Taxe petits colis : pourquoi vos achats sur Shein et Temu coûtent plus cher

Par Loic Farge
Temps de lecture : 3 minutes
L'âge d'or des colis détaxés vient de s'achever pour Shein, Temu et AliExpress

Depuis le 1er juillet 2026, un droit de douane de 3 euros frappe les petits colis d’une valeur inférieure ou égale à 150 euros expédiés depuis un pays situé hors de l’Union européenne. La mesure cible les grandes plateformes de vente en ligne comme Shein, Temu ou AliExpress.

C’est officiel : les petits colis importés dans l’Union européenne (UE) ne bénéficient plus du même régime douanier. Pendant des années, ces paquets entraient sur le territoire des Vingt-Sept sans le moindre droit de douane, tant qu’ils restaient sous la barre des 150 euros. Ce privilège vient de disparaître : depuis le 1er juillet 2026, chaque envoi est soumis à un droit forfaitaire de 3 euros.

Pourquoi l’Union européenne taxe les petits colis ?

L’UE entend ainsi enrayer le tsunami des petits colis importés par les plateformes asiatiques comme Shein, Temu et AliExpress, jusqu’ici couverts par une exonération douanière. Une aubaine qui a largement contribué à l’explosion des volumes : près de 6 milliards d’envois ont été enregistrés dans l’UE en 2025, contre 600 millions en 2020. L’écrasante majorité venait de Chine.

Les objectifs de Bruxelles ? Il s’agit d’abord de rétablir une concurrence loyale : les commerçants européens paient taxes et droits de douane. L’Union européenne avance aussi un argument environnemental et dénonce des déclarations de valeur frauduleuses. Enfin, elle entend reprendre le contrôle d’un flux devenu difficile à maîtriser pour ses douanes.

Qui paie réellement cette nouvelle taxe ?

Tous les achats en ligne ne sont pas concernés par cette taxe de 3 euros. Le nouveau droit de douane s’applique uniquement aux colis expédiés depuis un pays situé hors de l’Union européenne. Autrement dit, les commandes envoyées depuis un État membre y échappent.

En théorie, les consommateurs ne paient pas directement cette taxe. Le droit de douane est dû par les plateformes de vente en ligne ou les vendeurs qui expédient les marchandises. Mais rien ne les empêche de répercuter ce surcoût sur leurs prix ou leurs frais de livraison.

Autre particularité : les 3 euros sont calculés par catégorie d’articles et non par colis. Par exemple, un envoi contenant des vêtements et des chaussures est taxé 6 euros, car il comporte deux catégories d’articles. S’il comprend également des cosmétiques, le montant passera à 9 euros. En clair, plus le colis est varié, plus l’addition grimpe.

La taxe française déjà remplacée

Ce droit européen enterre au passage une mesure française. Paris avait ouvert la voie le 1er mars dernier en instaurant sa propre taxe de 2 euros par catégorie d’articles, pour anticiper la réforme. Mais cette disposition est suspendue depuis le 1er juillet, la France ne pouvant cumuler son dispositif national avec le nouveau droit de douane européen applicable au marché unique.

Surtout, la taxe tricolore avait déjà montré ses limites. Rapidement contournée par à une redirection des colis vers des aéroports de pays voisins, elle n’a finalement rapporté que 2,3 millions d’euros par mois. Très loin des 400 millions espérés sur l’année…

Une réforme appelée à évoluer

Désormais, l’objectif est d’appliquer les mêmes règles dans les 27 États membres afin d’éviter les contournements observés avec les dispositifs nationaux. Les droits de douane seront perçus par l’Union européenne, qui reversera 25% des recettes au pays chargé du dédouanement des colis.

L’histoire n’est pas pour autant terminée. Une redevance européenne destinée à couvrir les frais de gestion des flux de colis doit également entrer en vigueur le 1er novembre 2026. Quant au nouveau droit de douane de 3 euros, il reste transitoire : une réforme en profondeur de l’Union douanière européenne doit prendre le relais en 2028.

Loic Farge

Loic Farge

Journaliste spécialisé immobilier

SOMMAIRE
Lire aussi

Nos offres sélectionnées pour vous :