Comment déclarer ses revenus de journaliste ?


Pour leur déclaration 2018 des revenus de 2017, les journalistes bénéficient d'un abattement fiscal spécifique de 7.650 euros. Cette déduction d'impôt n'est pas préremplie dans le formulaire 2042 et doit être appliquée sur les salaires perçus en 2017. Mode d'emploi.  

Les journalistes bénéficient d'un abattement fiscal de 7.650 euros sur leurs revenus de l'année précédente

Déclaration de revenus pour les journalistes : déduction forfaitaire ou frais réels ?
Abattement forfaitaire de 7.650 euros
Case 1GA à remplir dans la déclaration
Carte de presse pas indispensable
Frais à réintégrer au revenu
Abattement fiscal au prorata temporis ?
Justificatifs à fournir

Déclaration de revenus pour les journalistes : déduction forfaitaire ou frais réels ?

Les journalistes disposent de deux options au moment de déclarer leurs revenus de l’année précédente. Ils peuvent choisir :
– soit la déduction forfaitaire de 10% de leurs revenus
– soit la déduction des frais réels, s’ils jugent que cet abattement leur est plus favorable.

Les modalités officielles de déclaration des revenus de journalistes sont présentées dans le formulaire 2041 GP, téléchargeable sur le site de l’administration fiscale impots.gouv.fr (imprimé disponible pour le millésime 2018).> Aide à la recherche de formulaires : Trouver son formulaire de déclaration sur impots.gouv.fr

Dans le premier cas, les rédacteurs, photographes, directeurs de journaux, critiques dramatiques et musicaux peuvent bénéficier d’un abattement de 7.650 euros. Après quoi, la déduction forfaitaire de 10% est appliquée automatiquement par l’administration fiscale. Au contraire, en optant pour la déduction des frais réels, le contribuable journaliste perd l’avantage de l’abattement fiscal. Si vous êtes concerné, soyez très vigilant lors de votre déclaration des revenus.
> Plus de détails : Frais réels : comment calculer la déduction des frais de repas et des frais kilométriques

Abattement forfaitaire de 7.650 euros

Abattement fiscal pour un journaliste salarié

En cas d’option pour la déduction forfaitaire des frais professionnels lors de sa déclaration des revenus, le journaliste peut profiter d’un abattement fiscal au titre de l’allocation pour frais d’emploi de 7.650 euros. L’article 81 du Code général des impôts (CGI) stipule en effet que « les rémunérations des journalistes, rédacteurs, photographes, directeurs de journaux et critiques dramatiques et musicaux perçues ès qualités » constituent des « allocations spéciales destinées à couvrir les frais inhérents à la fonction ou à l’emploi ».

Abattement fiscal pour un journaliste pigiste

Par définition, un journaliste rémunéré à la pige exerce sa profession auprès de plusieurs employeurs. Danc ce cas, le pigiste ne peut pas multiplier le montant de l’abattement fiscal par le nombre d’organes de presse qui le rémunèrent. Ainsi, le montant de 7.650 euros est déduit sur le total des rémunérations touchées en 2017.

« La somme de 7.650 euros est à déduire en une seule fois de l’ensemble des rémunérations nettes annuelles perçues », précise le formulaire 2041 GP.

Case 1GA à remplir dans la déclaration 2018 des revenus 2017

Depuis la déclaration 2017, les services fiscaux exigent des journalistes davantage de précision. Il est dorénavant requis de remplir une case supplémentaire, ligne 1GA (et/ou 1HA, 1IA ou 1JA le cas échéant), correspondant au montant d’abattement fiscal dont ils ont bénéficié en 2017. > Plus d’informations ici Impôts 2017 : ce qui change dans la déclaration des revenus 2016

Cette case à remplir ne change rien aux corrections à effectuer sur le montant de revenus à déclarer (voir rubrique abattement à déduire). Cette case est liée à la prise en compte de l’abattement pour le calcul du taux de prélèvement à la source.

Carte de presse pas indispensable

Le bénéfice de cette allocation est cependant conditionné. Une note du Bulletin officiel des finances publiques (BoFiP) datée du 12 septembre 2012 précise que « l’application de l’exonération est liée à l’exercice effectif de la profession de journaliste ». Cette même note stipule que « l’exercice effectif, s’il est régulier et non pas seulement ponctuel, de la profession de journaliste ouvre droit au bénéfice de cette mesure quand bien même le salarié concerné ne serait pas titulaire de la carte d’identité professionnelle ad hoc ». Ainsi, nul besoin de détenir la carte de presse pour appliquer l’abattement pour frais d’emploi à vos revenus. De même, il n’est pas nécessaire pour bénéficier de cet avantage fiscal que le journalisme soit votre activité principale « tant qu’elle est caractérisée par sa régularité au profit des publications ou des agences de presse ».

Comment définir alors la profession de journaliste ? Cette qualité est reconnue aux collaborateurs directs de la rédaction, correspondants qui travaillent en France et à l’étranger et journalistes exerçant dans une ou plusieurs entreprises de communication audiovisuelle. En revanche, la qualité de journaliste n’est pas reconnue aux :

– correspondants occasionnels des journaux ou revues et rédacteurs spécialisés qui exercent par ailleurs une autre activité,
– directeurs d’une chaîne ou d’une station de radio ou télévision, même s’ils sont encore titulaires de la carte de journaliste,
– attachés de presse, journalistes retraités et photographes des chaines de télévision qui ne bénéficient pas du statut de journaliste.

Réintégrer au revenu les dépenses incombant au journaliste

Pour remplir correctement votre déclaration de revenus, plusieurs facteurs sont à prendre en compte. Précision d’importance, si vous vous êtes fait rembourser des frais considérés comme propres aux journalistes et par conséquent n’incombant pas à votre employeur, vous devez les réintégrer à votre revenu imposable de l’année, avant abattement pour frais d’emploi.

Les dépenses à charge des journalistes, et à réintégrer au revenu imposable lorsqu’ils ont été remboursés par votre employeur, sont :

– les frais de transport du domicile au lieu de travail,
– les frais de documentation lorsque celle-ci ne reste pas dans les archives de l’entreprise,
– les frais de cadeaux autres que les étrennes,
– les frais d’abonnement et d’appels téléphoniques passés du domicile dans la limite de 50 % de leur montant et de 91 euros par an,
– les frais de réception à domicile,
– 50 % des frais de repas engagés ailleurs qu’à son domicile dans l’exercice de ses fonctions, dans la limite d’un plafond de 915 euros annuels
– 1,5 euro par jour de frais de taxi (sauf frais de taxi de nuit qui bénéficient d’une franchise d’impôt),
– 10 % du remboursement des frais d’utilisation d’une voiture personnelle autres que les frais de transport du domicile au lieu de travail.

Les frais réintégrés au revenu imposable avant abattement pour frais d’emploi ne peuvent cependant dépasser certains plafonds. Les montants maximum admis sont les suivants :
– limite de 1.905 euros par an lorsque le salaire est inférieur ou égal à 763 euros par mois
– limite de 3.430 euros si le salaire mensuel dépasse ce montant. Ces sommes doivent être ajoutées à celles figurant en cases 1AJ à 1DJ en page 3 de la déclaration des revenus de l’an passé.

Inversement, certaines dépenses remboursées par l’employeur n’ont pas à être réintégrées au revenu imposable. C’est le cas des :

– frais de taxi de nuit lorsque l’heure du déplacement ne permet plus l’utilisation des transports en commun,
– frais de déplacement et de séjour du journaliste envoyé en mission, c’est-à-dire lorsqu’il couvre un évènement.

Abattement à déduire, éventuellement au prorata temporis

Une fois les dépenses réintégrées au salaire net imposable le cas échéant, vous pouvez appliquer l’abattement pour frais d’emplois de 7.650 euros. Il suffit pour cela d’effectuer une correction dans la déclaration, case 1AJ, en retirant du montant des revenus préremplis le montant de l’abattement. Par exemple, pour un salaire pré-renseigné de 37.650 euros, il faut déclarer un montant de 30.000 euros si le journaliste a travaillé 12 mois sur 12.

Attention, cette déduction doit s’appliquer au prorata du nombre de mois effectivement travaillés. Ce cas de figure se présente principalement lorsqu’un journaliste débute sa carrière ou y met un terme. Ainsi, lorsqu’il a commencé à travailler en cours d’année, ou au contraire, rompu son contrat durant cette période (par exemple en cas de départ à la retraite).

Exemple de calcul :

Pour un journaliste ayant débuté son contrat le 15 septembre de l’année 2017, l’abattement à déduire des revenus n’est que de 7.650×4/12, soit 2.550 euros. C’est sur ce salaire net d’allocation pour frais d’emploi que l’abattement forfaitaire de 10% est appliqué automatiquement par l’administration fiscale.

Quels justificatifs fournir ?

L’administration fiscale précise que « l’exonération est acquise aux intéressés sans qu’ils aient besoin d’apporter la justification de l’utilisation de cette somme qui ne peut donner lieu à aucune vérification de la part de l’administration ». Plus prudent, le Syndicat national des journalistes (SNJ) explique qu’il convient d’écrire en page 2 de la déclaration, dans la rubrique E – Renseignements complémentaires : « Le journalisme ayant été en 2017 mon activité principale, régulière et rétribuée, j’ai déduit 7.650 euros des salaires imposables, tirés de ma profession, au titre de l’allocation pour frais d’emploi des journalistes. »

A lire aussi sur la déclaration 2018 des revenus 2017
Trouver son formulaire de déclaration sur impots.gouv.fr