Le gouvernement a annoncé le remboursement par la Sécurité sociale des cups et des culottes menstruelles réutilisables « dès la rentrée universitaire 2026 », alors que la mesure a été votée il y a plus de deux ans. Un décret est paru en ce sens le 18 avril, mais le projet d’arrêté fixant les tarifs est encore soumis à consultation.
Protections périodiques réutilisables : qui pourra bénéficier du remboursement (et de la gratuité) en 2026 ?

Le remboursement des protections périodiques réutilisables, attendu de longue date par les femmes en situation de précarité menstruelle, va enfin voir le jour. Le gouvernement a annoncé le 16 avril 2026 la prise en charge par l’Assurance maladie des cups et des culottes menstruelles réutilisables « dès la rentrée universitaire 2026 », selon la ministre de la Santé Stéphanie Rist.
Une entrée en vigueur suspendue à un arrêté ministériel
Annoncée il y a plus de trois ans par l’ancienne première ministre Élisabeth Borne (le 8 mars 2023), la mesure n’est donc pas immédiatement effective, dans l’attente de la publication de tous les textes d’application. Ce remboursement a été voté fin 2023 dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024.
Un décret, définissant les produits pouvant être pris en charge et les publics éligibles, est paru le 18 avril au Journal officiel. Ce n’est pas encore le cas de l’arrêté devant préciser le cahier des charges à respecter par les fabricants, ainsi que les tarifs des produits, dont le projet de texte est soumis à consultation.
Qui va bénéficier du remboursement ?
Deux publics sont visés :
- toutes les assurées de moins de 26 ans ;
- les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S).
Au total, le gouvernement estime que le remboursement va bénéficier à 6,7 millions de personnes.
Elles pourront bénéficier de la prise en charge ou du remboursement de deux produits de protection périodique réutilisables par an. « La période annuelle prise en compte débute à la date de la première délivrance. Les périodes annuelles suivantes sont retenues de date à date », précise le décret.
Pour les femmes âgées de plus de 26 ans ne bénéficiant pas de la C2S, la situation ne changera pas : il faudra payer ses protections réutilisables au prix fort.
Quelles protections périodiques réutilisables sont concernées ?
Deux types de protections périodiques réutilisables seront éligibles au remboursement :
- les coupes ou cups menstruelles ;
- les culottes menstruelles.
Selon la définition prévue par le décret, une protection périodique réutilisable correspond à « tout produit, à usage externe ou interne, destiné à absorber ou collecter les flux menstruels, pouvant être lavé ou stérilisé et utilisé à plusieurs reprises à cette fin ».
Les protections périodiques jetables tels que les tampons, serviettes hygiéniques et protège-slips ne seront pas remboursées.
Les culottes menstruelles seront-elles gratuites ?
La gratuité ne va concerner que les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire. Pour les autres bénéficiaires, le remboursement sera partiel : il y aura un reste à charge de 35% à 45% selon le décret.
Quel montant de remboursement ?
Le projet d’arrêté publié le 23 avril 2026 prévoit les tarifs suivants :
- 19 euros TTC pour les culottes menstruelles ;
- 15,80 euros TTC pour les coupes menstruelles.
Le taux de prise en charge par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) sera compris entre 55% et 65%, soit un montant maximum remboursé de 12,35 euros pour les culottes menstruelles et de 10,27 euros pour les cups.
Où acheter des protections remboursables ?
Les coupes et culottes menstruelles devront être achetées en pharmacie d’officine pour prétendre au remboursement.
« Pour être référencés et pris en charge, les produits doivent être distribués en pharmacie sur le territoire français métropolitain ainsi que dans les départements d’Outre-mer et à Saint-Pierre-et-Miquelon », selon le projet d’arrêté.
Les achats effectués dans la grande distribution ou les magasins spécialisés ne seront pas pris en charge.
Rédacteur en chef spécialisé placements et fiscalité











