Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou veut soumettre chaque formation financée par le CPF à l’aval de l’employeur ou du Conseil en évolution professionnelle (CEP), dans un contexte d’économies budgétaires demandé à son ministère.
Réforme du CPF : vers une validation préalable de chaque formation ?

La libre utilisation des droits à la formation professionnelle dans le cadre du compte personnel de formation (CPF) bientôt remise en cause ? Dans un entretien au journal Les Echos publié le 16 juillet, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé un nouveau tour de vis envisagée par le gouvernement pour le CPF : « Le « P » de CPF, nous voulons le changer de personnel en professionnel », a-t-il déclaré. Au-delà des mots, il s’agirait d’instaurer un contrôle préalable de cohérence avec le projet professionnel.
Questionnaire automatisé
« Avant chaque utilisation de son CPF, il faudra une vérification qui pourra notamment être réalisée par l’employeur si la formation a lieu durant le temps de travail, ou par les conseillers en évolution professionnelle », a-t-il détaillé.
D’après une source ministérielle citée par l’AFP « le titulaire sera invité à préciser son projet professionnel via un bref questionnaire automatisé » afin de « proposer des formations adaptées au projet professionnel, et de vérifier que la formation demandée est cohérente avec ce projet ».
Jean-Pierre Farandou justifie la mise en place de filtre par la nécessité d’une « efficacité des dépenses publiques », son ministère devant réaliser 1,9 milliard d’euros d’économies en 2027.
La CFDT demande au gouvernement de renoncer à cette réforme
Le projet de réforme remettrait en principe la « philosophie » de la loi du 5 septembre 2018 estime la CFDT dans un communiqué publié le 21 juillet 2026. Ce texte avait instauré une alimentation du compte en euros (et non plus en heures) et autorisé l’achat direct de formations sans intermédiaire. Hostile au projet de l’exécutif, le syndicat « refuse que les droits acquis par les salariés servent à financer des formations qui relèvent du plan de développement des compétences, responsabilité qui incombe aux seuls employeurs ».
Muriel Pénicaud, ministre du Travail à l’origine de ce texte, a dénoncé le 21 juillet sur LinkedIn une réforme qui supprime, selon elle, le droit et la liberté de chacun de choisir son avenir professionnel : « renier l’esprit de notre loi de 2018 est un contresens dramatique ». Le ministre y voit une question de modalités, l’esprit du dispositif restant selon lui inchangé.
Pour la CFDT, une telle mesure « nécessite une modification de la loi ». L’organisation syndicale demande au gouvernement « d’abandonner ce projet » et d’engager une concertation avec les partenaires sociaux « afin de préserver un CPF libre, personnel et au service de l’émancipation professionnelle des travailleurs ».
Rédacteur en chef spécialisé placements et fiscalité












