Private equity : le « non coté » fait mieux que la Bourse et l’immobilier sur 40 ans

Par Jean-Philippe Dubosc
Temps de lecture : 2 minutes
La performance du non coté dépassé 10% par an depuis 40 ans

Longtemps réservé aux investisseurs avertis, le capital-investissement a généré près de 10% de rendement annuel en moyenne depuis près de quarante ans, montre une étude récente. Un placement attractif, mais qui s’accompagne de fortes contraintes et d’un risque élevé de perte en capital.

Le « private equity » confirme sa réputation de placement performant. C’est ce qui ressort d’une étude publiée le 25 juin 2026 par France Invest, l’association qui représente les acteurs français du capital-investissement, de la dette privée et des infrastructures.

Selon cette analyse, les investissements dans les entreprises non cotées en Bourse ont dégagé une rémunération moyenne nette de frais de gestion et, le cas échéant, de frais de distribution, de 9,2% entre 2020 et 2025. Sur une période plus longue, de 2015 à 2025, le taux de rendement interne (TRI) atteint 10,7% par an.

Depuis 1987, date des premières statistiques collectées par France Invest, le TRI moyen ressort même à 10,8% par an. Autrement dit, le non coté a offert, sur le long terme, une rentabilité proche de 10% par an.

Un large périmètre

Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. Les performances sont exprimées avant fiscalité et prélèvements sociaux. Par ailleurs, l’étude ne prend pas en compte les fonds ouvrant droit à un avantage fiscal, comme les Fonds d’investissement de proximité (FIP) ou les Fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI).

En revanche, elle couvre l’ensemble des grandes familles du capital-investissement. Sont ainsi inclus le capital-risque (destiné au financement des jeunes entreprises), le capital-développement, le capital-transmission, les fonds intervenant sur plusieurs segments ainsi que les investissements dans les infrastructures, qu’il s’agisse de réseaux de transport, d’énergie, de télécommunications ou d’équipements publics.

Mieux que les actions et la « pierre »

Les chiffres publiés par France Invest montrent également que le private equity a fait mieux que la plupart des placements traditionnels ces dernières années. Entre 2015 et 2025, le CAC 40, dividendes réinvestis, a dégagé un rendement annuel moyen de 9,5 %, tandis que le CAC 40 Mid & Small a progressé de 8,9 % par an. Sur la même période, le capital-investissement affiche un rendement moyen de 10,7 %.

L’écart est encore plus marqué avec l’immobilier. D’après l’étude, l’investissement locatif a procuré un rendement annuel moyen de 3,3% sur les dix dernières années, soit environ trois fois moins que le non coté.

Pour des investisseurs avisés

Ces performances ne doivent pas faire oublier les contraintes propres au capital-investissement. Ce type de placement s’adresse avant tout à des investisseurs capables d’immobiliser leur épargne pendant une longue période, généralement entre huit et dix ans.

Le ticket d’entrée peut également être très élevé, certains fonds exigeant un investissement pouvant atteindre jusqu’à 100 000 euros. Surtout, le risque de perte en capital est important.

Les entreprises non cotées présentent un taux de défaillance supérieur à celui des sociétés cotées, ce qui peut peser sur la rentabilité des fonds. Le capital-investissement reste donc une solution réservée aux épargnants disposant d’un patrimoine conséquent, d’une capacité à immobiliser leurs capitaux sur le long terme et d’une tolérance élevée au risque.

Jean-Philippe Dubosc

Jean-Philippe Dubosc

Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite

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