Comment payer moins d'impôts quand on est célibataire

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Comment réduire ses impôts quand on est célibataire ? Une personne seule dispose de nombreuses possibilités pour payer moins d'impôt sur le revenu : en épargnant, en investissant dans l'immobilier ou dans une PME, en faisant des dons, en se pacsant ou en se mariant...

 payer moins d'impots en tant que celibataire

 

Quand on est célibataire sans enfant, payer moins d'impôt sur le revenu peut rapidement devenir une nécessité : dès que l'on gagne pas mal d'argent, l'impôt atteint vite un montant important pour une personne seule, supérieur à un mois de salaire. Dispositifs de défiscalisation, déductions fiscales, astuces dans la déclaration de revenus, changements de comportement... Plusieurs moyens existent pour réduire la somme à payer figurant dans l'avis d'imposition. Mais ils ne s'adressent pas spécifiquement au contribuable en tant que célibataire. Liste non exhaustive...

- Pacs ou mariage avec quelqu'un qui gagne moins d'argent
- Déclaration des frais professionnels au réel
- Placer son épargne salariale
- Utiliser la déduction fiscale du Perp
- Faire un don à une association reconnue d'utilité publique
- Investir dans l'immobilier
- Investir dans une PME

Choisir le Pacs ou le mariage avec quelqu'un qui gagne moins pour payer moins d'impôts

Pour réduire ses impôts quand on est célibataire, il faut passer devant le maire pour ne plus l'être ! Mais comme en amour, ça ne marche pas à tous les coups : encore faut-il trouver une moitié qui gagne beaucoup moins d'argent ou qui ne travaille pas. Et qui, par conséquent, paye moins d'impôt sur le revenu voire pas du tout.

C'est à cette seule condition que l'on peut espérer diminuer le montant de ses impôts. Comparatif du montant d'impôt payé en tant que célibataire et en couple (simulation de calcul effectuée à partir des règles en vigueur en 2017) :
Monsieur gagne 3.000 euros de salaire net par mois, soit 36.000 euros par an.
Seul, son impôt sur le revenu se monterait à 4.070 euros, soit plus d'un mois de son salaire de célibataire.

S'il est marié et que son épouse gagne 1.450 euros de salaire net par mois, soit 17.400 euros par an, leur impôt commun se monterait à 4.010 euros, soit les trois quarts d'un mois de salaire du couple. Et une économie d'impôt de 60 euros par rapport à sa situation de célibataire. > A lire également : Mariage, pacs et impôt sur le revenu : avantages, calculs et simulations

A noter : se marier permet aussi de payer moins de taxe d'habitation et de contribution à l'audiovisuel par personne, ces impôts étant dus par foyer fiscal, donc mis en commun.

Un célibataire peut aussi réduire ses impôts en se pacsant avec une personne dont le salaire est inférieur : le principe est exactement le même qu'avec un mariage.

Réduire son revenu net imposable grâce à l'option pour les frais professionnels au réel

Le calcul de l'impôt effectué par défaut par l'administration fiscale n'est pas forcément favorable au salarié dont le travail occasionne une somme importante de frais professionnels. Dans ce cas, il existe une option pour les frais réels qui permet de prendre en compte ces frais pour leur montant réel, en lieu et place de la déduction forfaitaire de 10% (connue dans le langage courant sous le nom d'abattement pour frais professionnels).

Ce choix est judicieux à partir du moment où le montant de dépenses professionnelles est supérieur à celui de la déduction forfaitaire de 10%. Attention cependant, les indemnités pour frais professionnels versées par l'employeur (indemnités kilométriques, prise en charge du panier repas, etc.) sont à ajouter au salaire dans la déclaration de revenu, donc imposables.

Placer son épargne salariale au lieu de recevoir une somme imposable

Sur le plan fiscal, un salarié célibataire, marié ou pacsé qui bénéficie de dispositifs d'épargne salariale a tout intérêt à les faire fructifier au lieu de les percevoir immédiatement. En effet, choisir de toucher la prime d'intéressement annuelle et/ou la participation aux bénéfices peut se concevoir pour compléter un salaire en vue d'un achat important ou pour financer une dépense imprévue.

Mais c'est un mauvais calcul côté impôts puisque ces sommes sont alors imposables et taxées comme un salaire si elles ne sont pas affectées à un plan d'épargne salariale du type PEE (plan d'épargne entreprise) ou Perco (plan d'épargne pour la retraite collectif).

Réduire ses impôts avec un Perp : la déduction fiscale de l'épargne retraite

Au lieu de réduire son impôt sur le revenu proprement dit, on peut diminuer son revenu imposable ce qui permet, in fine, de payer moins au fisc. Comment ? En épargnant pour sa retraite avec un Perp (plan d'épargne retraite populaire) dans la limite du plafond d'épargne retraite figurant sur l'avis d'imposition.

Au jour le jour, le fonctionnement d'un Perp est identique à celui d'un contrat d'assurance vie : on peut y effectuer des versements programmés ou libres ponctuellement, sur des placements à capital garanti (fonds euros) ou sur des placements immobiliers ou financiers plus ou moins risqués appelés supports en unités de compte (UC). Principales différences entre le Perp et l'assurance vie : sauf exception, le capital d'un Perp est bloqué jusqu'au départ à la retraite, il est versé à la sortie sous la forme d'une rente viagère (versement jusqu'au décès) et, sur le plan fiscal, les versements sur un Perp procurent au titulaire une baisse des revenus imposables chaque année, en fonction des sommes versées, pendant la phase d'accumulation de l'épargne.

Tout célibataire a-t-il intérêt à réduire ses impôts avec un Perp ? Pas forcément. Comme il s'agit d'une déduction fiscale (les versements viennent en diminution du revenu imposable), plus la tranche d'imposition est élevée, plus l'avantage fiscal est intéressant. Par exemple, pour 2400 euros versés (soit 200 euros par mois), la réduction d'impôt atteint le montant suivant :
- Tranche d'imposition à 14% : 336 euros ;
- Tranche d'imposition à 30% : 720 euros ;
- Tranche d'imposition à 41% : 984 euros ;
- Tranche d'imposition à 45% : 1080 euros.

Ce principe s'applique aux autres produits d'épargne retraite assortis d'une déduction fiscale sur les versements : Préfon-Retraite, Corem, complément de retraite des hospitaliers (CRH), contrat Madelin pour les TNS (travailleurs non-salariés), retraite mutualiste du combattant.

Réduire ses impôts en faisant des dons à une association

Que l'on soit célibataire ou en couple, on peut chaque année faire un don à une association reconnue d'utilité publique ou à un organisme d'intérêt général en contrepartie duquel on bénéficie d'une réduction d'impôt, sous réserve de le déclarer. Ce don peut s'effectuer :
- par le versement d'une somme d'argent
- un abandon de revenus (exemple : location à titre gratuit d'un local donnant lieu à un contrat de bail)
- en nature (exemple : don d'une œuvre d'art, d'objet de collection présentant un intérêt artistique ou historique).

D'une manière générale, la réduction d'impôt est égale à 66% des sommes versées dans la limite de 20% du revenu imposable. Entre d'autres termes, le plafond des dons n'est pas fixe, il dépend du niveau de revenus du donateur. Pour un célibataire qui gagne 40.000 euros, le plafond annuel de versements servant au calcul de l'avantage fiscal se monte à 8.000 euros, soit une réduction d'impôt maximum de 5.280 euros (66% x 8.000 euros).

En faisant des dons à certaines associations caritatives, celles venant en aide aux personnes en difficulté comme les Restos du Cœur ou Médecins Sans Frontières (MSF), on peut bénéficier d'un taux plus élevé de réduction d'impôt à hauteur de 75% dans la limite de 531 euros versés en 2017. Au plafond, un tel don correspond à une réduction d'impôt de 399 euros en 2018.

Payer moins d'impôts en investissant dans l'immobilier

Investir dans l'immobilier neuf dans le cadre de la loi Pinel permet de bénéficier d'une réduction d'impôt sur le revenu maximum de 63.000 euros par foyer fiscal en cas d'engagement de location sur 12 ans. Le calcul de l'avantage fiscal est réparti année par année : 2% du prix de revient (prix d'achat plus frais annexes) par an sur 6 ou 9 ans et 1% par an en cas de prolongation de l'engagement de location sur trois années supplémentaires, soit 12 ans au total. Le dispositif se décline aussi dans l'immobilier ancien à rénover et en outre-mer, où les taux de défiscalisation sont majorés.

Avant d'investir, il faut s'assurer de la qualité de l'emplacement (proximité des transports et commerces, demande locative soutenue) et des prestations (logement adapté à la demande) du bien, savoir s'il s'agit d'un programme mixte où résideront également des propriétaires occupants et si le prix d'acquisition n'est pas surévalué par rapport au marché local en faisant le tour des agents immobiliers du secteur.

Il existe d'autres dispositifs de défiscalisation immobilière correspondant à différentes problématiques : le déficit foncier pour les propriétaires bailleurs percevant déjà des revenus fonciers, la loi Malraux pour les contribuables soumis au plafonnement des niches fiscales à 10.000 euros, l'investissement en monuments historiques (MH) en présence de revenus importants ou exceptionnels. Pour les contribuables n'ayant pas 150.000 ou 200.000 euros à investir ni le temps de boucler leur opération en signant l'acte authentique chez le notaire avant le 31 décembre, les SCPI fiscales permettent d'accéder à la plupart de ces dispositifs avec un ticket d'entrée de quelques milliers d'euros. En contrepartie, la durée de blocage des fonds investis est plus longue que dans le cadre d'un investissement direct.

Dans des registres différents, on peut mentionner des formules d'investissement permettant de générer des revenus peu ou non imposables (la location meublée non professionnelle ou LMNP) ou de renoncer à des revenus en contrepartie d'une décote à l'achat (acquisition de la nue-propriété d'un bien immobilier).

Réduire ses impôts en investissant dans une entreprise

La loi incite les contribuables à investir dans les entreprises jeunes et/ou innovantes non cotées en Bourse, en offrant une réduction d'impôt égale à 18% des sommes versées à leur capital. Le dispositif ne s'applique pas uniquement aux souscriptions d'actions nouvelles émises dans le cadre des levées de fonds de start-up et PME respectant un certain nombre de critères.

Il s'applique aussi aux investissements indirects au travers de holdings, via des plateformes de crowdfunding (financement participatif en capital aussi appelé crowdequity) et aux souscriptions de parts de fonds de défiscalisation appelés fonds d'investissement de proximité (FIP) et fonds communs de placement dans l'innovation (FCPI).

Certains fonds procurent un avantage fiscal plus important : c'est le cas du FIP Corse et, depuis 2017, du FIP DOM, investi dans les PME basées outre-mer. Dans les deux cas la réduction d'impôt sur le revenu se monte à 38% des sommes investies, avec un plafond d'investissement de 12.000 euros pour une personne seule.

Inconvénients de ce type d'investissement, le souscripteur est bloqué pendant au moins 5 ans, il n'est pas certain de récupérer sa mise initiale et les performances sont par nature très fluctuantes.

 

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