Retraites : les écarts entre les femmes et les hommes se réduisent nettement

Par Jean-Philippe Dubosc
Temps de lecture : 3 minutes
Une retraitée et un retraité dos à dos

La pension moyenne des retraitées est inférieure d’un peu moins de 37% à celle des retraités. La différence était de 50% il y a 20 ans. Cette réduction des inégalités entre les genres résulte de la hausse des retraites féminines, mais aussi de la baisse des retraites masculines.

Les inégalités de retraite entre les femmes et les hommes s’amenuisent sensiblement. Selon « Les retraités et les retraites », l’enquête annuelle de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) qui fait référence et dont la dernière édition a été rendue publique ce 14 octobre, les retraitées ont touché, en moyenne, une pension globale (retraite de base et complémentaires confondues) de 1 380 euros en 2024, contre 2 190 euros pour les retraités.

Soit une différence de presque 37% (36,7% exactement). Si l’écart de retraite entre les genres demeure important, il se réduit nettement puisqu’il atteignait 50,1% en 2004. Dit autrement, la retraite des femmes est aujourd’hui inférieure, en moyenne, d’un peu plus d’un tiers à celle des hommes, alors qu’elle en représentait à peine la moitié il y a 20 ans.

Un différentiel de 25% avec la réversion

L’écart s’amoindrit encore plus en prenant en compte la pension de réversion versée aux conjoints survivants. Les femmes vivant en moyenne plus longtemps que les hommes, cette prestation qui représente une fraction de la retraite de l’époux décédé (la réversion est réservée aux couples mariés) est versée à plus de 80% à des veuves. En prenant en compte cette retraite de droit indirect, le différentiel de pension entre femmes et hommes tombe à un peu moins de 25% (24,7%).

La Drees, qui est l’organisme de statistiques commun aux ministères de l’Économie, de la Santé et des Solidarités, avance plusieurs raisons qui explique cette réduction des iniquités de retraite entre les sexes. En premier lieu, le taux d’activité des femmes ne cesse de progresser depuis l’après-guerre. Elles sont sans cesse plus nombreuses à cotiser et donc à percevoir une retraite de droit direct. Les femmes sont aussi de plus en plus diplômées et, par ricochet, à occuper des emplois qualifiés, généralement mieux rémunérés.

Davantage de droits pour les femmes

Depuis 1972, les mères qui arrêtent de travailler pour s’occuper de leurs enfants peuvent se constituer, sous conditions, des droits à la retraite via l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF). Enfin, les majorations d’assurance (MDA) permettent aux femmes de se voir attribuer des trimestres au titre de la maternité et de l’éducation des enfants (huit trimestres par enfant dans le secteur privé, deux à quatre trimestres par enfant dans le public). Les MDA peuvent réduire, voire supprimer, la décote pour les mères de famille dont le nombre de trimestres cotisés n’est pas suffisant pour toucher une retraite complète (à taux plein).

Mais l’écart de retraite entre les femmes et les hommes se réduit aussi parce que les seconds perçoivent des pensions moins élevées qu’auparavant. La Drees constate que les hommes ont, désormais, des carrières plus hachées, car ils connaissent davantage de périodes de chômage qu’auparavant. En outre, l’allongement de la durée d’assurance (le nombre de trimestres exigés pour percevoir une retraite à taux plein) instauré par les dernières réformes des retraites les pénalisent.

Reste que 14% des hommes touchent une retraite supérieure à 3 000 euros par mois, contre 3% des femmes. Et parmi les 1% des retraités qui perçoivent une retraite supérieure à 5 150 euros par mois, 93% font partie de la gent masculine.

Jean-Philippe Dubosc

Jean-Philippe Dubosc

Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite

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