Les salaires négociés ont continué d’augmenter au deuxième trimestre 2026, mais moins vite que l’inflation, selon la Banque de France. Un décalage qui érode le pouvoir d’achat des salariés du privé.
Salaires : pourquoi les hausses n’ont pas suivi l’inflation au deuxième trimestre 2026

Les augmentations de salaire négociées ne suffisent plus à suivre la hausse des prix. C’est le principal enseignement du dernier Stat Info, la publication statistique trimestrielle de la Banque de France consacrée aux salaires négociés dans le secteur privé, parue le 28 juillet 2026.
Au deuxième trimestre 2026, les minima conventionnels de branche – les planchers de salaire fixés par les conventions collectives – ont progressé de 1,1% sur un an, au même rythme qu’au trimestre précédent. Dans les accords d’entreprise, la hausse moyenne négociée a atteint 1,7%, contre 1,6% trois mois plus tôt. Ces augmentations restent toutefois inférieures à une inflation moyenne de 2,1 % sur la période, ce qui se traduit par une perte de pouvoir d’achat pour les salariés couverts par ces accords.
Des accords annuels signés avant le rebond des prix
Pourquoi ce décrochage ? Parce que les salaires négociés ne réagissent pas immédiatement aux soubresauts de la conjoncture économique, rappelle la Banque de France. Conclus le plus souvent pour douze mois, les accords de branche et d’entreprise ont été signés quand l’inflation évoluait encore autour de 1%.
Le rebond des prix au deuxième trimestre, alimenté par le conflit au Moyen-Orient, ainsi que la revalorisation du Smic de 2,4% en juin (après celle de 1,2% en janvier), n’y sont donc pas encore répercutés. Ils ne seront donc intégrés qu’avec le décalage propre au calendrier des négociations salariales.
Huit accords de branche sur dix ne dépassent pas 2%
Les accords prévoient de plus en plus souvent des hausses de salaire inférieures à 2%. Dans les branches, 69% des accords prévoient une augmentation comprise entre 1% et 2%, contre 44% un an plus tôt. Plus de 15% se limitent même à 1% ou moins, contre 2% seulement l’année précédente.
Le même resserrement est observé dans les entreprises. Au deuxième trimestre 2026, 63% des accords se situent entre 1% et 2%, contre 54% un an auparavant, et les revalorisations plafonnées à 1% concernent désormais 15% d’entre eux, contre 10%.
Près du Smic, des minima revalorisés de 1,2%
Les salariés rémunérés au voisinage du Smic bénéficient toutefois de revalorisations un peu plus favorables, observe Stat Info. Dans les branches, les minima inférieurs à 1,2 Smic progressent de 1,2%, contre 0,9% pour les minima supérieurs à 1,6 Smic, sous l’effet des relèvements successifs du salaire minimum.
Ces statistiques ne couvrent que les salaires de base, hors primes. Une mesure plus large existe : le salaire moyen par tête (SMPT), qui intègre primes, heures supplémentaires et effets de structure, c’est-à-dire les évolutions de la composition de l’emploi. Selon le dernier point disponible, le SMPT a augmenté de 1,9% sur un an au premier trimestre 2026, contre 2% au dernier trimestre 2025.
Pour en savoir plus, lire notre article sur la situation de l’inflation en 2026 en France.
Journaliste spécialisé immobilier












