Congés payés non pris avant le 31 mai : pouvez-vous les reporter ?

Par Loic Farge
Temps de lecture : 3 minutes
En principe, les congés payés non pris sur la période de référence sont perdus

Les salariés du secteur privé qui n’ont pas encore posé tous leurs jours acquis au titre de la période du 1er juin 2024 au 31 mai 2025 doivent, en principe, les utiliser avant le 31 mai 2026. Un report reste possible, mais sous certaines conditions.

La question revient chaque année en mai pour les salariés du secteur privé : que deviennent les congés payés qu’ils n’ont pas posés avant la date butoir ? Comme le rappelle service-public.gouv.fr – un site rattaché à Matignon – dans une note publiée le 30 avril 2026, ces jours de congés sont acquis au rythme de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif chez le même employeur, sur une période de référence allant du 1er juin de l’année précédente au 31 mai de l’année en cours.

Un accord d’entreprise ou de branche peut fixer une période de référence différente. Il peut s’agir de l’année civile (du 1er janvier au 31 décembre), ou du 1er avril au 31 mars comme c’est le cas dans le BTP et le spectacle. Là, le principe reste identique ; seule la date butoir change.

Passé cette échéance, les jours non pris sont considérés comme perdus, sans possibilité de les reporter sur la période suivante. Par exemple, si vous aviez acquis 25 jours au 31 mai 2025 et que vous n’en avez consommé que 20 au 31 mai 2026, les cinq jours restants sont théoriquement perdus. Ils ne pourront donc pas être reportés sur la prochaine période de référence (qui court du 1er juin 2026 au 31 mai 2027).

Des exceptions permettent de conserver ses congés

Cette règle connaît toutefois plusieurs exceptions. Le report est notamment possible si un accord d’entreprise ou de branche le prévoit. Certaines conventions collectives autorisent le report automatique des jours non pris sur la période suivante. À défaut d’accord, un employeur peut aussi accepter un report à titre exceptionnel, mais rien ne l’y oblige.

Par ailleurs, il existe des situations dans lesquelles le salarié bénéficie du droit au report, sans pouvoir se voir opposer un refus. C’est le cas lorsque ces congés n’ont pas pu être pris avant la fin de la période prévue en raison :

  • d’un congé maladie ;
  • d’un congé maternité ou d’adoption ;
  • d’une impossibilité liée à l’organisation de l’entreprise, à la demande de l’employeur

Là encore, l’employeur doit aussi obtenir l’accord du salarié s’il souhaite reporter ses jours après la période pendant laquelle les congés peuvent être posés.

Le CET, une solution pour ne pas perdre ses congés

Autre possibilité évoquée par Service-public.gouv.fr : le compte épargne-temps (CET). Si l’entreprise en dispose, le salarié peut y placer des jours de congés ou de réduction de temps de travail (RTT) non pris, dans les conditions fixées par accord. Cela permet de les utiliser plus tard ou de les monétiser (c’est-à-dire les transformer en rémunération), selon les règles prévues par l’accord.

Dans tous les cas, mieux vaut anticiper. Vérifiez votre convention collective, échangez avec votre employeur et, si besoin, formalisez une demande écrite de report de congés payés.

Loic Farge

Loic Farge

Journaliste spécialisé immobilier

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