Selon une récente étude, 70% des personnes qui ont renoncé à partir en vacances invoquent un motif financier. Mais les difficultés liées à l’argent se combinent souvent avec d’autres contraintes, familiales, de santé, d’organisation ou liées au numérique.
Vacances : le manque d’argent, premier frein au départ des Français

Le portefeuille reste de très loin le principal obstacle aux vacances. C’est ce que confirme une enquête(*) du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), publiée le 1er juillet 2026 et réalisée pour le compte de l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV). Quand un Français renonce à partir, l’argent est presque toujours en cause : sept non-partants sur dix avancent une raison financière.
Dans le détail, le motif financier est cité en premier par 60% des personnes interrogées, loin devant le choix personnel de rester chez soi (23%), les raisons familiales (14%), les problèmes de santé (14%) ou les contraintes professionnelles (12%). La sécurité n’arrive qu’en sixième position.
Les familles contraintes d’arbitrer
Derrière ce frein financier se cachent plusieurs réalités. Près d’un Français sur deux (47%) juge ses revenus insuffisants pour s’offrir des vacances. Plus d’un tiers (38%) estime que ses ressources sont trop variables ou incertaines pour programmer un séjour. Et 37% disent rogner sur des dépenses essentielles, comme l’alimentation ou la santé, afin de préserver un budget vacances.
L’étude du Crédoc met aussi en lumière les arbitrages des familles. Un tiers des parents (33%) privilégient les vacances de leurs enfants, quitte à ne pas partir eux-mêmes. Cette proportion grimpe à 46% chez les familles monoparentales, et à 45% chez les ménages aux bas revenus.
Le budget, mais pas seulement
Pourtant, l’argent n’explique pas tout. Le lien social pèse également : 62% des Français interrogés trouvent difficile de partir seul, et 53% jugent compliqué de se mettre d’accord avec la famille ou les amis. L’organisation du séjour génère du stress pour 43% d’entre eux. L’idée de quitter son domicile inquiète 42% des répondants, notamment en raison des risques de cambriolage ou de la garde des animaux.
Les réservations en ligne suscitent, elles aussi, de fortes réticences : d’après l’enquête du Crédoc, seuls 16% des Français ne déclarent aucune inquiétude, la peur des arnaques et des problèmes de paiement revenant fréquemment.
Quatre profils de Français qui renoncent aux vacances
L’étude distingue quatre profils de non-partants :
- les « durablement éloignés des vacances » (34%) : ils cumulent difficultés financières, problèmes d’organisation et méfiance envers Internet ;
- les « casaniers » (30%), qui préfèrent rester chez eux ;
- les « vacanciers sous contraintes » (25 %) : ceux-là invoquent surtout des raisons familiales ou de santé ;
- et ceux qui font passer « les vacances des enfants avant tout », faute de moyens financiers (11%).
Au total, 57% des Français de 15 à 69 ans partent en vacances au moins une fois par an. À l’inverse, 14% ne quittent jamais leur domicile, contre 18% en 2009. Les ménages modestes, les habitants des communes rurales, les chômeurs et les retraités sont moins nombreux à partir que les personnes aux revenus élevés, les couples avec enfants et les Franciliens.
Côté soutien, 37% des 15-69 ans ont bénéficié d’une aide au départ en 2025, et 29% de la population (dont 36% des actifs) ont reçu des chèques-vacances. Reste qu’au-delà des profils, le niveau de revenu demeure le premier déterminant du départ en vacances. Viennent ensuite le diplôme, l’âge, le fait d’avoir bénéficié d’une aide ou de chèques-vacances, ainsi que le lieu de résidence, souligne le Crédoc.
(*) Méthodologie : étude réalisée sur le terrain entre le 17 octobre et le 2 novembre 2025 auprès de 3 133 personnes de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.
Journaliste spécialisé immobilier











