Retraite : 60% des seniors prêts à utiliser leur logement pour financer leur maintien à domicile

Par Loic Farge
Temps de lecture : 2 minutes
Près d'un senior propriétaire sur deux est sous pression financière, selon une étude OpinionWay.

La pression financière touche près d’un senior propriétaire sur deux, selon une étude OpinionWay. Six sur dix envisageraient de mobiliser leur patrimoine immobilier pour préserver leur autonomie et leur niveau de vie.

Posséder son logement ne met plus forcément à l’abri. Selon la première édition du baromètre « Seniors, Patrimoine et Transmission », réalisé par OpinionWay pour la start-up Merci Prosper auprès de 1 003 personnes âgées de 60 ans et plus (*), 47% des seniors propriétaires se déclarent sous pression financière en fin de mois. Dans cette étude, rendue publique le 4 juin 2026, 42% des personnes interrogées indiquent devoir arbitrer chaque dépense et 5% puisent déjà dans leur épargne ou sollicitent une aide extérieure.

Les femmes (53%), les « jeunes seniors » de 60 à 64 ans (53%), les personnes seules (56%) et les habitants des zones rurales (53%) sont les plus exposés. Plus de huit sondés sur dix gagnant moins de 24 000 euros par an se disent en difficulté financière.

Le logement, une réserve pour la retraite

Face à ce constat, et alors que les dépenses liées au vieillissement augmentent, le logement apparaît comme une ressource de plus en plus stratégique. Sur le principe, 46% des seniors accepteraient d’utiliser la valeur de leur résidence principale, quitte à réduire la part transmise à leurs héritiers. Ce taux grimpe à 60% dès lors qu’une raison concrète leur est proposée.

En tête des motivations : le maintien à domicile. Plus d’un tiers des répondants (36%) envisageraient de vendre une partie de leur bien pour financer des services d’aide ou des travaux d’adaptation en cas de perte d’autonomie. Viennent ensuite l’entrée en résidence seniors ou en Ehpad (32%), les dépenses de santé importantes (26%), l’aide financière aux enfants (20%) et le complément de revenus (16%).

Ces besoins expliquent l’intérêt croissant pour les solutions permettant de transformer une partie du patrimoine immobilier en liquidités, sans vendre totalement son logement ni le quitter. Reste que ces dispositifs demeurent encore mal identifiés par les seniors concernés.

La vente partielle, une solution encore ignorée

L’étude met aussi en lumière un paradoxe : 95% des seniors connaissent le viager, mais 93% ignorent l’existence de la vente partielle. Ce dispositif, acté devant notaire, permet de céder une fraction de la propriété de son logement afin d’obtenir un capital, tout en continuant à y vivre à 100%. Il ne s’agit ni d’un crédit, ni d’un viager puisqu’il ne comporte pas d’aléa sur la durée de vie.

Utiliser son logement ne signifie pas pour autant renoncer à transmettre. Si 81% des seniors restent attachés à l’héritage, cet attachement n’exclut plus la monétisation : parmi les répondants favorables à une vente partielle de leur résidence principale, 72% prendraient cette décision en concertation avec leurs enfants. À savoir : Merci Prosper, le commanditaire de l’étude, est justement spécialisé dans… la vente partielle immobilière pour les seniors.

(*) Méthodologie : sondage OpinionWay réalisé en ligne du 13 au 20 avril 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 003 personnes âgées de 60 ans et plus, propriétaires d’un ou de plusieurs biens immobiliers (méthode des quotas).

Loic Farge

Loic Farge

Journaliste spécialisé immobilier

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