Doublement du plafond de la prime carburant, 100 euros pour les « grands rouleurs », prolongation des aides sectorielles… Le premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé des aides pour soutenir l’activité économique à une nouvelle « échelle », face à l’envolée des prix à la pompe.
Hausse des prix du carburant : les nouvelles annonces du gouvernement

Le gouvernement muscle son dispositif de soutien face à la hausse des prix des carburants et de l’énergie. Lors d’une conférence de presse interministérielle organisée jeudi 21 mai à Matignon, le premier ministre Sébastien Lecornu a présenté une nouvelle série d’aides destinées aux ménages et aux secteurs les plus touchés par la crise énergétique provoquée par le conflit au Moyen-Orient.
Au total, 710 millions d’euros d’aides supplémentaires vont être mobilisés, qui s’ajoutent aux 470 millions déjà annoncés ces dernières semaines. L’effort global atteint ainsi 1,2 milliard d’euros.
La prime carburant employeur doublée et simplifiée
Mesure phare pour les salariés utilisant leur voiture pour aller travailler : la prime carburant, versée facultativement par les employeurs, est renforcée. Le plafond de cette aide défiscalisée et désocialisée (non soumises aux cotisations sociales) va passer de 300 à 600 euros par an.
Surtout, son accès est largement assoupli. Alors que cette prime était jusqu’à présent versée aux salariés non desservis par les transports en commun et en fonction du lieu d’habitation, aucune condition préalable n’est désormais exigée. Les justificatifs disparaissent, le gouvernement faisant le choix de « faire confiance aux entreprises volontaires ».
L’indemnité « grands rouleurs » portée à 100 euros
L’aide destinée aux travailleurs modestes parcourant de longues distances avec leur véhicule va être doublée. Son montant forfaitaire, initialement fixé à 50 euros, est porté à 100 euros pour un véhicule déclaré par foyer. Selon le simulateur officiel déjà mis en ligne par l’administration fiscale, cela représente désormais l’équivalent d’environ 20 centimes par litre, sur la base d’une consommation moyenne de carburant sur six mois.
En revanche, les conditions d’accès restent inchangées : il faut notamment respecter le plafond de revenus, utiliser son véhicule personnel et parcourir plus de 15 kilomètres entre son domicile et son travail, ou plus de 8 000 kilomètres par an à titre professionnel. Les demandes seront ouvertes dès le mercredi 27 mai au moyen d’un formulaire en ligne accessible sur impots.gouv.fr.
Les aides sectorielles prolongées et élargies
Le gouvernement écarte toute baisse générale de la fiscalité sur le carburant, mais prolonge les dispositifs déjà destinés aux secteurs économiques les plus exposés au pétrole.
- Les aides au transport routier sont reconduites pour trois mois à partir de juin. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a évoqué 2 000 demandes déposées depuis début mai, versées début juin. Il souhaite étendre ce soutien au transport fluvial.
- Le « dispositif d’aide forfaitaire » est aussi prolongé de trois mois. Il concerne le bâtiment et les travaux publics (BTP), l’agriculture, la pêche et le transport fluvial. Pour le bâtiment, le périmètre s’élargit : l’aide au gazole non routier (GNR) vise désormais les entreprises de moins de 50 salariés, contre 20 auparavant.
- Les taxis sont également concernés. Le remboursement anticipé de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) sera possible dès le mois de juin. Une « aide à l’achat » de voitures électriques arrivera au 1er octobre.
Deux catégories de travailleurs très mobiles sont également visées. Tout d’abord, les aides à domicile bénéficieront d’une revalorisation pérenne des indemnités kilométriques et d’une hausse des rémunérations minimales. Ensuite, les agents de la fonction publique verront leurs frais kilométriques majorés d’environ 20 centimes par litre, du 1er juin au 31 décembre.
Journaliste spécialisé immobilier











