CPF : moins de formations financées, des prix en hausse

Par Jean-Philippe Dubosc
Temps de lecture : 3 minutes
Des adultes dans une classe de formation

Deux études publiées le même jour montrent que le nombre de programmes financés par le compte personnel de formation a baissé l’an dernier, tandis que leurs tarifs, eux, ont progressé dans le même temps.

Le hasard fait bien les choses. Le 9 juillet 2026, deux enquêtes de référence sont parues sur le compte personnel de formation (CPF). La première, publiée par la Direction de l’animation, de la recherche, des études et des statistiques (Dares) qui dépend du ministère du Travail, porte sur le nombre de formations financées par le CPF l’année dernière.

À 1,22 million, il a reculé de 11% en 2025 par rapport à 2024. Trois raisons principales expliquent ce repli. En premier lieu, le CPF ne finance désormais plus la totalité du prix des formations. Depuis le 2 mai 2024, une participation forfaitaire obligatoire (PFO) a été mise en place.

Plus de 100 euros de franchise

À l’origine, les 100 premiers euros de la formation devaient être financés par le stagiaire. Ce « reste à charge » étant revalorisé tous les ans en fonction de l’inflation, la PFO a été portée à 102,23 euros le 1er janvier 2025, à 103,20 euros le 5 janvier 2026 et à 150 euros depuis le 1er avril 2026.

En d’autres termes, les salariés, fonctionnaires et indépendants doivent maintenant mettre la main à la poche pour accéder à une formation financée par leur CPF. Les salariés peuvent, toutefois, demander à leur employeur ou à leur organisme de compétence (OPCO) de prendre en charge la PFO. Cette franchise n’est pas non plus payée par les demandeurs d’emploi, les actifs en reconversion professionnelle et les salariés bénéficiant d’un abondement (un complément de financement) de leur employeur ou de leur OPCO.

Restrictions sur les permis de conduire

Deuxième raison de la baisse l’an passé du nombre de formations financées par le CPF : il n’est plus possible, depuis le 19 mai 2024, pour les détenteurs d’un permis auto de financer un permis moto via leur compte, et inversement. Or, les permis de conduire constituent, de loin, la première formation financée par le CPF avec 40% des financements octroyés. À la suite de la restriction instaurée l’année dernière, le nombre de permis B (voiture) pris en charge par le CPF a baissé de 6% en 2025 et de… 94% pour les permis A1 et A2 (moto).

La chute devrait s’accélérer cette année. Depuis le 26 février 2026, les permis auto et moto ne peuvent être financés par le CPF qu’à hauteur de 900 euros. Ce plafonnement ne s’applique, toutefois, pas aux chômeurs, ainsi qu’aux salariés et indépendants dès lors qu’un tiers (employeur, OPCO, Région, État…) finance tout ou partie de leur formation. Par ailleurs, les apprentis ne bénéficient plus de l’aide de 500 euros qui leur était accordée jusqu’ici pour financer leur permis de conduire.

Troisième et dernière raison : les formations non certifiantes à la création et à la reprise d’entreprise ne sont plus éligibles, depuis le 16 février 2025, à un financement via le CPF. Leur nombre a, en conséquence, chuté de 60% l’an dernier. L’ensemble de ces mesures visent à réduire le volume des formations financées par le CPF pour contenir les coûts de ce dispositif qui, victime de son succès, ont explosé depuis 2021.

Une inflation tarifaire

En ce qui concerne justement les prix, une étude, dévoilée également le 9 juillet 2026 par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui gère les CPF, souligne que les tarifs des formations financées par les comptes sont en augmentation. Ils ont progressé, en moyenne, de 3,8% en 2025, pour atteindre 1 785 euros. Le prix moyen est plus élevé chez les non-demandeurs d’emploi que chez les chômeurs (1 883 euros versus 1 648 euros).

Toujours d’après la CDC, le prix horaire des bilans de compétences a augmenté, en moyenne, de 3,3% (à 101 euros de l’heure) et celui du permis de conduire, de 4,1% (à 49 euros de l’heure). Mais c’est le prix horaire de l’accompagnement à la validation des acquis de l’expérience (VAE) qui a le plus augmenté l’an passé (+ 5,2%, à 93 euros de l’heure). Des niveaux largement supérieurs à l’inflation enregistrée en 2025 (+ 0,9%).

À lire également : Formation : une nouvelle obligation pour les titulaires de CPF

Jean-Philippe Dubosc

Jean-Philippe Dubosc

Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite

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