisations vieillesse requis dans leur génération pour percevoir une pension de base complète (sans décote), ont la possibilité de partir avant l'âge légal.

Selon leur année de naissance, leur âge au premier emploi et le nombre total de trimestres qu'ils ont validés, ils peuvent tirer leur révérence à 60, 59, 58, voire dans certains cas 57 ans. Quoi qu'il en soit, la retraite anticipée au titre de la carrière longue (RACL) doit être acceptée, au préalable, par la dernière caisse de retraite de base d'affiliation.

- Retraite anticipée pour handicap, amiante, pénibilité

Les personnes présentant un handicap peuvent prendre leur retraite à 55, 56, 57, 58 ou 59 ans. A condition de remplir deux conditions : justifier d'un taux d'incapacité permanente (IP) d'au moins 80% et d'un certain nombre de trimestres cotisés qui varie selon l'année de naissance.

Les personnes exposées ou qui ont été exposées à l'amiante peuvent partir à 50 ans si elles souffrent d'une maladie professionnelle liée à l'exposition à la fibre cancérigène ou entre 50 et 60 ans en l'absence de reconnaissance d'une maladie professionnelle. Jusqu'ici réservée aux salariés du secteur privé, la préretraite au titre de l'amiante est désormais étendue aux agents publics.

Depuis 2011, les personnes justifiant d'un taux d'IP d'au moins 20% lié à une maladie professionnelle ou à un accident du travail peuvent quitter la vie active à 60 ans. Le taux est abaissé à 10% avec l'accord d'une commission médicale. Ce dispositif est dénommé « retraite anticipée au titre de la pénibilité ». Il ne doit pas être confondu avec le départ anticipé dans le cadre du compte pénibilité.

- Retraite anticipée avec le compte pénibilité

Depuis le 1er janvier 2015, les salariés exposés à des risques professionnels (travail de nuit, travail à la chaîne, travail en 3x8...) disposent d'un compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P) sur lequel ils cumulent des points en fonction de leur exposition. Dix points de pénibilité permettent de baisser l'âge de départ à la retraite d'un trimestre. Il n'est pas possible d'acquérir plus de huit trimestres, soit deux ans. Le C3P permet donc de partir à la retraite au mieux à 60 ans.

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