Le Livret A n’est pas qu’un matelas de sécurité pour les épargnants

Par Olivier Brunet
Temps de lecture : 2 minutes
Livret A, pas qu'une épargne de précaution

Placement le plus connu et détenu par les Français, le Livret A est utilisé très différemment selon l’âge. C’est un matelas de sécurité pour les plus âgés, une première étape avant d’investir ou un non-choix pour les moins de 35 ans.

Le Livret A est un produit d’épargne quasi-universel en France avec 57 millions de détenteurs. Pas étonnant si 91% des personnes interrogées par OpinionWay pour la Caisse d’Epargne disent savoir ce que c’est, devant l’assurance vie (71%) et le plan d’épargne logement (69%). Le LDDS et le plan d’épargne retraite (PER) suivent, cités chacun par 57% des personnes interrogées, bien que ce dernier soit de création récente (lancement en octobre 2019).

Le Livret A, matelas de sécurité surtout après 50 ans

Les produits plus dynamiques – et donc plus risqués – ne sont identifiés que par une minorité : 45% des sondés citent le plan d’épargne en actions (PEA), 34% les cryptoactifs, 9% seulement les ETF (fonds indiciels cotés, qui répliquent la performance d’indices boursiers). En moyenne, chaque Français peut nommer 5,3 de ces produits, un niveau qui progresse avec l’âge, le diplôme et le revenu du foyer. Ainsi, 95% des titulaires d’un diplôme supérieur à Bac+2 sont familiers avec le Livret A, contre 84% des personnes sans diplôme. Contrairement à une idée répandue, les plus jeunes ne connaissent pas beaucoup plus les actifs qui ont émergé récemment dans le paysage de l’investissement que le reste de la population : le taux de notoriété des cryptoactifs est de 35% chez les moins de 35 ans (avec un pic à 40% pour les 18-24 ans), un score proche de celui de l’ensemble des sondés (34%), alors que les ETF ne parlent qu’à 8% des 18-24 ans, contre 17% des 25-34 ans.

Parmi les 924 sondés qui connaissent le Livret A, 52% y voient d’abord un « matelas de sécurité pour les urgences ». Viennent ensuite le fait d’épargner avant d’investir ailleurs (17%), le produit utilisé faute de savoir où placer son argent (14%) et le placement principal (12%). Ce classement selon les usages est stable quels que soient le statut marital et la taille du foyer. La fonction d’épargne de précaution n’est pas partagée également selon les générations : elle domine chez les 65 ans et plus (64%) et les 50-64 ans (63%), mais tombe à 32% chez les moins de 35 ans, et à 27% chez les 18-24 ans.

Chez les moins de 35 ans, un tremplin vers d’autres placements

À l’inverse de leurs aînés, les plus jeunes utilisent davantage le livret réglementé comme une rampe de lancement. Ils sont 26% des moins de 35 ans, et jusqu’à 34% des 18-24 ans, à le décrire comme un moyen d’épargner avant d’investir dans d’autres produits, contre 17% de l’ensemble des personnes qui déclarent connaître le Livret A.

Son utilisation par défaut est aussi plus répandue dans cette tranche d’âge : 21% des moins de 35 ans y déposent leur argent faute de savoir où l’orienter, contre 14% en moyenne et 9% des 65 ans et plus. Une manifestation d’une culture financière perfectible ?

Olivier Brunet

Olivier Brunet

Rédacteur en chef spécialisé placements et fiscalité

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