Conducteurs non assurés : plus de 132 millions d’euros versés aux victimes en 2025

Par Loic Farge
Temps de lecture : 3 minutes
Le coût de la non-assurance routière continue de peser lourd

L’an passé, le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages a indemnisé près de 7 500 personnes victimes d’accidents de la route provoqués par des conducteurs non assurés ou en fuite. L’addition a dépassé les 132 millions d’euros pour la collectivité.

Le coût de la non-assurance routière continue de peser lourd. Dans son dernier baromètre, publié le 29 juin 2026, le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) – une composante du Fonds de garantie des victimes (FGV) – indique avoir versé 132,1 millions d’euros aux victimes de conducteurs non assurés ou ayant pris la fuite en 2025.

Au total, quelque 7 500 personnes blessées ont été prises en charge. Le chiffre recule de 7,3% par rapport à 2024, mais la gravité des accidents, elle, ne faiblit pas : 177 personnes ont perdu la vie, un bilan en hausse de 5,4% sur un an, et leurs proches ont aussi été indemnisés par le Fonds.

Une facture qui grimpe de 25% depuis 2018

Créé en 1951, le FGAO entre en jeu quand le conducteur responsable d’un accident n’est pas assuré ou reste introuvable après un délit de fuite. Les sommes versées en 2025 ont bondi de 7% en un an, et de 25% depuis 2018.

Cette hausse s’explique notamment par l’envolée du coût de l’aide humaine réservée aux victimes les plus lourdement touchées, mais aussi par l’évolution d’une jurisprudence de plus en plus favorable aux blessés.

Une dette qui peut poursuivre le conducteur toute sa vie

Contrairement à une idée tenace, rouler sans assurance ne fait pas disparaître la responsabilité financière du conducteur. Une fois les victimes indemnisées, le FGAO engage systématiquement un recours contre le responsable pour récupérer les sommes avancées, majorées de 10%. En 2025, l’organisme public n’a toutefois récupéré que 14 millions d’euros. À ce jour, 15 400 conducteurs demeurent débiteurs envers le Fonds.

Selon la gravité de l’accident, l’ardoise peut atteindre plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions d’euros. Une dette qui poursuit parfois son auteur toute une vie durant.

Jeunes conducteurs et trottinettes en première ligne

Le phénomène reste loin d’être marginal. D’après les données de la Sécurité routière, 5,8% des véhicules impliqués dans un accident corporel ayant nécessité l’intervention des forces de l’ordre (soit 4 640 véhicules non assurés recensés) n’étaient pas assurés en 2024, contre 3,5% en 2018.

Le profil des conducteurs sans couverture évolue peu. Un sur deux a moins de 30 ans. Les étudiants (20 %), les personnes sans activité (19 %) et les ouvriers (18 %) restent nettement surreprésentés.

La non-assurance gagne également les nouvelles mobilités. Les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), trottinettes électriques en tête, représentent désormais 8,3% des véhicules impliqués dans les accidents pris en charge par le FGAO. Ils constituent la deuxième catégorie la plus concernée après les voitures.

Des contrôles renforcés, mais un phénomène toujours tenace

Sur le terrain, la répression s’intensifie. Selon le Fonds, près de 268 000 procès-verbaux pour défaut d’assurance ont été dressés en 2024, soit une hausse de 10% par rapport à l’année précédente.

Si cette infraction est passible d’une amende forfaitaire de 750 euros – portée à 3 750 euros en cas de récidive -, la sanction reste souvent dérisoire au regard du risque financier encouru.

Loic Farge

Loic Farge

Journaliste spécialisé immobilier

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