Les géants américains du cloud ont fait reculer le Nasdaq en octobre, tandis que les marchés européens ont progressé, observe IDMidCaps, bureau d’analyse financière indépendant spécialisé sur les petites et moyennes valeurs françaises et européennes.
Octobre a été un mois agité sur les marchés, au gré d’une actualité chargée et souvent contradictoire. Les rôles se sont inversés : ce sont désormais les hyperscalers américains (les géants du cloud, NDLR) qui inquiètent les investisseurs.
La tech américaine rattrapée par le coût de l’IA
Les publications trimestrielles ont renforcé les doutes sur la rentabilité des sommes engagées dans l’intelligence artificielle. Alphabet, maison mère de Google, a perdu plus de 12% en une seule séance le 29 octobre, un record. Meta, Amazon et Intel ont eux aussi été emportés par la vague de ventes. Sur le mois, le Nasdaq Composite, indice de référence des valeurs technologiques américaines, recule de 5,34%. Le S&P 500, plus diversifié, perd 1,13%.
Le baril de pétrole, toujours au-dessus de 100 dollars, continue d’alimenter l’inflation. La Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) ont pourtant laissé leurs taux directeurs inchangés. Outre-Atlantique, ce répit pourrait être de courte durée : les marchés estiment à plus de 80% la probabilité d’une hausse des taux de la Fed en décembre.
L’Europe rassure pour une fois
Une fois n’est pas coutume, c’est le Vieux Continent qui a rassuré. La conjoncture reste terne, avec un PIB français en recul de 0,1% au troisième trimestre, et l’inflation pèse. Les entreprises européennes affichent pourtant des chiffres d’affaires en hausse, avec des valorisations bien plus abordables qu’aux États-Unis. L’indice diversifié Stoxx Europe 600 (SXXP), qui regroupe 600 sociétés cotées européennes, approche ainsi les 2% de gain sur le mois (+ 1,83%).
Paris sous la pression de la dette
En France, le climat demeure fébrile. Le rendement de l’OAT à 10 ans, emprunt de référence de l’État français, a dépassé 5%, une première depuis 2002. L’écart avec le Bund allemand, appelé spread, approche les 160 points de base (soit 1,6 point de pourcentage), du jamais-vu depuis 2011. En cause : l’instabilité politique et un budget 2027 examiné par une Assemblée nationale sans majorité. Le maintien de la note de la France à Aa3 par l’agence de notation Moody’s a offert une bouffée d’oxygène.
Le CAC 40 (PX1) et le CAC Mid & Small (CACMS), indice des petites et moyennes capitalisations françaises, ont terminé le mois quasi stables (+ 0,06% pour le CAC 40, – 0,53% pour le CACMS), car les résultats des entreprises ont largement rassuré. D’après les données d’IDMidCaps, l’activité des valeurs moyennes a progressé d’environ 5% sur le trimestre, après une hausse de l’ordre de 2% au premier semestre. Il faut remonter à la mi-2023 pour retrouver un tel rythme.
Le calendrier des prochaines semaines appelle toutefois à la prudence, car la politique et la conjoncture devraient reprendre le dessus. Au programme : la suite des débats sur le budget 2027, la révision de la note de la France par l’agence S&P, les élections américaines de mi-mandat le 3 novembre et la réunion de la Fed le 9 décembre.
Analyste financier







