Gabriel Attal veut mobiliser le PER pour financer les entreprises françaises et européennes

Par Olivier Brunet
Temps de lecture : 3 minutes
Le PER, outil privilégier par Gabriel Attal pour mobiliser l'épargne des Français

1 000 euros versés à chaque nouveau-né sur un plan d’épargne retraite (PER) et y orienter une partie de l’épargne salariale… Gabriel Attal a exposé deux mesures sur le PER lors de la présentation de sa vision économique, le 28 octobre 2026.

Gabriel Attal veut mobiliser l’épargne des Français pour financer les entreprises et l’innovation. Le plan d’épargne retraite (PER) serait au cœur du dispositif imaginé par l’ancien Premier ministre, qui prépare l’élection présidentielle de 2027. Le président de Renaissance a réaffirmé sa volonté de « développer la capitalisation pour financer l’économie française et européenne », lors de la présentation de sa vision économique pour la France à la presse, le 28 octobre 2026.

50% de l’intéressement et de la participation versés sur un PER

Pour y parvenir, Gabriel Attal propose que « 50% de l’intéressement et de la participation » distribués chaque année par les entreprises soient orientés vers un plan d’épargne retraite (PER). Actuellement, les salariés peuvent percevoir directement ces primes versées par certains employeurs, qui sont alors soumises à l’impôt sur le revenu, ou les placer sur un dispositif d’épargne salariale, notamment un plan d’épargne entreprise (PEE) ou un PER d’entreprise collectif.

L’ancien chef du gouvernement souhaite également que l’État verse 1 000 euros « sur un plan épargne retraite pour chaque bébé qui naît en France ». Les parents et les grands-parents pourraient ensuite alimenter ce plan jusqu’aux 18 ans de l’enfant, en profitant d’un avantage fiscal. Fin 2025, lors des débats sur le budget 2026, plusieurs députés proches de Gabriel Attal, dont le député EPR Paul Midy, co-responsable de son programme, avaient proposé un abattement fiscal sur les donations familiales.

À sa majorité, le bénéficiaire pourrait continuer à effectuer des versements sur son PER. Son employeur pourrait également l’alimenter. Cette proposition nécessiterait toutefois de revenir sur l’interdiction des versements sur les PER ouverts au nom de mineurs, entrée en vigueur le 1er janvier 2024.

Des garde-fous pour empêcher l’épargne retraite de partir aux États-Unis

Gabriel Attal n’exclut pas d’encadrer les investissements réalisés avec cette épargne. « Il ne s’agit pas de faire de la capitalisation pour amplifier un phénomène que je dénonce », à savoir le financement des entreprises américaines par les Européens. Il se dit favorable à des « lignes directrices très fortes » pour le placement de ces fonds.

Selon les chiffres qu’il a présentés, 300 milliards d’euros d’épargne européenne sont investis chaque année hors de l’Union européenne, principalement aux États-Unis. En France, environ 1 100 milliards d’euros placés auprès des intermédiaires financiers financeraient des économies extérieures à la zone euro.

Le développement de la retraite par capitalisation constitue l’un des trois leviers économiques défendus par Gabriel Attal, avec l’éducation et l’augmentation du taux d’emploi. Il compte aussi donner des relais de croissance aux entreprises françaises et européennes grâce aux marchés publics. « L’Europe doit offrir à l’épargne des Européens des débouchés dans les entreprises européennes. Pour cela, je propose d’utiliser la commande publique comme instrument de politique industrielle », plaide-t-il, assumant ouvertement « une préférence européenne dans les achats publics ».

Olivier Brunet

Olivier Brunet

Rédacteur en chef spécialisé placements et fiscalité

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