POINT BOURSE – Un mois d’août à deux vitesses

Par Denis Scherrer
Temps de lecture : 2 minutes

Le rebond des valeurs technologiques a effacé la purge de juillet, mais la flambée des taux longs et l’incertitude politique française ont pénalisé la cote parisienne, observe le bureau d’analyse financière indépendant IDMidCaps.

La purge de juillet n’aura pas duré. Portée par des publications rassurantes, couronnées en fin de mois par un trimestre record de Nvidia, les valeurs technologiques a vivement rebondi : le Nasdaq (indice américain de valeurs technologiques) gagne plus de 6%, l’indice large S&P 500 près de 4% et le Dow  Jones, plus industriel, 1,5%, tandis que le KOSPI, l’indice boursier de référence coréen, a effacé une partie de son krach.

Les taux longs douchent l’embellie boursière

Mais l’embellie s’est heurtée mi-août à une brusque remontée des taux longs, sur le marché des obligations. En cause, le regain de craintes inflationnistes, nourri par la hausse du pétrole, et l’inquiétude sur les déficits publics, qui poussent les investisseurs à exiger des rendements plus élevés. Le 30 ans américain a dépassé 5,3%, le Bund allemande a inscrit un plus haut de 15 ans et l’OAT 10 ans français a franchi 4%, une première depuis 2009.

La réunion de Jackson Hole, conférence annuelle réunissant les banquiers centraux organisé par la Réserve fédérale (Fed) est donc très attendue : le nouveau président de la banque centrale américaine, Kevin Warsh, y prononcera son premier grand discours.

La Bourse de Paris pénalisée par l’incertitude politique

En France, la tension est aggravée par l’incertitude politique, entre un budget 2027 que le gouvernement Lecornu devra faire adopter sans majorité et un début de la campagne présidentielle marqué par des débats sur le « gel » d’une partie de la dette. Résultat, les indices parisiens ont sous-performé au cours du mois. Si l’Euro Stoxx 600 a grappillé 1%, le CAC 40 comme le CAC Mid & Small ont reculé de plus de 1%. Les banques ont signé en fin de mois leur pire séance depuis juillet.

Le paradoxe est que les publications semestrielles ont confirmé l’accélération de la croissance au deuxième trimestre (+2,5%, contre +1% au premier pour les petites et moyennes capitalisations boursières – source : IDMidCaps) avec une tendance positive dans la plupart des secteurs (industrie hors automobile, services et informatique en tête), la consommation restant à la traîne malgré une timide stabilisation du luxe. Tant que les taux d’intérêt n’auront pas reflué, la prudence restera de mise sur les valeurs moyennes françaises.

Denis Scherrer

Denis Scherrer

Analyste financier

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