Selon une étude, plus de neuf actifs français sur dix consulteraient la rémunération de leurs collègues. Le contenu du projet de loi sur la transparence salariale reste, lui, largement méconnu.
Transparence salariale : 94% des actifs regarderaient la paie des autres

Le projet de loi sur la transparence salariale sera présenté en Conseil des ministres le 9 septembre 2026. À la veille de cette échéance, une enquête du cabinet de conseil indépendant How Much(*) révèle l’intérêt massif des actifs pour les rémunérations de leurs collègues, alors même que le contenu du texte reste mal connu.
Le salaire du patron, premier consulté
Si un annuaire affichait demain les rémunérations de l’entreprise, 94% des actifs consulteraient au moins un salaire. Ils regarderaient en priorité celui de leur patron ou dirigeant (24%), celui d’une personne exerçant le même travail (23%) ou celui d’un collègue soupçonné de gagner davantage (21%). Seuls 6% n’en consulteraient aucun.
La réaction serait immédiate : 38% vérifieraient où ils se situent et 29% prépareraient une demande d’augmentation. Mais certains envisagent une transparence à sens unique : 24% veulent voir sans être vus, quand 29% accepteraient que leur propre salaire soit visible par tous et 27% l’accepteraient seulement sous une forme anonymisée.
Ce que le projet de loi prévoit vraiment
Aucune des mesures effectivement prévues et soumises aux sondés n’est identifiée par plus d’un actif sur deux. L’affichage d’une fourchette de salaire dans les offres d’emploi est cité par 49% des sondés, la communication des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes par 41%, l’interdiction de demander à un candidat son salaire actuel par 24% seulement.
Les idées reçues restent nombreuses : 45% pensent que le texte imposera le même salaire à poste égal, 36% qu’il donnera accès au salaire exact d’un collègue et 32% qu’il imposera la publication nominative des rémunérations en interne. Selon How Much, aucune de ces trois mesures ne figure dans le texte. Et 31% des actifs reconnaissent ne pas savoir du tout ce qu’il contient.
Des informations souvent erronées en entreprise
Le sujet circule déjà dans les entreprises : 56% des actifs en ont entendu parler entre collègues, mais 13% seulement disent avoir eu accès à des informations plutôt exactes, contre 43% qui rapportent des propos exagérés, anxiogènes ou faux.
Si le thème de la transparence des salaires s’installe dans les couloirs avant d’être encadré par l’entreprise, 33% des actifs redoutent avant tout des tensions et des jalousies entre collègues, devant la propagation de fausses informations (21%) et une perte de confiance envers la direction (19%).
Les salariés attendent d’ailleurs un cadrage officiel : 46% souhaitent que la direction ou les ressources humaines prennent la parole en premier. Mais 21% ne font pas confiance à leur entreprise pour aborder le sujet honnêtement. « Le flou règne partout, du bureau jusqu’au sommet », résume Sandrine Dorbes, créatrice de How Much.
(*) Enquête en ligne réalisée du 27 août au 3 septembre 2026 auprès de 3.600 actifs français, échantillon constitué par quotas et redressé sur les données de l’Insee.
Journaliste spécialisé immobilier






