Retraite : le Trésor préconise un recul de l’âge de départ à 65 ans

Par Jean-Philippe Dubosc
Temps de lecture : 2 minutes
Le Trésor préconise un départ à la retraite à 65 ans au lieu de 64 ans

Pour résorber le déficit du système français des retraites, la Direction générale du Trésor conseille, dans un récent rapport, de reporter l’âge minimum de départ à la retraite de 64 à 65 ans.

Pour résorber le déficit du système de retraites, la Direction générale du Trésor préconise de reporter l'âge minimum de départ de 64 à 65 ans. Le déficit devrait atteindre 5 milliards d'euros en 2026 et 6,6 milliards en 2030, selon les projections du Conseil d'orientation des retraites (COR). Cette mesure rapporterait entre 8 et 10 milliards d'euros, contrairement à une hausse des cotisations ou une baisse des pensions.

  • Une hausse des cotisations patronales de 6 milliards d'euros détruirait entre 10 000 et 50 000 emplois selon le Trésor.
  • Une augmentation des cotisations sociales de 6 milliards réduirait le pouvoir d'achat et entraînerait 20 000 à 30 000 pertes d'emploi.
  • Une baisse des pensions par absence de revalorisation annuelle ferait perdre environ 10 000 emplois.
  • Repousser l'âge légal à 65 ans créerait entre 210 000 et 240 000 emplois supplémentaires et générerait plus de TVA et d'impôt sur le revenu.

Selon les dernières projections du Conseil d’orientation des retraites (COR), le déficit du système français des retraites devrait atteindre 5 milliards d’euros cette année et 6,6 milliards d’euros en 2030. C’est pourquoi le COR a demandé à la Direction générale du Trésor (DG Trésor), à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et à la Paris School of Economics (École d’économie de Paris, PSE) de lui soumettre des solutions pour combler ce « trou » provoqué par le vieillissement de la population.

Les travaux de la DG Trésor, de l’OFCE et de la PSE ont été présentés lors d’une réunion du COR organisée le 26 mars 2026. Et c’est, de loin, les préconisations de la première qui ont le plus marqué les esprits. En premier lieu, parce que la DG Trésor constitue l’une des directions du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.

Trois leviers traditionnels

Ensuite, parce que la conclusion du Trésor est sans appel : il faut repousser l’âge légal (l’âge à partir duquel les Français sont autorisés à liquider leurs droits à la retraite) de 64 à 65 ans. Pour arriver à une telle assertion, les experts de Bercy sont partis des trois leviers traditionnels pour augmenter les recettes d’un système des retraites par répartition (les cotisations vieillesse des actifs financent immédiatement les pensions des retraités) comme le nôtre : la hausse des cotisations, la baisse des pensions et le recul de l’âge légal.

Le Trésor commence par balayer l’idée d’une hausse des cotisations vieillesse. Augmenter les cotisations patronales de 6 milliards d’euros pèserait sur la compétitivité des entreprises, ce qui détruirait 10 000 à 50 000 emplois. Une augmentation des cotisations sociales de 6 milliards d’euros réduirait le pouvoir d’achat des salariés, et par ricochet, la consommation, ce qui engendrerait entre 20 000 et 30 000 pertes d’emploi. Or, plus de chômage, c’est moins de cotisations, et donc moins de recettes pour le système des retraites.

Entre 210 000 et 240 000 emplois supplémentaires

La baisse des pensions (par une absence de revalorisation annuelle des retraites) ne convient pas non plus au Trésor. Réduire de 6 milliards d’euros les pensions de vieillesse ferait baisser le niveau de vie des retraités et, là aussi, la consommation. Les pertes d’emploi s’élèveraient à environ 10 000 postes.

À l’inverse, décaler l’âge légal de 64 à 65 ans rapporterait entre 8 et 10 milliards d’euros, ce qui permettrait de résorber le déficit. Obliger les Français à travailler un an de plus permettrait de créer entre 210 000 et 240 000 emplois. Le Trésor souligne qu’outre les cotisations supplémentaires, un départ à la retraite à 65 ans permettrait à l’État d’engranger davantage de TVA et d’impôt sur le revenu.

Jean-Philippe Dubosc

Jean-Philippe Dubosc

Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite

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