Bercy attend la baisse des prix du diesel liée aux stocks stratégiques de gazole le 1er ou le 2 novembre chez les grandes enseignes. Un arrêté oblige les stations-service participant au dispositif à en afficher le montant par litre.
Gazole : 12 à 18 centimes de baisse attendus début novembre, comment la vérifier à la pompe ?

Dès dimanche 1er novembre, le prix de votre plein de gazole pourrait commencer à baisser, notamment dans les stations-service des grandes enseignes. Le gouvernement avait annoncé début octobre une fourchette de 12 à 18 centimes par litre, soit 6 à 9 euros sur un plein de 50 litres. Le ministère de l’Économie vise le haut de cette fourchette chez les grandes enseignes, mais ni le montant ni la date ne sont garantis dans toutes les stations.
Le litre de gazole s’affichait autour de 2,39 euros en moyenne vendredi 30 octobre, selon plusieurs comparateurs s’appuyant sur les prix déclarés par les stations-service sur le site officiel prix-carburants.gouv.fr. Si les autres composantes du prix restent stables, une baisse de 18 centimes le ramènerait vers 2,21 euros.
À raison d’un plein de 50 litres par semaine, l’économie pourrait atteindre environ 80 à 120 euros sur trois mois, à condition que la baisse se maintienne.
Ce que vous verrez à la pompe
Un arrêté publié au Journal officiel le 29 octobre impose aux stations-service participant au dispositif d’afficher le montant de la baisse, en centimes par litre toutes taxes comprises, « de manière claire par un affichage visible, lisible et aisément accessible ». L’obligation court jusqu’au 31 mars 2027.
⚠️ Ce chiffre correspond à l’avantage lié aux stocks stratégiques, pas forcément à la baisse que vous constaterez entre deux pleins. Le prix final continue de suivre les autres variations du marché. Pour comparer les prix réels, station par station, le réflexe reste le comparateur officiel des prix des carburants.
Toutes les stations vont-elles baisser leurs prix ?
L’État a décidé de céder aux pétroliers 10 millions de barils issus des stocks stratégiques, achetés avant la crise et vendus environ 28 centimes le litre. Ce gazole bon marché remplace une partie de leurs achats au prix fort. Un décret oblige chaque maillon de la chaîne, jusqu’à la station-service, à répercuter intégralement cet avantage, sous peine de sanctions. Objectif affiché par le gouvernement : une baisse « sur tout le territoire ».
Encore faut-il que ce gazole sorte des dépôts de la Sagess, la société qui gère ces stocks, puis rejoigne les circuits des distributeurs. Il faut « un peu de logistique », reconnaît Bercy. Pour ne pas attendre, le décret autorise les distributeurs à baisser leurs prix par anticipation, avant d’avoir reçu ce carburant.
Le dispositif ne concerne pas seulement les grandes enseignes : les stations-service indépendantes peuvent aussi y participer. Toutes celles qui en bénéficient doivent répercuter l’avantage obtenu et afficher le montant de la réduction. Bercy estime que participer est « dans leur intérêt », sans garantir une baisse partout.
Pour aider les stations isolées, à la campagne, en montagne ou en Outre-mer, l’État remboursera les intérêts de leurs prêts de trésorerie, dans la limite de 5 000 euros empruntés.
➡️ Vous vous chauffez au fioul ? Le décret du 23 octobre 2026 étend la baisse au fioul domestique. Si votre fournisseur l’applique, il doit vous indiquer le montant de la réduction, en centimes par litre, avant que vous passiez commande.
Une baisse cumulable avec l’aide aux gros rouleurs
Si vous êtes éligible à l’indemnité carburant de 100 euros destinée aux gros rouleurs, la baisse à la pompe s’y ajoute. D’octobre à décembre, cette aide équivaut à 40 centimes par litre, selon la DGFiP.
En cumulant l’indemnité carburant et la réduction sur le gazole, un bénéficiaire n’est « pas loin des 60 centimes d’euros de baisse » par litre, estime Bercy. Il s’agit toutefois de deux dispositifs distincts : l’indemnité de 100 euros n’est pas une remise directement appliquée à la pompe.
Journaliste spécialisé immobilier






