Travail saisonnier, job étudiant : quels sont les droits à la retraite ?

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Les étudiants qui travaillent durant leurs études ou qui ont un job d'été cotisent à la retraite. Les activités prises en compte, les régimes d'affiliation, la validation de trimestres, l'acquisition des points et les rachats possibles pour ces studieux travailleurs.

Les exploitations viticoles emploient de nombreux étudiants durant les vendanges

 

Normalement, les étudiants ne se constituent pas de droits à la retraite durant leur cursus d'enseignement supérieur. La donne change s'ils exercent, parallèlement à leurs études, une activité professionnelle rémunérée et déclarée.

Comme tous les actifs, ils sont alors assujettis notamment aux cotisations vieillesse obligatoires qui leur ouvriront des droits. Ces derniers seront ainsi comptabilisés dans le calcul de leur future pension. Voici les conditions pour que les jobs d'été, étudiants et autres « petits boulots » comptent pour la retraite.

- Les étudiants éligibles

- Les activités prises en compte

- Les régimes d'affiliation

- Les trimestres et points de retraite

- Les rachats de trimestres pour les ex-étudiants

 

Les étudiants éligibles

En travaillant, tous les étudiants peuvent a priori se constituer des droits à la retraite. Peu importe leur âge ou le diplôme préparé. En réalité, le statut étudiant n'entre pas en ligne de compte pour la retraite. Le seul impératif est que l'activité soit déclarée auprès de l'Urssaf et des régimes de protection sociale. En France, tout travail déclaré est en effet soumis aux charges sociales, dont les cotisations vieillesse de base et complémentaires.

Les activités prises en compte

Les cotisations vieillesse obligatoires portent sur les rémunérations professionnelles déclarées quelle que soit leur nature. Les étudiants cotisent à la retraite qu'ils occupent un emploi salarié ou exercent une activité en tant que micro-entrepreneur (la nouvelle appellation des autoentrepreneurs depuis le 1er janvier 2016).

Pour les étudiants salariés, le type de contrat de travail importe peu : il peut s'agir d'un contrat de travail saisonnier (dont les contrats « vendanges »), d'un contrat d'intérim (si l'étudiant passe par une entreprise de travail temporaire), d'un contrat à durée déterminée (CDD), d'un contrat de mission (également appelé CDD à objet défini ou CDD-OD) ou d'un contrat à durée indéterminée (CDI).

Rien n'empêche un étudiant d'occuper un emploi à temps plein. Pour résumer, contrairement aux idées reçues et à ce que la communication de certaines entreprises (notamment de restauration rapide) peut laisser croire, il n'existe pas de contrat de travail spécifique aux étudiants.

A noter : le bénévolat n'est pas soumis à cotisations et n'est donc pas pris en compte pour la retraite. En revanche, si l'étudiant est salarié d'une association ou d'une organisation non gouvernementale (ONG), il acquière les mêmes droits que s'il travaillait pour le compte d'une entreprise.

 

Les régimes d'affiliation

Les étudiants cotisent à des régimes de retraite de base et complémentaire différents selon leur activité :

- Les étudiants salariés : ils cotisent pour la retraite de base à l'Assurance retraite, le régime de base des salariés du secteur privé, et pour la retraite complémentaire à l'ARRCO. Ils peuvent être affiliés à l'AGIRC, le régime complémentaire des cadres, s'ils disposent du statut de cadre, un cas rarissime. S'ils sont employés dans une administration, une collectivité locale, un hôpital ou un établissement public, ils dépendent de l'Assurance retraite et de l'IRCANTEC, le régime complémentaire des agents non titulaires de la fonction publique.

- Les étudiants salariés agricoles : ils cotisent pour la retraite de base à la Mutualité sociale agricole (MSA), le régime de base des salariés employés par les exploitations, coopératives, mutuelles et entreprises de transformation du secteur agricole. Pour la retraite, ils sont affiliés à l'ARRCO (et éventuellement à l'AGIRC).

- Les étudiants micro-entrepreneurs : ils cotisent pour la retraite de base et complémentaire au Régime social des indépendants (RSI) s'ils exercent une activité artisanale ou commerciale, ou à la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse (CIPAV) s'ils proposent des prestations intellectuelles ou de services (traduction, formation, services informatiques...).

Les trimestres et points de retraite

Dans le secteur privé, les trimestres de cotisation à la retraite de base sont validés, non pas en fonction de la durée du travail, mais du niveau de rémunération. Depuis le 1er janvier 2015, il faut gagner l'équivalent de 150 heures payées au Smic (1.450,50 euros en 2016) pour valider un trimestre (200 heures Smic auparavant). Un étudiant qui travaille à temps partiel peut très bien valider une annuité de retraite complète, c'est-à-dire quatre trimestres, si son salaire annuel atteint ou dépasse 5.802 euros cette année (1.450,50 x 4).

Revenu professionnel annuel (en brut) Nombre de trimestres validés (en 2016)
1.450,50 euros  1
2.901 euros 2
4.351,50 euros 3
5.802 euros 4
Source : Décret n° 2014-349 du 19 mars 2014

 

Ce mode de calcul s'applique si l'étudiant cotise à l'Assurance retraite, à la MSA ou au RSI. Le régime de base de la CIPAV est, lui, à la fois un système en annuités et en points. Toujours selon le niveau de rémunération, l'étudiant micro-entrepreneur libéral acquiert à la fois des trimestres de retraite et des points calculés en fonction de la valeur d'achat du point de base fixé chaque année par la caisse au 1er janvier.

Pour la retraite complémentaire, l'étudiant acquiert des points en fonction de sa rémunération et de la valeur d'achat du point complémentaire du moment. Celle-ci est désormais fixée au 1er novembre pour l'ARRCO et l'AGIRC et au 1er octobre pour l'IRCANTEC et le régime complémentaire du RSI. Pour le régime complémentaire de la CIPAV, le prix d'achat du point est dévoilé le 1er janvier.

Il est conseillé de vérifier dans son relevé de carrière, officiellement appelé relevé individuel de situation (RIS), si les trimestres et points acquis au titre des jobs d'été ou d'étudiant ont bien été pris en compte. En cas d'oubli ou d'erreur, le mieux est de contacter au plus vite sa dernière caisse de retraite. La correction sera effectuée sous présentation de la fiche de paie ou de la déclaration à l'Urssaf dans le cas des micro-entrepreneurs. D'où l'importance de préserver ces documents.

Les rachats de trimestres pour les ex-étudiants

Depuis 2004, il est possible de racheter jusqu'à 12 trimestres de cotisation à la retraite au titre des études supérieures. Ces rachats sont autorisés seulement si l'assuré ne dispose pas du nombre de trimestres requis dans sa classe d'âge pour percevoir une pension de base complète (sans décote).

Seuls les cursus d'enseignement supérieur validés par l'obtention d'un diplôme reconnu par l'Etat sont pris en compte. Les années de classe préparatoire aux grandes écoles (écoles de commerce, écoles d'ingénieurs, Sciences Po, ENA, écoles normales supérieures...) sont également comptabilisées même si elles ne sont pas diplômantes. Les études à l'étranger comptent si le diplôme obtenu est reconnu en France.

Toujours dans le but d'éviter une décote, les assurés peuvent aussi racheter jusqu'à 12 trimestres au titre des années incomplètes de cotisation, soit les périodes durant lesquelles ils n'ont pas pu valider quatre trimestres dans l'année. C'est généralement le cas des étudiants qui travaillent l'été ou à temps partiel.

Jusqu'à présent, les rachats pour « études » et pour « année incomplète » n'étaient pas cumulables. En clair : un assuré qui avait travaillé durant son cursus supérieur devait choisir entre l'un des deux dispositifs. Depuis le 22 janvier 2014, les anciens étudiants peuvent racheter des trimestres de retraite au titre des études et des années incomplètes de cotisation, toujours dans la limite de 12 trimestres.

Pour en savoir plus sur le fonctionnement, le coût et les déductions fiscales du rachat de trimestres, lire l'article suivant : Rachat de trimestres de retraite : comment procéder ?

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