POINT BOURSE – La correction des valeurs de l’IA tourne à la purge

Par Denis Scherrer
Temps de lecture : 2 minutes
Le point sur les marchés actions en juillet

Le décrochage des valeurs liées à l’intelligence artificielle s’est brutalement accéléré en juillet, sur fond de doutes persistants sur les investissements des géants du cloud. Dans le même temps, les petites et moyennes capitalisations européennes ont retrouvé des couleurs à la faveur de résultats semestriels rassurants, observe le bureau d’analyse financière indépendant IDMidCaps.

La désaffection pour les valeurs liées à l’intelligence artificielle (IA), esquissée en juin, s’est transformée en véritable purge en juillet. Les doutes sur la rentabilité des investissements des hyperscalers (les géants mondiaux du cloud, NDLR) et sur les valorisations, déjà évoqués le mois dernier, se sont accentués. Les publications semestrielles des sociétés cotées n’ont pas suffi à rassurer les investisseurs.

Les valeurs technologiques ne mènent plus la danse

L’épicentre du séisme se situe en Corée : l’indice boursier de référence KOSPI s’est effondré de près de 33% sur le mois, son pire recul historique, sur fond de craintes concernant les investissements et de montée en puissance de la concurrence chinoise. Wall Street n’a pas été épargnée : le Nasdaq a cédé 7% et le S&P 500 a reculé de 2%, tandis que le Dow Jones, davantage exposé aux valeurs industrielles, a limité la casse (-1%).

En toile de fond, Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid avec l’Iran, maintenant le prix du baril de pétrole proche de 100 dollars.

Semestriels rassurants pour les petites et moyennes valeurs

En Europe, les marchés ont mieux résisté. Les indices Stoxx 600 et CAC 40 ont grappillé 1 %. Surtout, le CAC Mid & Small, représentatif des petites et moyennes capitalisations boursières, a rebondi d’environ 5 %, effaçant une partie de sa chute du mois de juin.

Le principal catalyseur : des publications semestrielles jugées rassurantes. Pour ces valeurs, la croissance médiane du chiffre d’affaires ressort, en première estimation, autour de 3% au deuxième trimestre, après un premier trimestre stable. Les révisions d’objectifs annuels sont majoritairement orientées à la hausse, dans plusieurs secteurs, notamment l’industrie (Mersen, Nexans, Vicat), la santé (Emeis, Ipsen) et les services informatiques, massivement vendus entre février et mars, avant de retrouver, désormais, la faveur des investisseurs.

La consommation reste en revanche le maillon faible. Les perspectives ont été revues à la baisse pour FDJ, la Compagnie des Alpes ou Interparfums, tandis que le secteur du luxe ne montre toujours pas de reprise tangible.

Une embellie précaire ?

La rotation amorcée en juin semble donc se confirmer : la prime accordée aux grandes valeurs technologiques laisse progressivement place à un regain d’intérêt pour des marchés européens moins chers et davantage diversifiés. La prudence reste toutefois de mise. Si la purge des valeurs liées à l’intelligence artificielle devait se prolonger, aucune place boursière ne resterait durablement à l’abri.

Denis Scherrer

Denis Scherrer

Analyste financier

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