Bourse : comment les réseaux influencent les investisseurs particuliers

Par Jean-Philippe Dubosc
Temps de lecture : 3 minutes
Les logos d'Instagram, TikTok, YouTube et Twitch

Une étude récente de l’Autorité des marchés financiers vient décortiquer l’impact des réseaux sociaux sur les comportements des boursicoteurs.

Les réseaux sociaux influencent, sans conteste, les comportements des boursicoteurs français. Mais pas forcément dans le sens que l’on croit. C’est ce que montre une étude de l’Autorité des marchés financiers (AMF) publiée le 15 juillet 2026.

L’AMF constate d’abord la place importante prise par les réseaux auprès des investisseurs individuels. Selon le gendarme de la Bourse de Paris, 12% des Français qui achètent et vendent des actions d’entreprises cotées consultent aujourd’hui les comptes et messages publiés par les banques et les établissements financiers.

Les « fin-influenceurs » pas anecdotiques

Le phénomène des « fin-influenceurs » est loin d’être anecdotique. Toujours d’après l’AMF, 4% des investisseurs particuliers s’informent aujourd’hui auprès de ces créateurs de contenus sur les réseaux sociaux (Instagram, TikTok, YouTube, Twitch…) spécialisés dans l’investissement financier. Cette part grimpe à 8% chez les boursicoteurs âgés de 18 à 24 ans et même à 10% chez les 25-34 ans.

Certes, 42% des Français se renseignent encore auprès de leur conseiller bancaire ou d’un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) avant d’investir dans un placement. Il n’empêche, ils sont 28% à s’informer sur les réseaux sociaux avant de réaliser un investissement en Bourse ou dans des cryptoactifs (bitcoin, ethereum…). Un pourcentage qui bondit à 41% chez les 18-24 ans.

Achat et vente d’actions au bon moment

L’AMF a voulu en savoir plus sur cette pratique en plein essor. Un économiste de l’Autorité a été missionné pour réaliser une étude qualitative sur la question. Celui-ci s’est focalisé sur l’utilisation de X (ex-Twitter) par les particuliers français investissant sur des titres du CAC 40, l’indice de référence qui rassemble les 40 premières capitalisations de la Bourse de Paris.

Premier enseignement de l’étude : les utilisateurs de X achètent des actions lorsque leur cours baisse et en vendent lorsque le titre est en hausse. Soit le comportement qu’il faut adopter pour dégager une plus-value. Les aficionados des réseaux semblent donc exploiter avec succès les informations glanées sur les plateformes.

Plus le volume que le contenu

Mais la réalité semble un peu plus complexe. Les investisseurs sont davantage sensibles au nombre des messages publiés sur X qu’à leur contenu. La teneur des « posts » publiés, c’est-à-dire l’expression d’une opinion positive ou négative sur un titre, ne semble pas avoir d’influence sur l’achat ou la vente d’actions cotées.

Les investisseurs les plus jeunes et les clients des néo-brokers (les courtiers en ligne, comme Trade Republic ou eToro) surréagissent aux messages publiés sur X : ils sont les seuls investisseurs à accroître leur activité lorsque le volume de posts diffusés sur le réseau social augmente.

À l’inverse, les clients de banques traditionnelles (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole…) constituent la clientèle la moins sensible aux réseaux. En réalité, les clients de banques en ligne (BoursoBank, Fortuneo, Monabanq…) s’avèrent les plus à même d’ajuster leur comportement aux informations fondamentales, comme la croissance des bénéfices, tout en témoignant une certaine sensibilité aux réseaux sociaux.

À lire également : Arnaques financières : Regafi.fr, le nouveau registre unique des acteurs financiers, est en ligne

Jean-Philippe Dubosc

Jean-Philippe Dubosc

Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite

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